|
La
valeur montante du speed (euphémisme) mélodique a franchi les
étapes album après album et avec leur troisième disque,
DragonForce devrait enfin recevoir la reconnaissance qu'il mérite.
Souvent considéré à tort comme un groupe quelconque de power/speed à
cause d'un premier album bourré de clichés, comme en attestent son
titre (Valley Of The Damned) et sa pochette, cette formation a été
boudé jusqu'à présent par le public français. Pourtant musicalement,
DragonForce joue quelque chose de totalement unique qui est
intelligement décrit par ses membres comme du power metal extrême.
Il faut dire que le quintet ne s'impose aucune limite lorgnant
allégremment du côté du heavy metal pour le chant ainsi que du
black scandinave pour les parties de batterie et le tempo supersonique. Mais avant
toute chose, DragonForce se montre d'une inventivité exemplaire en
utilisant des sons de guitare inhumains (ça tombe bien, tiens) et
en reproduisant des sonorités de jeux vidéo... Chaque musicien
pousse ainsi ses capacités à la limite et, sous le couvert d'une
bonne décharge de gaieté, propulse Inhuman Rampage vers les
sommets. La paire de guitaristes est tellement cinglée qu'on dirait
avoir affaire à une version dédoublée d'un Mathias IA Eklundh qui
serait soudainement tombé amoureux du heavy speed...
Sonic Firestorm, le précédent opus, avait montré la voie.
Avec deux morceaux phénoménaux, il consituait la preuve que
DragonForce avait le potentiel des plus grands mais la baisse de
qualité sur le reste de l'album nous avait déçu. Avec Inhuman
Rampage, la donne est différente. Il ne bénéficie sans doute pas
de moments aussi jouissifs que My Spirit Will Go On ou Fury Of The
Storm (quoique Through The Fire And Flames se défende tout de même très bien), mais il
est nettement plus régulier et ne souffre pas de chutes
d'intensité trop énormes. La seconde partie est certes moins
intéressante que la première mais pas de façon dramatique et
surtout pas plus que sur un album lambda de metal.
Principalement instrumentales,
les mélodies qui parsèment l'album sont généralement
excellentes. Parfois, comme sur le final de Revolution Deathsquad ou
les soli de Cry For Eternity et d'Operation Ground And Pound cela se rapproche du génie.
Toutefois,
DragonForce joue avec le feu: en effet, à force d'expérimenter
avec des sons plus bizarres les uns que les autres, le groupe tombe
dans le grotesque à plusieurs reprises notamment sous l'impulsion
de Vadim
Pruzhanov et de ses tonalités de claviers parfois très mal
choisies. Heureusement, la musique étant très dynamique, tout
s'équilibre rapidement grâce en grande partie aux guitaristes et
à la générosité du batteur Dave Mackintosh. Le chant s'est pour
sa part nettement amélioré: ZP Theart contrôle mieux ses délicates montées dans les aigües
accentuant le côté heavy de la musique. Des progrès collectifs
qui paient et même si des imperfections demeurent (ces
"woo-hoo-ooo" d'un autre temps, entre autres), Inhuman Rampage
est un disque réussi et qui va ouvrir l'année 2006 sous les
meilleurs auspices.
RETOUR
A L'INDEX
|