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J'ai
trouvé en Daylight Dies le parfait palliatif au défunt groupe
Morgion, un des piliers pourtant méconnus du doom/death à l'américaine,
doté d'une sensibilité rare, qui a malheureusement splitté l'année
dernière. Car Dismantling Devotion m'a exactement fait le même
effet que Solinari en son époque: c'est donc par une comparaison très
subjective que je débute la chronique d'un des meilleurs disques de
doom/death sortis depuis quelque temps. Bienvenue dans le monde éthéré
et bouleversant de Daylight Dies!
Les Américains, autant le dire tout de suite, n'officient pas dans
un créneau motivé par l'originalité du propos: Dismantling
Devotion est un disque lourd, agressif, très mélancolique, aux
accents mélodiques appuyés. La comparaison avec Katatonia et Opeth
m'avait sur le coup paru bien prétentieuse, encore un coup de
publicité bien placé, me suis-je dit. Finalement, Candlelight
Records a raison sur toute la ligne: ce nouvel album, le second en
dix ans d'existence (!), intègre de façon très brillante le
Katatonia de Brave Murder Day et de Discouraged Ones avec Blackwater
Park d'Opeth ("A Life Less Lived" et ses vocaux clairs
absolument splendides), tout en plaçant le tout à un degré
d'interprétation similaire à November's Doom.
Aucune réelle originalité n'est à noter sur le second album de
Daylight Dies, en ce sens, mais les Américains, très soigneux, ont
affiné le propos de leurs principales influences: son absolument énorme
(mixé aux mythiques studios Fascination Street d'Örebrö, par Jens
Bogren, producteur des derniers... Opeth et Katatonia), riffs
parfois étonnants ("Strive To See", "Lies That
Bind" et surtout le monolithe "Dismantling Devotion",
final instrumental écrasant de noirceur et de mélancolie, soulevé
par des guitares cristallines) et concision bienvenue à l'heure où
la plupart des groupes de doom/death forcent la main sur la longueur
des morceaux, au détriment de la cohérence. Daylight Dies, lui, préfère
tout miser sur l'épicité de ses compositions, à l'aura absolument
gigantesque et sur un tracklisting intelligent, démarrant assez
rapidement sur des morceaux death mélodique, pour diminuer ensuite
la cadence à partir de "All We Had", ce qui évite à
Dismantling Devotion le piège, habituel pour ce genre de disques,
de la redite. Le sentiment de plénitude est souvent atteint à l'écoute
de ce disque mélancolique au possible, paradoxe qui, chez moi tout
du moins, est une preuve de qualité.
Car Daylight Dies a écrit un petit chef d'oeuvre de tristesse,
fruit de quatre années de composition, léché jusque dans son
packaging, simple, mais beau. Porté par un quintette de musiciens
talentueux au service d'une musique belle et touchante, Dismantling
Devotion ne renouvelle en rien le genre, mais en bon pilier désormais
de l'école américaine, prouve ainsi que dans le style doom/death,
les pays nordiques ne sont pas la panacée. Coup de coeur absolu
pour cette pépite de noirceur, vivement conseillée.
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