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DEUS
Octobre 2005
  
JOURNALISTE :
Pierre Derensy
  
INTERVIEW AVEC :
Tom Barman
Chanteur/Guitariste
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dEUS après six ans d’absence remplie par moults projets divers et variés chacun de leurs côtés, comblent une longue attente pour ceux qui les installent tout en haut de la scène rock. En effet, ils repartent en selle pour de nouvelles aventures avec un album au doux nom de « Pocket Revolution » (cliquez ici pour lire la chronique). Alors ces douze nouveaux titres seront-ils aussi bien accueillis que leurs précédents opus? Sont-ils aussi fantastiques et émouvants que ce qu’avait pu produire le groupe jusqu’en 1999? Les dEUS se sont-ils fait rattrapés par leurs poursuivants? sont-ils contents de ce qu’ils proposent à leur public? Toutes les réponses et même plus en compagnie de Tom Barman, leader emblématique.

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Pierre Derensy : dEUS a testé ses nouveaux titres, notamment à la route du rock l’an dernier, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour sortir l’album?

Tom Barman (chant+guitare) : Particulièrement parce qu’il y a eu du changement de personnel comme c’est la tradition chez nous (rires). Nous avons accueilli de nouveaux membres et nous en avons perdu certains… Nous voulions aussi que cela soit parfait, nous avions pas mal de pression à tel point que c’est la première fois que je la ressentais moi-même. Nous pouvions le sortir en mai ce disque mais je souhaitais rajouter deux morceaux. Je suis content d’avoir attendu, je lance beaucoup de trucs invraisemblables dans cette phase mais tout en restant sérieux et voulant absolument offrir le meilleur de nous-mêmes.

Pierre Derensy : En 1999, après « Ideal Crash » aviez-vous besoin chacun d’un break pour continuer la vie de groupe?

Tom Barman : Notre guitariste de l’époque ne pouvait pas, plutôt il ne voulait pas faire la tournée car il détestait ça. Je ne désirais pas chercher automatiquement dans la foulée qui le remplacerait, nous avons donc pris une année sabbatique où j’ai écrit un court-métrage qui s’est transformé en long, cela a pris deux ou trois ans pour le faire, ensuite j’ai tourné avec ce film un peu partout dans le monde, pour finir par faire encore quelques disques, l’un avec Magnus en acoustique notamment. Toutes sortes de projets que j’ai acceptés sans avoir l’idée d’arrêter dEUS. Ce n’était pas une question de « si » mais une question de « quand ».

Pierre Derensy : Lhassa qui avait elle aussi attendu six ans avant de sortir un nouvel album disait qu’elle n’avait pas peur du laps de temps écoulé entre ses deux opus car les gens qui aiment la musique n’oublient pas en route leurs amours alors que la plupart de ses proches lui prédisaient l’oubli total. Etiez-vous aussi confiant qu’elle?

Tom Barman : Nous n’étions paradoxalement pas préoccupés de l’avenir du groupe… Nous n’étions pas méprisants vis à vis de ce que l’on avait fait mais de par le DVD et nos concerts impromptus nous avions remarqué qu’il y avait toujours une grande base de gens qui voulaient nous entendre. Lorsque nous sommes revenus l’année passée pour le festival des Inrocks, en voyant le monde qui nous attendait c’était super, surtout dans notre société où tout va très très vite. Notre popularité n’avait pas faibli et ce fut rassurant d’une certaine manière pour le futur.

Pierre Derensy : Avant d’attaquer sur le nouvel album je voulais revenir sur la sortie du best-of de vos singles?

Tom Barman : Ce n’est pas un best-of! Ca m’emmerde d’ailleurs… En fait nous avons sorti un DVD en 2001 quand ce n’était pas encore aussi populaire que maintenant et pour le vendre mieux nous avions proposé un CD audio avec nos singles. Le poids pour nous était sur le DVD de nos clips et comme je n’ai pas le contrôle sur tout, pour la presse le poids est tombé sur la collection de simples.

Pierre Derensy : Mais n’était-ce pas le meilleur moyen aussi de tourner une page bien remplie et d’en débuter une vierge?

Tom Barman : Oui, c’est vrai, en tout cas c’est comme cela finalement que j’ai réussi à faire passer la pilule. Nous avions des centaines de mètres de pellicules visuelles, des vidéos officieuses du groupe depuis nos dix ans d’existence et donc c’était une bonne raison de faire ce DVD, de tourner une page et de ne plus jamais regarder le passé.

Pierre Derensy : On peut dire de dEUS que vous prenez un étrange plaisir à mélanger les genres, avec « Pocket Revolution » cela semble encore plus flagrant. Comme s’il fallait montrer qu’avec ce groupe tu es capable d’aller sur tous les terrains de jeux?

Tom Barman : Je ne sais pas si nous en sommes capables mais en tout cas nous en avons l’envie (rires). Je suis toujours attiré par des choses que je ne sais pas très bien faire. Ce qui fait que parfois j’accroche le succès mais aussi des fois le résultat est désastreux (rires). Avec dEUS si l’on travaille deux ans sur un album nous avons le temps de réparer ce qui paraît épouvantable. Je pense que nous avons tous dans le groupe un goût très « large ». Ce qui permet d’offrir au public un spectre de musique étendu. Surtout en concert.

