Lord
Henry : D'où t'est venue cette idée de réenregistrer tes
chansons accompagnée d'un orchestre?
Doro
Pesch (chant) : Ca n'était pas quelque chose de prévu de
longue date en fait. Il se trouve que j'ai eu l'occasion d'interpréter
deux de mes titres ainsi réarrangés pour un concert de charité
(Metal Classic Night Orchestra), puis j'ai réitéré l'expérience
de mon propre chef, à Düsseldorf, pendant un "vrai"
concert. Ca nous a plu, et nous avons décidé d'en faire un album
entier, même si au départ ça ne devait être qu'un simple essai
sans conséquences!
Lord
Henry : As-tu entendu les albums orchestraux de Metallica ou
de Scorpions (pour citer les plus connus)? Peut-être as-tu été
influencée par ces projets quelque part?
Doro
Pesch : Oh non, pas du tout. Je veux dire, bien sûr je suis
au courant que Metallica et Scorpions ont sorti des albums
symphoniques, mais je crois que la démarche est différente. J'ai
dû entendre ces albums une fois, au moment de leur parution, mais
ils n'ont strictement rien à voir avec la sortie de Classic
Diamonds. Je n'y ai pas pensé une seconde.
Lord
Henry : Combien de temps cela a-t'il pris pour réarranger
tous les titres et finir l'album?
Doro
Pesch : C'était un boulot d'enfer. A l'origine, nous étions
entrés en studio en nous disant "ok, ça sera l'affaire de
deux mois, tout au plus"... Nous étions assez naïfs (rires).
Il s'est avéré que l'album a nécessité plus d'investissement
de notre part. Finalement nous sommes restés quasiment huit mois
en studio. Et nous n'avons pas chômé, crois-moi! En réalité,
c'est la pré-production qui nous demandé le plus de travail.
C'est une phase particulièrement importante dans l'enregistrement
d'un album comme celui-là, et en l'ocurrence je dois dire qu'elle
a donné lieu à pas mal de conflits... J'ai même dû retourner
ma veste pas mal de fois: "ça c'est bien, ça je n'aime pas,
ça finalement on jette, ça on garde, etc." Mais avec le
recul je ne regrette rien, je pense que tout ce travail n'a
vraiment pas été inutile.
Lord
Henry : Cerains des morceaux qui composent l'album sonnent
d'une manière totalement différente des versions originales.
C'est ce qui est intéressant: les fans peuvent ainsi redécouvrir
leurs chansons préférées. Mais quelles ont celles qui selon toi
ont été améliorées grâce à l'orchestre? Y'en a-t-il que tu
préfères ainsi revues? Pour ma part, je dirai que "I Rule
The Ruins", "Metal Tango" et les morceaux rock s'en
tirent particulièrement bien! Le single "Let Love Rain On
Me" aussi...
Doro
Pesch : Oh, c'est difficile... Je ne peux pas vraiment dire si
tel titre est meilleur, tel autre est moins bon... Comme tu l'as
justement dit, c'était différent. Je n'ai pas pensé à les
comparer de cette façon. Peut-être "1000x Gelebt"...
Je suis contente que tu aimes "Let Love Rain On Me".
C'est aussi une de mes chansons préférées. Connais-tu la
version française, "Pluie d'Amour"?
Lord
Henry : Malheureusement non, mais par contre j'ai pu entendre
la version espagnole...
Doro
Pesch : Je trouve que cette chanson rend encore mieux dans ces
langues. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'adore la façon
dont les mots sonnent, et les sentiments qu'ils transmettent sont
vraiment plus intenses qu'en anglais. D'ailleurs, nous avons réalisé
une percée exceptionnelle dans les charts espagnols avec ce
single (rires)!
Lord
Henry : Pratiques-tu ces langues couramment?
Doro
Pesch : Non, pas vraiment. J'ai étudié l'espagnol et le français
en classe, mais je n'en ai que de vagues souvenirs. En tout cas,
j'ai toujours adoré la langue française, et quand j'ai entendu
Trust pour la première fois, j'ai eu envie d'enregistrer une
chanson en français. J'adorais ce groupe. Cela a pris du temps,
mais maintenant c'est fait (rires)!
Lord
Henry : Bien. Passons à un sujet plus "polémique":
j'ai vu ci et là beaucoup de critiques concernant ta fameuse
reprise du "Breaking The Law" de Judas Priest...
