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Voilà
un album qui paraît-il, était très attendu. Et qui, a n'en point
douter, fut acclamé quasiment à l'unanimité comme étant l'une
des références du thrash/death mélodique de cette année.
Malheureusement, votre fidèle serviteur n'est pas vraiment enclin
à se fondre dans cet élan de joie et d'allégresse, et si l'opus
précédent, Expanding Senses, n'avait laissé qu'une impression de
"sympa mais sans plus", ce Layers Of Lies tend à basculer
carrément dans la catégorie des "bof, pas de quoi
pavoiser". A première vue, la dernière livraison des suédois
contient quand même de quoi faire un album si ce n'est ahurissant,
mais tout du moins au-dessus du lot, alors que quand on y regarde de
plus près, le résultat se révèle quand même bien décevant.
Mais qu'est ce qui cloche alors?
Ce qui cloche en fait, c'est l'épreuve du temps,
dans tous les sens du terme. Layers Of Lies débute, fort, même un
peu trop fort, avec une intro mêlant synthés et chœurs pour un résultat
à la fois épique et inquiétant, et laissant place à un passage
de thrash plus habituel pour le groupe. Secondary Effects laisse présager
le meilleur pour la suite, un morceau vraiment percutant,
accrocheur, avec une touche personnelle qui est surtout l'œuvre de
l'excellent batteur Peter Wildoer, et quelques-uns des riffs qui
laissent transparaître l'influence de groupes d'avant-garde comme
Meshuggah dans la manière de placer des syncopes déroutantes. Mais
ce sera tout. Ensuite, le soufflé retombe, et on a du mal à rester
attentif, véritablement conquis.
Si Secondary Effects peut se targuer d'un refrain
mélodique vraiment accroche-neurones, aisément mémorisable et
efficace dans son enchaînement avec les parties plus agressives, ce
ne sera pas le cas des autres compos. Organic Canvas et le titre éponyme
ne s'en tirent encore pas trop mal de ce point de vue-là, alors que
Fading Dimensions, Godforsaken Universe et Visions Of Deagadation
font appel à des mélodies tellement peu inspirées et peu travaillées
qu'elles tapent sur le système au bout de quelques écoutes. Ce
sont ces mêmes écoutes répétées qui révèlent l'aspect creux
et inabouti des compositions. Oui, Darkane essaye de varier les
plaisirs: une intro heavy et inquiétante par-ci, un petit arpège
à la suédoise par-là, du rentre-dedans sans préavis ou de la
basse groovy ailleurs… Mais encore faut-il les assembler de manière
convaincante, ménager les transitions, et de ce côté-là c'est l'échec
quasi-systématique.
C'est ce qui rend cet album encore plus décevant,
car pris séparément le travail de chaque musicien (si l'on excepte
le très quelconque et lassant chanteur/hurleur Andreas Sydow) est
honorable, notamment dans les passages les plus techniques où ils
font une démonstration de leur virtuosité sans faille. Mais ces mêmes
passages techniques cassent complètement la dynamique des
compositions, réduisant à néant la bonne impression que peuvent
laisser les riffs plus catchy. On a l'impression que Darkane
n'arrive pas à se décider entre du death mélodique à la Soilwork
et du thrash technique à la Meshuggah. Quand vous serez fixés les
gars, faites-nous signe, en attendant la copie est à revoir.
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