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Disillusion
Décembre 2006
  
JOURNALISTE :
Cosmic Camel Clash
  
INTERVIEW AVEC :
Vurtox (Andy Schmidt)
Chanteur

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Comment énerver les gens? Sortez un premier album démentiel qui provoque une mini-chamboulement dans la sphère métal. Vous ébahissez tout le monde avec Back To Times Of Splendor (cliquez ici pour lire la chronique), personne ne vous avait vu venir, c'est la classe. Et une fois que les métalleux de toutes sphères attendent votre deuxième album la bave aux lèvres, sortez un truc sans queue ni tête. Délaissant presque totalement l'orientation musicale de son prédécesseur, Gloria (cliquez ici pour lire la chronique) est l'album qui fâche, une démarche expérimentale tirant sur l'indus et orientée vers un tout autre public! Il est temps de passer aux explications...

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Cosmic Camel Clash : : Bonjour... avant de commencer j'aimerais revenir une minute sur le succès de Back To Times Of Splendor. A l'époque, vous attendiez-vous à une telle réaction? Quel effet a-t-elle eu sur vous?

Vurtox (chant) : Honnêtement, je ne me souviens pas bien des ambitions et des attentes que nous avions à l'époque... Durant le processus d'enregistrement de cet album nous l'avons vu se mettre en place et nous avions conscience à l'époque qu'il y avait quelque chose de spécial dedans. Mais avant tout c'était notre premier album, le premier avec Metal Blade... donc il n'y avait pas vraiment d'attentes. Mais quand les chroniques et tous les super trucs qui ont été dits à propos de l'album ont commencé à nous revenir, nous en avons évidemment été très heureux. Nous étions heureux de voir le fruit de nos efforts récompensé, et de voir que les idées que nous avions concernant la manière dont le métal devait sonner n'étaient pas forcément fausses (rires).

Cosmic Camel Clash : Gloria vient de sortir, mais cette fois-ci les réactions ne sont pas du tout de la même nature : cet album a divisé le public entre ceux qui l'adorent et ceux qui le détestent...

Vurtox : Nous savions que c'était ce qui allait ce produire, en particulier que ce changement brutal d'orientation musicale allait choquer les gens qui connaissaient déjà Disillusion à cause du premier album. Nous en étions conscients, et les très mauvaises chroniques qu'il y a pu y avoir ne nous ont pas surpris (rires). La question qui revient sans cesse est toujours « pourquoi avez-vous fait ça ? ». Nous ne pensions pas en termes de démarche facile ou difficile, nous voulions juste créer des morceaux rassemblés sur un album qui se tient, avec un début et une fin pour que quelqu'un passe quarante ou cinquante minutes dans un univers. Il s'agit de créer une humeur, puis d'y mettre fin, puis de continuer et de se concentrer sur quelque chose d'autre.

Cosmic Camel Clash : Composer un second album comme Gloria pourrait passer pour la volonté d'un groupe de proclamer son indépendance musicale et sa nature imprévisible. Est-ce le cas?

Vurtox : Ce n'est pas nécessaire... il n'y avait pas de plan pour se mettre en marge du système ou quoi que ce soit du genre, il s'agissait plus se tourner vers l'intérieur de nous-mêmes et de nous demander ce que nous voulions faire musicalement. Ca n'avait rien de commun avec une annonce de type politique. Il nous avait fallu presque deux ans pour venir à bout de Back To Times Of Splendor, pour créer cette humeur, cette atmosphère et ensuite réussir à l'amener jusqu'à sa fin. Une fois le disque fini nous étions finis nous-mêmes. Il fallait se concentrer sur quelque chose d'autre car cet album n'est qu'une part de nous, pas l'être complet derrière la musique. Gloria se concentre sur une face bien plus urbaine de Disillusion. Nous vivons tous dans une grande ville (ndCCC : Berlin) et il s'agissait vraiment de ça : nous concentrer sur là d'où nous venons, où nous visons, qui nous sommes en fait.

Cosmic Camel Clash : Gloria, le titre de l'album, semble être une référence religieuse...

Vurtox :Non, et tout le monde fait ce rapprochement en plus (rires). Ce titre d'album n'a jamais eu de composante religieuse en lui pour moi, ce qui m'intéressait c'était le sens de base du mot : un prénom de femme.