Pierre Derensy : « Bad Timing » est une introduction à votre album qui n’aurait pas pu trouver sa place plus loin, c’est vraiment un titre d'admission à votre univers?

Tom Barman : C’est le morceau qui fut écrit en dernier mais nous souhaitions le mettre en premier. Tu entres dedans pendant sept minutes, c’est marrant mais beaucoup de monde me fait remarquer qu’il dure très longtemps, que ce n’est pas dans l’habitude du groupe, mais moi je m’en fous (rires). C’est simplement un titre que j’adore.

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Pierre Derensy : Il y a une chanson que j’aime plus particulièrement c’est « What We Talk About (When We Talk About Love) » qui est pour moi un titre qui évoque l’absolue nécessité et l’indéniable futilité d’un chanteur?

Tom Barman : C’est très bien vu. Tu peux mettre ça sur mon nom et en faire une réponse (rires)! C’est effectivement le rôle du chanteur de parler d’amour et donc d’être nécessaire pour des choses futiles… Mais indispensables.

Pierre Derensy : Dans vos paroles on a l’impression que vous vous adressez énormément aux filles, sont-elles le moyen de faire passer des sentiments plus facilement?

Tom Barman : Oulala tu m’en demandes trop… Je ne sais pas encore de quoi il parle, ni à qui il s’adresse. Laisse moi le temps de le digérer. Il faut que ces chansons passent en moi, que je les transmette au public et en fin de tournée je devrais pouvoir te dire tout ce qu’il évoque

Pierre Derensy : Avec le titre « Cold Sun Of Circumstance » on imagine que musicalement, tous les trips d’adolescents sur ce que peut être « la » musique qui vous fait plaisir, sont passés en revue pour votre plus grande joie?

Tom Barman : On a mis les dix commandements d’une vie dite libre sur cette chanson! Il faut bien faire un album qui soit chouette à jouer live et qui respecte le groove un peu plus qu’avant. Par le passé on changeait d’atmosphère dans chaque morceau, avec celui-ci je voulais quelque chose de plus naturel, de plus direct. C’est clairement ce que l’on a essayé de faire.

Pierre Derensy : Ce qui est marrant c’est que de toute la vie de dEUS, la formation varie mais le son reste identitaire, est-ce parce que tu es le fil rouge qui tient la baraque debout?

Tom Barman : Nous en rions d’ailleurs entre nous. C’est simplement le destin du groupe de laisser partir ses membres, d’en voir d’autres arriver ou revenir. En tout cas, ce sont toujours des copains qui incorporent la formation. C’est une sorte de continuité inconséquente mais réfléchie.

Pierre Derensy : Est ce que ton passage dans la réalisation cinématographique a profité à « Pocket Revolution »

Tom Barman : Non… Pas de manière aussi directe. Ca m’a appris un ou deux trucs. Une sorte de responsabilité, un sentiment d’être heureux de faire ce que je fais car c’est une chance à l’heure actuelle de vivre de l’image ou du son. C’est un plaisir luxueux en fait!

Pierre Derensy : N’est-ce pas difficile quand on vit en groupe de se retrouver seul devant l’écriture d’un scénario puis derrière une caméra?

Tom Barman : L’écriture était assez dure car je ne suis pas quelqu’un qui aime travailler seul, avec un groupe c’est plus agréable. Sur le plateau de tournage, là, je me retrouve en compagnie d’une cinquantaine de personnes comme un poisson dans l’eau.

Pierre Derensy : De nombreux artistes ont clairement installé dEUS comme un groupe référence, est-ce dur ensuite pour toi de reprendre le chemin des studios?

Tom Barman : Je suis très flatté que certaines personnes déclarent ça mais je ne lis pas les articles, je n’entends pas les interviews de mes confrères. C’est cool mais cela ne pèse en aucune manière sur notre travail.

Pierre Derensy : Vous utilisez le système de l’e-card?

Tom Barman : Le système de quoi?

Pierre Derensy : Le système de l’e-card pour faire découvrir vos nouvelles chansons à votre public via votre site internet, avec chaque jour du 1er au 12 septembre un nouveau titre.

Tom Barman : Ca je le savais pas (rires)! Moi je n’ai aucun rapport avec l’internet, il y a des gens très doués qui collaborent avec nous et je leur laisse carte blanche car je n’en connais rien du tout! Je suis très content car c’est un média très intéressant et important pour nous mais je pige que dalle au web (rires)!

Pierre Derensy : En conclusion, dEUS n’est-il pas le groupe qui précède une mode?

Tom Barman : C’est très gentil! Je ne peux pas te répondre. Je peux juste te dire que nous sommes très heureux de retourner sur scène, de réparer les problèmes des shows annulés l’année dernière. Je ne suis pas préoccupé par ce que l’on peut penser de mon groupe, je souhaite juste être le meilleur au moment de monter sur scène ou lors d’une sortie de disque.

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