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Chose assez rare pour être soulignée, nous avons là un groupe
qui ne se contente pas de proposer un concept-album: c'est carrément
un "concept-band" qui réédite son premier - et seul -
album, dans l'optique d'être distribué sur le marché américain.
En l'occurence, c'est de l'univers de l'Egypte Ancienne que nos
quatre Néerlandais puisent leur inspiration, dont vous aurez
probablement deviné, perspicace lecteur, qu'elle se matérialise
dans une musique de type progressif. Quoi d'autre? Emettons au
passage quelques doutes sur la capacité de Day SIx à se
renouveller sur le long terme. Mais cela ne nous intéresse pas
encore: penchons-nous pour le moment sur le rock - metal
progressif novateur de nos petits Champollions.Concept oblige, les mélodies et les samples utilisés tournent
tous plus ou moins autour de l'esprit pharaon et compagnie. De même,
ce sont des rythmes plutôt lents et lourds que Day Six
affectionne, leur permettant d'installer les ambiances adéquates.
Mais les musiciens, tous dotés de grandes qualités d'interprétation,
savent varier leur formule. Malheureusement, quand le rythme
s'emballe, ce sont les carences de la production qui apparaissent.
Froide, manquant de pêche, elle ne fignole pas suffisamment la
musique complexe de Day Six, fautant surtout le trouble sur la
batterie, lui conférant un son assez horrible. Quand "The
Law Of The Web" et "Dark Tower" accélèrent le
tempo, quand "Day VI", a fortiori, fait péter la double
grosse caisse, on est envahis de regrets. Ces passages salvateurs
sont rares, il eût été bon de les soigner. La voix de Robbie Van Stiphout, de ce côté, n'est pas en reste.
Le leader du groupe est meilleur guitariste que chanteur, et ce
n'est pas son chant qui révolutionnera le petit monde des
vocalistes de metal progressif. Le groupe a beau essayer de se
rattraper sur une chorale de ch'tites nenfants tout mignons
("The Law Of The Web", "Water & Stones"),
on ne retiendra pas Eternal Dignity sur cet aspect. C'est donc la
qualité des parties instrumentales qui prévaut, amenant parfois
des éléments symphoniques de bonne facture, ou tout simplement
de biens bons soli de guitare, bluesy et mélodiques. La suite
progressive à la Dream Theater "Legend Of The Hollow"
ouvre l'album sur ces atouts. Le très long "The Crypt"
cherche à en faire autant: effectivement, les idées
fourmillent, la structure est désarticulée, la chanson surprend,
mais rien ne justifie les quatorze minutes qui lui sont consacrées.
A trop vouloir surenchérir sur l'atmosphère, Day Six finit par
être ennuyeux. Alors on va chercher du côté du heavy mélodique à la
scandinave, avec un "Day VI" faisant la part belle aux
clavecins. Adapté à la sauce égypto-progressive, ce genre de
titre passe très bien. Dommage que la production et le chant ne
suivent pas la qualité du reste. La musique est pensée et bien
pensée, Day Six vise haut pour ce premier album, mais les défauts
de jeunesse se font sentir. On ne va certainement pas en rester là,
alors attendez-vous à entendre davantage parler des Hollandais à
l'avenir. Ce Eternal Dignity commence l'aventure sous de bons
auspices, et sera probablement inférieur aux prochaines parutions
du groupe. A réserver aux fans de prog' les plus curieux. RETOUR
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