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Il y
a de ces groupes qui font vraiment du bien, et Decapitated en fait
partie. Toujours issus de Pologne, toujours rois du death metal
complexe et saccadé à mort, toujours sans aucun sens de la
rengaine, ils sont là, avec ce quatrième album « Organic
Hallucinosis », prêts une fois encore à tout écraser.
Largement plus thrash que « The Negation », « Organic
Hallucinosis » s’engage avec une attitude encore plus
directe, peut être plus crue, mais tout aussi folle. Les principes
musicaux de Decapitated ne se perdent pas: riffs ravagés,
rythmiques saccadées, contretemps abusifs, fraîcheur des propos et
intensité constante.
La nouveauté du line up est le départ de
Sauron, et l’arrivée de Covan (Adrian Kowanek) au micro (ancien
membre d’Atrophia Red Sun). Moins guttural et gras que son prédécesseur,
Covan n’en reste pas moins extrême, et parvient sans le moindre
doute à donner vie aux compositions sur un ton un peu plus
thrash/death. Comme dit précédemment, les copains de Vader ne s’éparpillent
pas: on retrouve cette caractéristique ultra saccadée et
carrée dans le nouvel album comme dans le précédent « The
Negation », notamment au travers de titres comme
Post(?)Organic ou Invisible Control.
Concrètement, Decapitated repose ici plus que
jamais sa musique sur une base extrême mais aux relents progressifs
(pas synonyme de lenteur!), avec un certain sens de l’aventure
(riffs complètement tordus) et des arrangements très réussis.
L’objectif n’est pas de faire dans la rythmique lourde mais dans
le blast. Et si ce n’est pas dans le blast, c’est dans la déchirure
rythmique impeccable et l’enchaînement incontrôlable de riffs
entraînants. Point non plus de rengaine évidente, de mélodie
particulière ou d’instrumental marquant. Ce que fait ce groupe
– et il le fait extrêmement bien- c’est du brutal death très
rapide, très clair (oui, la prod est encore une fois excellente!)
avec une insistance pour le ‘zéro pause’. Seul, Visual Delusion,
qui s’avère être le titre le plus complet et hétérogène,
propose un passage sombre, plus lourd et plus calme que ce qui précède
et ce qui suit. Après une intro rythmique complètement déchirée,
le caractéristique blast coupé toutes les deux secondes par un
break fait rage, réussissant à maintenir une tension jusqu’à la
suite, plus tranquille.
On retiendra aussi Invisible Control, dans le ton
de leur précédent album. Chargé d’une certaine inquiétude
de switch de cordes cette compo reste un excellent exercice de
headbanging, remonté par un solo complètement slayerien.
Post(?)Organic vaut aussi son pesant d’or avec ses riffs déstructurés,
et son final à couper au couteau. Enfin, pour les fans d’un death
plus classique mais dans la veine Decapitated, Revelation Of
Existence (The Trip), assez lourd, en mid tempo, avec de très bons
riffs dans les profondeurs de la gamme. Encore une fois sur « Organic
Hallucinosis », il convient d’apprécier à sa juste valeur
le travail de Vitek à la batterie, extrêmement complet et
progressif. Chaque riff est une nouvelle expérience rythmique
(Post(?)Organic et Flash-B(l)ack) dans laquelle la technique peut se
dévoiler sans tabou et se déchaîner. On retrouve d’ailleurs un
feeling rythmique dans Post(?)Organic proche de celui du meilleur
titre du précédent album: Three-Dimensional Effect.
Bon, au final, une demi heure ce n’est pas
grand-chose. Mais l’avalanche sonore de « Organic
Hallucinosis » se suffit, et trop en atténuerait l’intensité.
Rapide tout autant que technique (avec une belle pochette, quoique
vraiment ressemblante à celle du dernier Krisiun « AssassiNation »),
Decapitated reste un groupe singulier, moderne, qui à force de
travail parvient à se trouver une place au dessus d’une masse
grouillante qui se cherche encore. Stay brutal!
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