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Voici un groupe dont il va falloir se rappeler le nom: Dirty Americans. Leur premier album, Strange Generation (cliquez pour lire la chronique), est un véritable vent de fraîcheur pour les amateurs de rock stoner sophistiqué. Jeff Piper, guitariste du groupe, n'est pas étranger à ce succès tant ses plans sont inhabituels pour ce genre de musique. Nous nous sommes entretenus avec lui pour tenter d'en savoir plus sur ce nouveau groupe américain.

 

Lordlatem : Les trois quarts des Dirty Americans (note de -the lord: Myron au chant, Pete Bever à la basse et Jeff Piper à la guitare) étaient déjà réunis dans un autre groupe aujourd'hui défunt, The Workhorse Movement. Peux-tu nous dire pourquoi ce groupe a été dissout ?

Jeff Piper (guitare) : Au moment où Workhorse a splitté nous avions été ensemble pendant sept ans et nous sortions juste d'une année complète de tournée. Dans le groupe il y avait deux fortes têtes avec lesquelles nous ne nous entendions de moins en moins bien. Tout cela a provoqué l'implosion du groupe bien que la chance commençait enfin à nous sourire, en particulier en Angleterre où nous avions de plus en plus de fans. Mais bon, après la tournée en Angleterre, nous avons tous compris que nos rapports étaient trop tendus pour pouvoir continuer le groupe dans de bonnes conditions. Par ailleurs, Myron, Pete et moi voulions faire quelquechose de complétement différent musicalement en formant un quartet avec un seul chanteur, par opposition aux deux chanteurs de Workhorse. Nous voulions avoir la possiblité de jouer des trucs acoustiques aussi. C'est quelquechose qui nous a toujours plu et influencé mais qui ne correspondait à l'esprit de ce qu'était Workhorse. Il nous manquait tout de même un batteur mais nous sommes tombés rapidement sur Jeremiah Pilbeam grâce à une annonce postée sur internet. Nous avons jammé et ça l'a fait! Les choses sont parties de là...

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Lordlatem : Avec The Workhorse Movement, vous avez pu partager l'affiche avec des grands noms du metal: Slayer, Sepultura, Disturbed ou Slipknot pour ne citer qu'eux. Qu'avez-vous appris de ces expériences ?

Jeff Piper : Qu'il faut se donner à 110% quelles que soient les conditions dans lesquelles on joue. Quand vous ouvrez pour Slayer, il vaut mieux être à fond (rires)! Leur public est quasiment impossible à convertir mais nous avons appris à balancer la sauce pour nous montrer sous notre meilleur jour. C'est vraiment dur de toujours ouvrir pour les autres mais c'est très motivant.

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Lordlatem : Dirty Americans a été formé relativement rapidement après le split de The Workhorse Movement. As-tu à un point envisagé d'arrêter complétement la musique ?

Jeff Piper : Oui, je pense... Tout de suite après le split, j'étais à la fois heureux d'être de retour chez moi et déprimé de ne plus jouer dans un groupe. Je ne savais plus trop ce que j'allais faire de ma vie... En même temps, je n'ai jamais sérieusement envisagé de faire autre chose car je ne suis pas formé pour être autre chose que musicien! Je ne sais rien faire d'autre. Fonder un nouveau groupe était un challenge à relever aussi, comme un nouveau marriage à réussir.

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Lordlatem : D'où vient le nom du groupe ?

Jeff Piper : C'est notre batteur qui disait qu'il s'en foutait du nom du groupe mais qu'il avait toujours voulu jouer dans un groupe de "dirty Americans"! Au moment où il a prononcé cette phrase nous savions que nous tenions notre futur nom! Après, chacun peut y voir la signification qui lui correspond. Le nom nous va bien surtout après avoir tourné pendant un an et demi avec un budget microscopique! Nous ressemblons à des Dirty Americans,  nous sonnons comme des Dirty Americans et donc nous sommes des Dirty Americans (rires)!

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Lordlatem : Vous vous apprêtez donc à sortir votre premier album, Strange Generation. Comment le décrirais-tu ?

Jeff Piper : Notre but en l'écrivant et en l'enregistrant était de faire une oeuvre intemporelle, un disque de classic rock. Nous voulions que l'album "coule" et qu'il ait un son de guitare très brut. Nous étions ouverts à toutes les facettes des genres que nous affectionnons: de la ballade acoustique, aux riffs heavy en passant par de longs soli de guitares... En fait, nous voulions incorporer des éléments que nous n'entendions pas souvent dans le rock tel qu'il se fait de nos jours. C'est un disque marrant et profond, stoner et technique à la fois.

