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Troisième album déjà
pour les Finlandais de Dreamtale, qui jouent un speed mélodique
bien proche de celui de leurs compatriotes de Stratovarius, voire de
Sonata Arctica. Je tâcherai d'éviter les jeux de mots d'un goût
douteux du style: "cet album est bien mal nommé" ou
encore "ce n'est pas avec ce disque qu'ils feront la différence",
etc. Il faut pourtant avouer que Difference n'apporte strictement
rien au genre. Dreamtale n'est pas original mais sait être
efficace; tâchons de n'être point trop exigeants.
Même
si les membres du groupe clament haut et fort que Stratovarius ne
fait pas partie de leurs influences, et que celles-ci sont plutôt
à aller chercher du côté de Gamma Ray et d'Helloween, la
confusion sera entretenue tant que Dreamtale composera des morceaux
comme l'opener "Lost Souls" ou son successeur "Wings
Of Icaros". Double grosse caisse et claviers, une voix qui a
tendance à partir rapidement dans les aigus (peu maîtrisée sur
"Lost Souls", mais assez performante par la suite), des mélodies
comparables, des soli néo-classiques... Seule l'absence de
shredding permet d'établir une différence sur le strict plan
musical. N'est pas Timo Tolkki qui veut... Tolkki qui a d'ailleurs
participé à l'enregistrement de Difference, comme quoi le groupe
n'a pas fini d'être comparé à Stratovarius. Et ce n'est pas
"World's Child" qui viendra empêcher cela, ni même
"Secret Door" avec son envolée vocale somme toute
impressionnante lors du break. De plus, les mélodies semblent
revenir de façon récurrente au long du disque, si bien qu'il en
perd - encore! - en spontanéité et en surprise.
Les
mid-tempo qui vont bien sont bien présents: "New Life",
avec un effet voice-box inattendu, ou encore le plus long et moins
aisé "Lucid Times", où le claviériste Turkka Vuorinen
est particulièrement brillant. Dommage toutefois que le chant de
Jarkko Ahola manque d'expressivité sur le court moment d'émotion
qu'est le break au piano en fin de morceau. "Fly"
revendique une mélodie qui tire vers l'oriental, assez sympathique,
soutenue par de jolis choeurs, mais ruinée par des textes un peu
cul-cul ("fly, fly, flyyyyyy..."). Choeurs féminins en
introduction de "We Are One", qui fait plutôt penser,
lui, aux efforts solo de Luca Turilli; notamment à l'épique
"Kings Of The Nordic Twilight" et à ses arrangements bien
fades qui souffrent de l'absence d'Alex Staropoli. Une section
ryhtmique intéressante mettra cependant ce morceau en valeur, dans
un amas de compositions qui ont peine à sortir du lot.
Enfin,
aucun suspense là non plus, trois ballades parsèment cet opus, de
niveau plutôt moyen: "Mirror" possède un refrain mélancolique
et satisfaisant, mais le reste de la chanson n'est pas à la
hauteur; "Sail Away", entièrement acoustique, est bien
interprétée mais trop convenue; et "Green Fields" n'a
qu'une outro folk médiévale intéressant à faire valoir. En résumé,
Dreamtale mise plus sur l'efficacité que l'originalité, et les
fans du genre peuvent y trouver leur compte, mais Difference
laissera toujours aussi indifférents les réfractaires au style. Un
de plus, quoi...
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