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DORO
3 mars 2005
 
JOURNALISTE :
Lord Henry
 
INTERVIEW AVEC:
Doro Pesch
Chanteuse
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Comme une touche de douceur dans un amas de testostérone, c'est toujours un plaisir que d'avoir affaire à des représentantes de la gente féminine, trop rares dans notre style musical préféré. Quand en plus il s'agit de leur mère à toutes, ça devient un honneur non dissimulé. C'est donc avec une voix cassée par une grippe et la fatigue que la jolie Doro Pesch, à l'occasion de la sortie française de Classic Diamonds (cliquez pour lire la chronique) a accepté de répondre à nos questions, avec pourtant une gentillesse et une attention des plus admirables, forçant encore davantage le respect. Compte-rendu édulcoré d'une interview avec la douce, dont votre serviteur garde un souvenir ému...

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Lord Henry : D'où t'est venue cette idée de réenregistrer tes chansons accompagnée d'un orchestre?

Doro Pesch (chant) : Ca n'était pas quelque chose de prévu de longue date en fait. Il se trouve que j'ai eu l'occasion d'interpréter deux de mes titres ainsi réarrangés pour un concert de charité (Metal Classic Night Orchestra), puis j'ai réitéré l'expérience de mon propre chef, à Düsseldorf, pendant un "vrai" concert. Ca nous a plu, et nous avons décidé d'en faire un album entier, même si au départ ça ne devait être qu'un simple essai sans conséquences!

Lord Henry : As-tu entendu les albums orchestraux de Metallica ou de Scorpions (pour citer les plus connus)? Peut-être as-tu été influencée par ces projets quelque part?

Doro Pesch : Oh non, pas du tout. Je veux dire, bien sûr je suis au courant que Metallica et Scorpions ont sorti des albums symphoniques, mais je crois que la démarche est différente. J'ai dû entendre ces albums une fois, au moment de leur parution, mais ils n'ont strictement rien à voir avec la sortie de Classic Diamonds. Je n'y ai pas pensé une seconde.

Lord Henry : Combien de temps cela a-t'il pris pour réarranger tous les titres et finir l'album?

Doro Pesch : C'était un boulot d'enfer. A l'origine, nous étions entrés en studio en nous disant "ok, ça sera l'affaire de deux mois, tout au plus"... Nous étions assez naïfs (rires). Il s'est avéré que l'album a nécessité plus d'investissement de notre part. Finalement nous sommes restés quasiment huit mois en studio. Et nous n'avons pas chômé, crois-moi! En réalité, c'est la pré-production qui nous demandé le plus de travail. C'est une phase particulièrement importante dans l'enregistrement d'un album comme celui-là, et en l'ocurrence je dois dire qu'elle a donné lieu à pas mal de conflits... J'ai même dû retourner ma veste pas mal de fois: "ça c'est bien, ça je n'aime pas, ça finalement on jette, ça on garde, etc." Mais avec le recul je ne regrette rien, je pense que tout ce travail n'a vraiment pas été inutile.

Lord Henry : Cerains des morceaux qui composent l'album sonnent d'une manière totalement différente des versions originales. C'est ce qui est intéressant: les fans peuvent ainsi redécouvrir leurs chansons préférées. Mais quelles ont celles qui selon toi ont été améliorées grâce à l'orchestre? Y'en a-t-il que tu préfères ainsi revues? Pour ma part, je dirai que "I Rule The Ruins", "Metal Tango" et les morceaux rock s'en tirent particulièrement bien! Le single "Let Love Rain On Me" aussi...

Doro Pesch : Oh, c'est difficile... Je ne peux pas vraiment dire si tel titre est meilleur, tel autre est moins bon... Comme tu l'as justement dit, c'était différent. Je n'ai pas pensé à les comparer de cette façon. Peut-être "1000x Gelebt"... Je suis contente que tu aimes "Let Love Rain On Me". C'est aussi une de mes chansons préférées. Connais-tu la version française, "Pluie d'Amour"?

Lord Henry : Malheureusement non, mais par contre j'ai pu entendre la version espagnole...

Doro Pesch : Je trouve que cette chanson rend encore mieux dans ces langues. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'adore la façon dont les mots sonnent, et les sentiments qu'ils transmettent sont vraiment plus intenses qu'en anglais. D'ailleurs, nous avons réalisé une percée exceptionnelle dans les charts espagnols avec ce single (rires)!

Lord Henry : Pratiques-tu ces langues couramment?

