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DEUS
Pocket Revolution (2005)
 
 

 
 
 

LINE UP :
Tom Barman (chant+guitare)
Klaas Janzoons (violon)
Stefane Misseghers (batterie)
Mauro Pawlowski (guitare)
Alan Gavaert (basse)
 
 

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CHANSONS QUI TUENT :
Nothing Really Ends
Include Me Out
 

CHRONIQUEUR :
-the lord
(Août 2005)
 

NOTE :
15 / 20
 
 
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Avec ce nouvel album des Belges de dEUS, il convient de refaire les présentations. En effet, nous n'avions plus entendu un nouvel opus de leur part depuis six ans et la sortie The Ideal Crash. Depuis, le line-up a été bouleversé à tel point que sur Pocket Revolution les trois cinquièmes du groupe ne figuraient pas sur le précédent disque. Stefane Misseghers, à la batterie, nous vient avec l'expérience acquise chez Soulwax alors que Mauro Pawlowski était le chanteur du groupe Evil Superstars et qu'Alan Gavaert a travaillé par le passé avec Chris Withley et Arno. Des backgrounds éclectiques qui viennent épauler les anciens Tom Barman et Klass Janzoons, plus que jamais piliers de dEUS.

Le son a quelque peu changé mais la patte du quintette est intacte. Pocket Revolution est rempli d'un rock indépendant progressiste qui n'hésite pas à aller farfouiller dans d'autres styles pour se rafraîchir les idées. On peut ainsi furtivement autant penser à du King Crimson qu'à du Radiohead ou du Archive en écoutant cet album si on oubliait ce qu'avait déjà fait dEUS dans sa jeunesse. Les précédentes productions prennaient déjà un grand plaisir à mélanger les genres (brouiller les pistes?) ce qui, avec le OK Computer de Radiohead, allait influencer une horde de groupes de rock indépendant des années 2000.

En 2005, le temps a sans doute rattrapé dEUS qui paye sa longue absence. Pocket Revolution n'est donc pas aussi visionnaire que les albums précédents mais demeure une excellente leçon de rock original. Tout au long des douze chansons, le groupe alterne avec bonheur les plaisirs, les styles et les gâteries. Entre le calme avant gardiste d'Include Me Out, le rock indépendant de Stop-Start Nature, le psychédélisme de Bad Timing, le rock "far west" de If You Don't Get What You Want ou la touche pop prononcée de 7 Days, 7 Weeks on a du mal à croire que tous ces titres proviennent du même groupe. Et pourtant, chacun apporte sa pierre à l'édifice que constitue Pocket Revolution.

Alors comme toujours quand un disque part dans beaucoup de directions différentes, il y a quelques baisses de régime sur cette rondelle. What We Talk About (When We Talk About Love) en est clairement une malgré son croisement Peter Gabriel-Air très alléchant sur le papier. L'interprétation est elle nettement moins attrayante et laisse place à de la soupe électro-pop qui ne ferait même pas un bon single. La chanson-titre est également une grosse déception avec son refrain mollasson sorti des années septante. On constate alors les difficultés qu'éprouve dEUS à étirer ses chansons sans les rendre ennuyeuses; Sun Ra le confirmera également. Heureusement des morceaux énergiques comme Nightshopping ou If You Don't Get What You Want ne sont jamais très loin.

Pourtant s'il ne fallait retenir que deux morceaux de Pocket Revolution, ce serait ses plus doux: Include Me Out et Nothing Really Ends. Le premier ressemble à une version plus optimiste des chansons écrites sur A Whisper And A Sigh de Syd Matters alors que le second est une succulente berceuse nostalgique de la trempe de celle qui vous subjugue pendant toute leur durée et qui auraient tout à fait sa place dans un film pour illustrer le souvenir perdu d'une émotion vierge. Impossible de rester de marbre devant une formation qui est capable de jouer une telle chanson tout en sachant se livrer la pleine puissance sans jamais effleurer le ridicule. Retour réussi.

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