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Cosmic Camel Clash : Les changements brutaux sont omniprésents dans l'album... aviez-vous dans l'idée d'évoquer les troubles de l'esprit humain comme la folie avec votre musique?

Vurtox : Question intéressante... (rires) On peut poser la question autrement en fait : peut-on considérer Gloria comme un album continu, et si c'en est un est-ce qu'il fonctionne seulement? Avec tellement de changements c'est à l'auditeur de faire l'effort de tout relier et de tout remettre en place pour accéder au feeling de l'album. Cet aspect n'était pas calculé, c'est juste arrivé... nous avions tellement de matériel composé, tout méritait d'être sorti... (rires). C'est peut-être un peu trop expérimental (silence), trop intellectuel. Donc la réponse à la question est non, ce n'est pas ce que nous voulions faire.

Cosmic Camel Clash : Pratiquez-vous l'expérimentation pour expérimenter ou aviez-vous un but en tête?

Vurtox : Il y avait un but clair et défini : faire un disque urbain. Le feeling de la ville, de la nuit, de la foule, devait y être... celle des files d'attentes, et aussi du sentiment de solitude que l'on peut éprouver au milieu de toute cette agitation... L'agression que cet environnement crée aussi. Nous voulions apporter tous ces éléments sur l'album et je pense que nous l'avons fait. Mais, peut-être que pas vraiment... (rires) très clairement.

Cosmic Camel Clash : Tu sembles peu satisfait de ton album dirait-on, on dirait que tu le trouves surchargé toi-même...

Vurtox : (rires) Oui, je le pense...

Cosmic Camel Clash : si tu pouvais changer quelque chose, que ferais-tu?

Vurtox : C'est toujours plus facile après quelques semaines, avec le recul... Je pense qu'il est mieux à un certain moment de dire « allez on compose cinq chansons » et en écrire cinq. Ca permet de ne pas avoir huit directions musicales qui coexistent sur l'album. J'ai dû investir beaucoup d'énergie à la fin du processus ce création de l'album pour en venir à bout. Je pense que chaque idée est bonne, que chaque chanson est bonne mais que l'album est vraiment trop exigeant intellectuellement, ce qui n'était pas vraiment le but recherché à la base. (rires) Tu m'as eu, je n'aurais pas du dire ça!

Cosmic Camel Clash : (rires) Passons au chant : le changement vocal est une autre surprise...

Vurtox : : Ça, c'était quelque chose de vraiment nécessaire pour le feeling. Le sentiment général était que Back To Times Of Splendor était plus un trip jeux de rôles au niveau du chant et des paroles. En tant que chanteur j'ai dû m'y plier, et j'ai même dû travailler pas mal artistiquement parlant pour créer une histoire. Et déjà à l'époque nous avons développé l'idée qu'il fallait faire quelque chose de plus proche de nous, à la fois au niveau des paroles, du chant et des guitares. Le chant devait être plus direct. Par contre la distorsion sur la voix est arrivée pendant la pré-production : j'ai chanté avec par hasard et c'est devenu partie intégrante du son instantanément. Ce n'était pas prévu mais on l'a tout de suite intégrée au processus de composition.

Cosmic Camel Clash : La musique du premier album était complexe et nécessitait beaucoup de musiciens additionnels pour fonctionner. Comment cela se passe-t-il avec les titres de Gloria?

Vurtox : Ça se passe bien plus facilement! C'est automatique, ça se passe donc très bien (rires). Nous avions déjà ça à l'esprit en enregistrant... en tout cas toutes les bandes et toutes les nappes ne sont pas reproduites sur scène. Le feeling général est plus métal direct, rock 'n roll. La musique est bien plus accessible et on voit les gens se mettre à danser ou headbanguer, ça fonctionne assez bien. C'était bien plus compliqué avec le premier album, là c'était chaud (rires). Le batteur lance les boucles...

Cosmic Camel Clash : Si quelqu'un te disait maintenant que ton groupe a commis un suicide commercial, qu'est-ce que tu lui répondrais?

Vurtox : Que ce n'en est pas un (rires). Je peux l'assurer. C'est juste un problème de perspective : si on écoute Gloria et qu'on vient de la sphère expérimentale et qu'on aime des trucs comme Zappa ou Mr Bungle, Gloria n''a rien d'un album-suicide, il est même assez commun à part qu'il est joué avec une attitude métal. Ce n'est pas du tout un suicide... c'est « Open Source » (rires)!

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