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Aux alentours des années
1995/1996, un sérieux buzz commençait à se créer autour des
groupes à chanteuse, notamment avec l'arrivée des Hollandais de
The Gathering. Les Espagnols de Dark Moor, avec la belle Elisa C.
Martin, dans un style plus traditionnel, faisait partie de ce
mouvement, même s'ils passèrent plus ou moins inaperçus.
Aujourd'hui, après quatre albums et divers changements de line-up, ce
qui lui a notamment valu d'accueillir en ses rangs un bon chanteur,
en la personne d'Alfred Romero, le groupe revient avec Beyond The
Sea. Voilà ma foi un disque de heavy-speed tout à fait
conventionnel, mais pourtant non sans qualités.
Les
claviers de l'opener "Before The Duel" sont un peu utilisés
à la manière d'un André Andersen (Royal Hunt): légers, mais
omniprésents, ils viennent mettre en valeur la voix mélodique
d'Alfred Romero sur un riff totalement heavy. Il n'en faut pas plus
pour être efficace. Dark Moor semble avoir pris la décision de
ralentir quelque peu le tempo, et de ne pas abuser de la double
grosse caisse; tant mieux, le jeu du batteur Andy C. n'en est que
plus varié et cela apporte un peu de couleur à la musique. Sur le
titre "The Silver Key", son jeu est particulièrement intéressant,
notamment dans les parties instrumentales. Un refrain héroïque à
la Rhapsody fera de ce morceau un futur classique des concerts de
Dark Moor. Les chansons de Beyond The Sea suivent une progression
des plus classiques, étayée par deux interludes de choix
"Through The Gates Of The Silver Key" et "Lulius
Caesar", aux claviers tonitruants (mais on ne sait pas qui en
est le responsable!), qui alterne donc mid-tempo, speed, et
ballade. En l'occurrence, "Green Eyes" ne tombe pas dans
la soupe populaire, même si la mélodie reste prévisible. Ce
reproche est d'ailleurs applicable à l'ensemble du disque: on
aurait bien aimé que les compositeurs se cassent un peu plus le
ciboulot pour peaufiner les mélodies. "Beyond The Sea" ou
"Miracles" auraient ainsi pu sortir davantage de
l'ensemble; c'est surtout dommage pour ce dernier titre, qui
comporte de belles intro/outro au piano.
Le
guitariste Enrik Garcia n'entend pas rivaliser avec les maîtres
shredders dont ce style regorge. Pas de prouesses techniques phénoménales
donc, mais une certaine capacité à trouver le lead qui va bien,
caractérise en quelque sorte le gratteux. Cependant, on reconnaît
assez nettement ses influences: Rhapsody donc, mais aussi très
certainement les amis d'Iron Maiden, écoutez un peu l'intro et les
leads de "Going On"... Ca ne vous rappelle pas un peu
"The Evil That Men Do"? On frise le plagiat, littéralement!
Vous croyiez vraiment que ça allait passer inaperçu les gars?
Enfin heureusement, Alfred Romero tire tout ça vers le haut en
adoptant un chant un peu plus enlevé, plus agressif, un peu comme
Charles Rytkönen (Lefay)... L’ultime titre « Alea Jacta »,
quant à lui, s’inspire fortement de Stratovarius dès l'introduction,
mais fait mouche grâce à un refrain plus inspiré.
Ce
qui pouvait s’apparenter à un avantage concurrentiel, à savoir
la chanteuse Elisa C. Martin, ne manque finalement pas trop à Dark
Moor: le groupe s’en tire plutôt bien, et Beyond The Sea
avec sa pochette bien explicite plaira aux aficionados du genre. De
son côté, la belle a rejoint Dreamaker pour officier dans un style
assez différent, mais hélas moins digne de compliments.
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