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Voici
la quatrième réalisation de Darkmoon, après quelques essais plutôt
convaincants. Il faut reconnaître l’évolution apportée par
« Of Bitterness And Hate », dans un registre bien plus
death mélodique que le black/death, créneau jusqu’alors habituel
du groupe suisse. Certains apprécieront ce changement
d’orientation, ou plutôt cette affirmation mélodique et
death/thrash emprunté par Darkmoon. D’autres, comme moi
certainement, resteront assez amers parce que nostalgiques d’une
époque à laquelle Darkmoon savait se montrer virulent. En 2000 le
groupe marquait les esprits avec « Remains », aux
compositions écorchées et très black metal. « Black Domain »,
sorti trois ans plus tard, montrait déjà un Darkmoon plus ouvert,
mais encore très virulent. On pouvait alors sentir la nouvelle
personnalité du groupe notamment via un chant plus death,
approchant celui d’aujourd’hui.
« Of Bitterness And Hate » met un
accent certain sur des compositions plus posées, plus maîtrisées,
avec une recherche approfondie des mélodies. Très peu sont les
occasions avec ce nouveau travail de se laisser immerger sous les
blasts. C’est dans des structures très mélodiques, assez sombres
(on a quand même fait plus), et dans ce mid tempo ambiant que
Darkmoon officie. Seul The Beast échappe à cette règle avec une
rapidité soutenue, des riffs tour à tour thrashy et plus extrême.
Le chant aussi se veut plus direct et sauvage. Les shouts de voix et
le riffs principal sont en tout point excellent. On Her Grave essaie
aussi de soutenir le rythme, mais avec moins de prégnance
cependant. C’est Evil Godess Of The Night qu’il faut alors
attendre, dernier titre de l’album, pour sentir toute la force de
Darkmoon s’échapper. Le feeling très dark metal se fait sentir
dans ces derniers titres cités, avec comme pour envoler les compos,
des interventions réussies de leads de guitare. L’échappée de
violence au milieu de ce dernier titre laisse présager que le
groupe possède encore une âme extrême non enfouie à tout jamais.
A parier que sur scène, ces titres font le bonheur des plus grands.
Mais alors, pourquoi ont-ils perdu leurs cojones
sur les autres titres? Si l’intro de l’album sonne comme une
entrée en enfer, le reste des autres titres, autres que ceux cités
précédemment, semblent démunis d’âme, basés sur de
sempiternels riffs de guitares qui se suivent et se ressemblent. Il
reste vrai que The Cell conserve des chorus très cohérents et
assez gras, et que The Fallen One est un titre très vivant et très
catchy, avec son intro acoustique et son pont acoustique tout aussi
sympa. Mais on s’assoira vite sur des titres trop classiques,
limite pompeux, comme Damned et Dust in My Eyes. Rythmiquement, il
reste Drownig, titre complètement barré dans lequel la basse joue
son importance. Les changements de tempo sont aussi très appréciables,
et l’ensemble parvient plus que les autres titres à mener un
concept et à véhiculer des images. Ce titre repose d’ailleurs
sur le sentiment de perte de vie. (Oh mais que vois-je, ce titre est
repris de leur ancien « Black Domain »?!).
Je persiste à dire que Darkmoon s’apprécie
plus dans un registre extrême que dans une crème de death mélodique.
L’essai vaut le coup, bien sûr, parce que ce n’est pas de toute
horreur, mais l’hétérogénéité nette des titres et l’inégale
qualité de ceux-ci prouvent que Darkmoon ne doit pas abandonner sa
sauvagerie. A aucun prix.
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