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Lordlatem : Strange Generation comporte treize titres. Aviez-vous beaucoup de matériel à votre disposition pour enregistrer l'album ou est-ce que vous n'aviez que ces treize titres ?

Jeff Piper : Nous avions écrit plus ou moins cinquante chansons! Nous avons commencer à écrire dès le premier jour et nous avons catalogué tous les morceaux jusqu'au moment où nous sommes entrés en studio. Nous avons passé une semaine en studio rien pour sélectionner les titres qui allaient figurer sur l'album! Notre critère de choix était de ne pas avoir deux chansons semblables sur Strange Generation (note -the lord: objectif pleinement atteint!) mais cela ne veut pas dire que les autres chansons étaient nulles. Nous les gardons même sous le coude.

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Lordlatem : Le deuxième album est-il donc déjà en partie composé ?!

Jeff Piper : Disons que nous avons un bon capital de départ (rires)!

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Lordlatem : Quelles sont tes chansons préférées de Strange Generation ?

Jeff Piper : Celles que j'ai écrites tout seul sont bien entendu parmi mes favorites. Néanmoins, j'adore Deadman que nous avons écrite tous ensemble. C'est quasiment un morceau épique du haut de ses cinq minutes. Sur Strange Generation, la plupart des morceaux sont courts et catchy; Deadman tranche avec cette optique. J'ai pu faire un solo très spécial. Je n'ai jamais eu l'opportunité de faire quelquechose de semblable auparavant. Burn You Down est également une excellente chanson. C'est difficile d'isoler ses chansons préférées mais Deadman et Burn You Down en font clairement partie.

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Lordlatem : Quelles sont vos influences en matière de compostion ?

Jeff Piper : Elles sont plutôt variées au sein du groupe. Pour la part, j'ai appris la guitare en écoutant du metal comme Anthrax, Metallica, Megadeth ou Nuclear Assault. Ensuite en grandissant je me suis intéressé de plus en plus au jazz grâce à Weather Report et Jaco Pastorius. Depuis quatre ou cinq ans, j'ai opéré un retour vers des groupes comme Cactus, Led Zeppelin ou Kiss. Nous nous inspirons donc de tonnes de trucs différents... Monster Magnet aussi. Tous ces éléments sont bel et bien présents dans nos chansons que ce soit par un son de guitare ou un style de chant. Nous n'aimons pas écrire deux fois la même chanson donc nous changeons notre son ou le type d'arrangements à chaque coup.

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Lordlatem : Quelles sont vos ambitions en tant que groupe ?

Jeff Piper : Nous aimerions tous gagner correctement notre vie. Pas nécessairement de vendre des millions d'albums mais au moins de pouvoir garder un bon contrat pour continuer à créer de la musique et la jouer lors des concerts. Nous voulons également garder les pieds sur terre.

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Lordlatem : Vous avez joué un concert acoustique il y a quelques jours à Londres. Qui a eu cette idée ? Est-ce que tu as aimé cette expérience ?

Jeff Piper : Avec Myron, nous faisions une tournée promotionnelle et le bureau anglais nous a demandé si nous voulions donner un concert acoustique à deux dans un pub. Nous avons accepté et joué devant des journalistes mais aussi des habitués de ce pub! Nous avons eu le temps de faire cinq morceaux: Strange Generation, Deep End, Burn You Down, Time And Space et une reprise de Ohio. C'était vraiment cool car bien que nous soyez habitués aux titres acoustiques, nous ne les jouons généralement qu'entre nous. Nous avons tellement aimé que nous avons recommencé pour la télévision italienne et pour la radio.

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Lordlatem : Cela vous a-t-il donné des idées pour vos concerts "normaux" ? Vous pourriez peut être inclure un intermède acoustique...

Jeff Piper : Je ne sais pas... Ce n'est peut être pas judicieux de faire cela au beau milieu d'un set rock et pêchu. Ca ferait retomber la tension. Mais si le public en fait la demande, pourquoi pas! Si nous faisons une tournée en tête d'affiche, nous serons sûrement obligé de le faire.

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Lordlatem : Quelles sont vos plans de tournée ?

Jeff Piper : Nous jouons assez régulièrement vers Detroit, Boston et New York. Nous ne renions jamais une occasion de donner des concerts pour nous améliorer. Nous voulons venir en Europe aussi mais nous cherchons encore une bonne affiche car je nous vois mal faire directement une tournée tout seuls. Nous ne voulons pas trop tourner avec des groupes de metal, et certainement pas avec Slayer (rires). J'aimerai partir sur les routes avec des groupes comme Queens Of The Stone Age ou Monster Magnet. J'espère en tous les cas vous voir tous bientôt!

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(interview réalisée le 29 Janvier 2004 par -the lord)


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