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Dark
Nova est un groupe grec qui, bien qu'inconnu dans nos contrées,
existe depuis 1987. Officiant dans un heavy-power à tendance
progressive, le groupe n'a sorti que deux albums en l'espace de
dix-sept ans (The Dark Rhapsodies en 1993 et 1999 - A Step Beyond?
en 1999), passés pour ainsi dire inaperçus. A t'on raté quelque
chose? Pas sûr. Une telle expérience, en toute logique, devrait
aller de pair avec une interprétation de qualité. Force est de
constater qu'il n'en est rien...
Nous avons dans cet album une succession de riffs
quasiment identiques et des lignes vocales bien peu inspirées. Seul
le batteur Nick Adams fait preuve d'inventivité dans son jeu, succédant
à la baguette des rythmes ma foi assez variés et bien maîtrisés.
Malheureusement, la production de Sivilla ruine totalement ses
efforts, tant ses toms ont un son horrible. Il ne faut cependant pas
avoir trop de regrets, car Adams aurait eu peine à remonter à lui
seul le niveau de l'ensemble, même avec une production correcte. Le
problème vient en premier lieu des compositions, assez bancales,
qui n'apportent strictement rien; un copier / coller des groupes
heavy des années 1980, la créativité en moins. De petits passages
instrumentaux folk par ci par là, comme l'introduction
"Avernus" ou l'intermède "El Cant De La Sibil",
pourtant censés agrémenter ce désert artistique, rajoutent au
contraire une lourdeur supplémentaire, témoignant d'une volonté
pathétique du groupe de se lancer dans le sillon folk médiéval de
groupes "à succès" comme Rhapsody. Seuls les titres
"In A Crevasse Of Time" et "Too Late To Hide"
apportent de réelles idées, avec notamment des alternances de
rythmes bien senties.
Mais l'interprétation, quoiqu'il en soit, laisse
à désirer. Le chanteur Michael Choulakis s'essaie à différents
registres, de façon louable, mais il n'a pas les capacités
techniques. Son chant est fragile, souvent sur la brèche, et a du
mal à se caler sur les riffs d'Elias Koskoris, en dépit de mélodies
bien prévisibles. De plus, le problème de production évoqué plus
haut fait davantage entendre les grattes et les nappes de claviers,
ce qui n'arrange rien tant ces dernières sont archi-convenues. On
jurerait avoir affaire à la première démo d'un groupe de garage.
Pour un combo de metal progressif, c'est dangereux. D'ailleurs,
peut-on réellement parler de "progressif" pour Dark Nova? Dans Sivilla, on décèle surtout du heavy-power ("Desperate
Set", "A Drifter In Stillness") et du speed mélodique
au rabais ("Flight To The Unknown"), parfois un peu plus
catchy ("Reach For The Sky), mais on est loin de Dream Theater
ou de Symphony X. Tant sur le plan de l'écriture que sur celui des
compétences instrumentales, Dark Nova ne fait pas le poids.
Vous aurez compris que Sivilla n'est pas une découverte
fondamentale. Voilà peut-être un groupe qui a les yeux plus gros
que le ventre, et qui n'a pas les moyens à la hauteur de ses
ambitions; moyens financiers mais également techniques. Vu en première
partie de grosses pointures telles que Fates Warning, Gamma Ray ou
Megadeth, Dark Nova semble condamné à ne faire parler de lui qu'en
ouvrant en Grèce pour des groupes établis. Car en studio à tout
le moins, on ne peut pas dire que ce soit particulièrement
brillant.
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