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DEFTONES
Deftones (2003)
LINE UP :
Chino Moreno (chant+guitare)
Chi Cheng (basse)
Stephen Carpenter (guitare)
Abe Cunningham (batterie)
Frank Delgado (DJ)
Deftones - Deftones
CHANSONS QUI TUENT :
Hexagram
When Girls Telephone Boys
Minerva
CHRONIQUEUR :
-the lord
(Août 2006)
NOTE :
14.5 / 20

Après White Pony, possiblement le meilleur album estampillé néo metal sorti à ce jour, et les critiques des fans de la première heure regrettant le chant hurlé ou les ambiances syncopées, Deftones sort son album éponyme. Disque complexe - c'est une habitude chez Chino Moreno et sa tribe - il semble fait pour se réconcilier avec les amateurs d'Around The Fur tout en satisfaisant ceux qui avaient eu des érections sur les atmosphères travaillées à l'extrême de White Pony. Une manière de plaire à tout le monde assez efficace mais qui stoppe légèrement le groupe dans sa progression stylistique ascensionnelle.

En effet, pour la première fois, Deftones revient quelque peu en arrière au lieu d'expérimenter vers l'avant. Là où Around The Fur élargissait considérablement la palette de composition et où son magnifique successeur trouvait dans une musique de jeunes une dimension adulte, ce quatrième opus verse par instants trop catégoriquement dans le consensuel. Cela ne l'empêche pas d'être nettement plus soigné et intéressant que 90% des CDs de néo metal, le temps de maturation entre chaque disque du groupe étant à cet égard révélateur de leur qualité. De plus, on trouve sur cette galette digitale des moments de grâce comme l'ouvreur Hexagram, une des meilleures chansons du quintette, balançant en permanence entre rage et douceur, l'atypiquement violent When Girls Telephone Boys avec ses interventions acérées signées Frank Delgado, Needles And Pins qui n'est pas sans rappeler Tool ou encore Minerva servi par des mélodies, tant instrumentales que vocales, dantesques. Avec ce quarté gagnant, vous obtenez un bon résumé des forces de Deftones.

On entrevoit également ses défauts récurrents à travers le délayement opéré sur Deathblow et Moana (confirmant au passage que l'équation "Deftones + chanson de plus de cinq minutes = mauvaise idée") ou le bidouillage électro pop de Lucky You auquel on préférera nettement le plus musical Anniversary Of An Uninteresting Event. On a donc davantage l'impression d'écouter une compilation mettant en évidence les hauts et les bas de cette formation originale qu'un nouvel album à part entière. Toutefois, passer à côté de ce disque serait presque aussi idiot que de snobber White Pony tant une personnalité unique se dégage de ce groupe, un des seuls qui peut aujourd'hui se vanter d'avoir affirmé un style multi-facettes mais toujours reconnaissable dès la première seconde.

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