>
|
|
|
|
Dirty Americans - Strange Generation (2004) |
|
Dirty Americans est un nouveau groupe extrêmement prometteur. Enfin "nouveau", pas tout à fait en réalité. En effet, Myron, Jeff Piper et Pete Bever se connaissaient déjà car ils faisaient tous partie de The Workhorse Movement, groupe avorté en 2002 mais qui s'était déjà fait un nom, en particulier aux Etats Unis en tournant avec des pointures comme Slayer ou Slipknot. Jeremiah Philbeam complète le line-up de ce quatuor de Detroit qui devrait rapidement s'imposer avec son efficace mélange de rock vintage, de stoner, de metal, de folk et de pop, bien plus complexe qu'il n'y paraît à la première écoute.
Dirty Americans propose une musique assez proche de celle de Firebird. Mais ici les mélodies sont plus catchy et la bonne humeur règne. Chose assez rare pour ce genre de musique: elle ne lasse pas, mieux elle devient prenante et s'apprivoise au fil des écoutes. Les qualités indivduelles du combo ne sont sans doute pas étrangères à cela. Le chant est absolument impeccable de la part de Myron qui arrive sans peine à emprunter une voix typée 70s (Strange Generation, Dead Man...) ou une voix plus moderne (No Rest, Burn You Down, Give It Up...) sans faiblir. Le reste du groupe est à la hauteur en apportant sa pierre à l'édifice de manière unique: Jeff Piper a définitivement un style propre en incorporant des éléments modernes dans des soli un brin vieillots, Jeremiah Pilbeam frappe son kit avec un étonnant relâchement et Pete Bever... et bien il est simplement dommage qu'il soit si loin dans le mix car ses rares apparitions réellement audibles sont excellentes comme sur l'ensemble de Burn You Down.
Ce qui est stupéfiant sur Strange Generation est l'absence quasi totale de déchets. Certes certains morceaux sont moins intéressants comme Way To Go, We Were Young ou Control mais jamais ce disque ne tombe jamais dans la facilité ou, pire, la redite. Mieux le groupe arrive à s'écarter de son style de prédilection pour sortir un titre comme Give It Up qui fait penser à du Audioslave, en mieux. Le refrain possède un groove à toute épreuve et on se prend à réver en imaginant ce que ces chansons donneront sur scène. Deep End est une sorte de ballade folkorique qui rappelle, dans les sonorités de l'intro, le Going To California de Led Zep. Le groupe déroule par la suite avec un riff de slide guitare bien senti et surtout un génial refrain façon "grandes routes désertes américaines en été".
Sur Dead Man, Dirty Americans pond un riff à la Black Sabbath/Monster Magnet, maîtres à penser de tous les groupes affiliés à la scène stoner. Le groupe rallonge pour l'occasion son morceau (plus de cinq minutes alors que la moyenne serait plutôt de trois minutes trente secondes) et y perd nettement en efficacité en délayant trop, notamment lors du solo, limite psychédélique, de guitare. On retrouve le même style d'ambiance sur le très beau Light-Headed. Ces morceaux sont peut être moins originaux que le reste mais il faut bien reconnaître que, dans l'ensemble, Dirty Americans affiche déjà une très grande personnalité qui ne pourra aller qu'en grandissant. Et quand on sait que le groupe déborde d'idées pour son prochain album, on ne peut qu'être confiant.
14/20
-the lord (Février 2004)
Acheter ce disque et écoutez en des extraits ici!