Doro
Pesch : Oui, mais je n'y prête guère attention. Tu dois
parfois prendre des risques, ça fait partie du métier. J'étais
consciente que je m'attaquais à un "classique" du
heavy-metal, mais je voulais en faire une version originale. Et il
est difficile d'être original sans être critiqué, surtout quand
on parle de reprises. La plupart tourne ce titre en dérision, en
se focalisant sur son côté slow, mais pour moi cette partie de
la chanson ne fait qu'introduire la tournure heavy et
spectaculaire qu'elle prend par la suite! Je me suis fait plaisir,
et j'adore cette chanson, c'est même ma préférée sur tout
l'album. Et puis il y a Udo (Dirkschneider) que je connais depuis
longtemps. Nous avons bossé ensemble il y a deux ans sur un clip
vidéo, c'est là qu'il m'a suggéré de chanter un jour avec lui.
J'ai trouvé sa proposition intéressante, et c'est pourquoi il se
retouve sur Classic Diamonds. Sa performance est formidable. A
vrai dire, je savais que tout le monde n'aimerait pas, mais je
l'ai fait quand même (rires)!
Lord
Henry : Autre sujet: revenons au festival Wacken, en 2004. Tu
as joué sur scène avec ton ancien groupe, Warlock, mais sous un
autre nom... Peux-tu nous expliquer?
Doro
Pesch : Oui, nous avons joué sous le nom de Warlock 1986.
Pourquoi? Tout simplement pour des histoires de gros sous, qui ne
m'intéressent pas. Un ancien membre du groupe a revendiqué la
propriété du nom Warlock. C'est assez triste en fait: nous
voulions faire quelque chose de spécial pour les quinze ans du
Wacken, et puis cette histoire a fait jaser... Ce n'est pas
dramatique en soi, mais c'est dommage dans le sens où, en tant
qu'interprète, il m'importe surtout de donner le meilleur concert
qu'il soit, point barre. Et de combler les fans. C'est à eux que
je pense en premier.
Lord
Henry : Ce même jour, tu as invité Blaze Bailey sur scène,
pour reprendre entre autres quelques titres de Maiden...
Doro
Pesch : Oui, j'ai rencontré Blaze il y a pas mal de temps,
lors d'une tournée commune. J'ai participé avec lui à un
concert dédié à une orgainsation de défense des animaux. J'ai
beaucoup aimé notre collaboration. D'ailleurs nous voulions
enregistrer une cover de "Fear Of The Dark", qui devait
figurer sur Classic Diamonds, mais ça ne s'est pas fait.
Dommage...
Lord
Henry : Si je ne m'abuse, Chris Caffery était aussi de la
partie... Vu que tu as l'air d'avoir beaucoup d'amis, doit-on
s'attendre à voir des guests sur ton prochain "vrai"
album studio?
Doro
Pesch : (rires) Oui, il y aura sûremnt quelques invités.
Je ne sais pas qui encore, mais il y en aura (rires)!
J'aime bien travailler avec d'autres musiciens. Chaque
collaboration a quelque chose de spécial, apporte des vibrations
particulières, une énergie positive. J'en ai encore eu la preuve
avec Classic Diamonds. C'est quelque chose que j'aime faire et je
recommencerai sûrement. Il y a des chances pour que le nouvel
album ne sorte pas avant la fin de l'année, voire début 2006.
Nous avons prévu de rentrer en studio en septembre.
Lord
Henry : Y aura-t-il des éléments symphoniques, ou vas-tu
revenir à quelque chose de plus direct?
Doro
Pesch : Oh non. Tu sais, j'avais ce projet en tête,
maintenant c'est fait et j'en suis très satisfaite. Je ne pense
jamais refaire un album de la sorte. C'était un
"one-shot". En revanche, il y aura bien des claviers,
comme d'habitude...
Lord
Henry : Tu passeras nous faire coucou cette année?
Doro
Pesch : C'est prévu! Je me produirai chez vous en juin ou en
juillet, avec le groupe. C'est toujours un plaisir de venir jouer
en France, le public y est toujours très réceptif. Et j'adore
Paris! Un grand merci aux fans français pour leur loyauté. Je
sais que vous avez toujours été derrière nous, depuis toutes
ces années, et nous apprécions énormément votre soutien.
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