Doro Pesch : Non, pas vraiment. J'ai étudié l'espagnol et le français en classe, mais je n'en ai que de vagues souvenirs. En tout cas, j'ai toujours adoré la langue française, et quand j'ai entendu Trust pour la première fois, j'ai eu envie d'enregistrer une chanson en français. J'adorais ce groupe. Cela a pris du temps, mais maintenant c'est fait (rires)!

Lord Henry : Bien. Passons à un sujet plus "polémique": j'ai vu ci et là beaucoup de critiques concernant ta fameuse reprise du "Breaking The Law" de Judas Priest...

Doro Pesch : Oui, mais je n'y prête guère attention. Tu dois parfois prendre des risques, ça fait partie du métier. J'étais consciente que je m'attaquais à un "classique" du heavy-metal, mais je voulais en faire une version originale. Et il est difficile d'être original sans être critiqué, surtout quand on parle de reprises. La plupart tourne ce titre en dérision, en se focalisant sur son côté slow, mais pour moi cette partie de la chanson ne fait qu'introduire la tournure heavy et spectaculaire qu'elle prend par la suite! Je me suis fait plaisir, et j'adore cette chanson, c'est même ma préférée sur tout l'album. Et puis il y a Udo (Dirkschneider) que je connais depuis longtemps. Nous avons bossé ensemble il y a deux ans sur un clip vidéo, c'est là qu'il m'a suggéré de chanter un jour avec lui. J'ai trouvé sa proposition intéressante, et c'est pourquoi il se retouve sur Classic Diamonds. Sa performance est formidable. A vrai dire, je savais que tout le monde n'aimerait pas, mais je l'ai fait quand même (rires)!

Lord Henry : Autre sujet: revenons au festival Wacken, en 2004. Tu as joué sur scène avec ton ancien groupe, Warlock, mais sous un autre nom... Peux-tu nous expliquer?

Doro Pesch : Oui, nous avons joué sous le nom de Warlock 1986. Pourquoi? Tout simplement pour des histoires de gros sous, qui ne m'intéressent pas. Un ancien membre du groupe a revendiqué la propriété du nom Warlock. C'est assez triste en fait: nous voulions faire quelque chose de spécial pour les quinze ans du Wacken, et puis cette histoire a fait jaser... Ce n'est pas dramatique en soi, mais c'est dommage dans le sens où, en tant qu'interprète, il m'importe surtout de donner le meilleur concert qu'il soit, point barre. Et de combler les fans. C'est à eux que je pense en premier.

Lord Henry : Ce même jour, tu as invité Blaze Bailey sur scène, pour reprendre entre autres quelques titres de Maiden...

Doro Pesch : Oui, j'ai rencontré Blaze il y a pas mal de temps, lors d'une tournée commune. J'ai participé avec lui à un concert dédié à une orgainsation de défense des animaux. J'ai beaucoup aimé notre collaboration. D'ailleurs nous voulions enregistrer une cover de "Fear Of The Dark", qui devait figurer sur Classic Diamonds, mais ça ne s'est pas fait. Dommage...

Lord Henry : Si je ne m'abuse, Chris Caffery était aussi de la partie... Vu que tu as l'air d'avoir beaucoup d'amis, doit-on s'attendre à voir des guests sur ton prochain "vrai" album studio?

Doro Pesch : (rires) Oui, il y aura sûremnt quelques invités. Je ne sais pas qui encore, mais il y en aura (rires)! J'aime bien travailler avec d'autres musiciens. Chaque collaboration a quelque chose de spécial, apporte des vibrations particulières, une énergie positive. J'en ai encore eu la preuve avec Classic Diamonds. C'est quelque chose que j'aime faire et je recommencerai sûrement. Il y a des chances pour que le nouvel album ne sorte pas avant la fin de l'année, voire début 2006. Nous avons prévu de rentrer en studio en septembre.

Lord Henry : Y aura-t-il des éléments symphoniques, ou vas-tu revenir à quelque chose de plus direct?

Doro Pesch : Oh non. Tu sais, j'avais ce projet en tête, maintenant c'est fait et j'en suis très satisfaite. Je ne pense jamais refaire un album de la sorte. C'était un "one-shot". En revanche, il y aura bien des claviers, comme d'habitude...

Lord Henry : Tu passeras nous faire coucou cette année?

Doro Pesch : C'est prévu! Je me produirai chez vous en juin ou en juillet, avec le groupe. C'est toujours un plaisir de venir jouer en France, le public y est toujours très réceptif. Et j'adore Paris! Un grand merci aux fans français pour leur loyauté. Je sais que vous avez toujours été derrière nous, depuis toutes ces années, et nous apprécions énormément votre soutien.

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