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Ce qu’il caille,
devant le Ninkasi Kao de Lyon, cette salle hétéroclite ou quelques
combos comme Dissection et Arcturus ont déjà eu l’occasion de
passer! La tournée européenne de Dark Funeral, le grand attendu de
cette soirée, s’annonce pas mal, avec pas moins de cinq groupes:
Otargos, Amoral, Endstille, Naglfar et enfin Dark Funeral. Arrivé
un peu après l’heure prévue de début de concert, c’est
Otargos qui joue ses deux derniers morceaux. Et c’est bien dommage
d’être arrivé avec ce retard, parce que la salle est pleine et
les Bordelais la chauffent avec un très bon black metal d’obédience
scandinave. Maquillages, exécution diabolique, feeling underground,
bref de très bons ingrédients qui rendent hommage à la scène
française. Même niveau son, ce n’est pas désagréable, surtout
pour une première partie, sauf le chant, un peu en retrait. On
verra ensuite que c’est un gros défaut de balance qui s’est répété
tout au long de la soirée.
Débarque
alors Amoral. Une question se pose: mais que vient faire Amoral,
groupe sympathique aux influences death/thrash mélodique au milieu
d’une tournée aux relents true black metal? En tout cas c’est
précis, tranchant, le guitariste faisant ici une démonstration
technique sobre et brillante. Le chanteur chauffe la salle par son
charisme de néo metalleux. Le son est ici excellent pour un style
qui en a de toute façon besoin. Bonne intervention donc, mais pas
des plus judicieuses en ce qui concerne la programmation de cette
tournée. Dans un sens, ça casse un peu l’intervention
d’Otargos, qui avait réussi à installer une atmosphère assez
noire dès le début de soirée.
Quelques
minutes plus tard, retour au black metal avec Endstille, prophète
dans la musique aux riffs très simples mais noirs. Encore une fois,
plantage sur plantage au niveau du mix des voix, le chanteur
commence à s’énerver, mais finit par reprendre les rennes sur un
black metal pur, aux influences Darkthroniennes dans lequel
l’ambiance reste la composante principale. Bonne prestation, au
son assez brouillon mais agréable. Le batteur semble apprécier ce
qu’il fait, son rictus continuel le montre presque en état de
jouissance. Une demi-heure de jeu, ça passe vite, mais l’on sait
que c’est bientôt au tour du grand Naglfar, connu pour son intégrité
malgré l’inégale qualité de ses réalisations.
On sent déjà un niveau de prestation supérieur à
ceux des précédents groupes, marqués de sobriété. Kristoffer
Olivius, illustre chanteur au crâne rasé, déboule sur scène dans
son apparat de cuir, au sein d’un groupe aux allures ultra
agressives. La qualité de son est cette fois au
rendez-vous, et surtout ici, c’est le jeu de scène qui plaît. Le
chanteur s’adresse vraiment au public, souvent sans micro, jette
des regards, intervient auprès des musiciens, tout cela dans une
espèce de théâtralisation globale mettant à l’aise à la fois
le public et le groupe. Les guitaristes se montrent et l’on aborde
des titres de plusieurs périodes, comme celle du dernier Pariah, ou
bien Sheol et il me semble même du Diabolical. Quarante minutes de
black bien monté, direct, qui font vraiment du bien. Le public en
aurait voulu plus, mais bon, c’est au tour des grands de cette
soirée: Dark Funeral.
Si
le temps inter-groupes était assez réduit avant cette heure, celle
de Dark Funeral est plus longue, notamment parce qu’ici le décor
va avec la musique. Tous drapeaux satanistes sortis, imagerie Under The
Sign, pentacles de chaque coté… L’attirail est
sorti et c’est enfin le groupe attendu qui arrive sur scène, aux
parures metal jusqu’au-boutiste. L’intro était longue mais le
public accueille comme il se doit cette figure du black extrême. Il
est clair qu’il était venu pour lui. Mais pour aller droit au
but: Dark Funeral a déçu. Si les premiers titres ont fait
ressortir toute la violence du groupe (King Antichrist, The Arrival
Of Satan’s Empire), la prestation du groupe dans son ensemble est
plate, sans relief. Personne ne bouge et personne n’a
l’intention de bouger. Caligula notamment, lui par qui devrait
passer tout le diabolisme de cette formation pourtant excellente.
Mais quelque chose semble choquer, et cela provient du chant de ce même
Caligula, en retrait, sautant même des parties entières, en aucun
cas mis en avant. Il a semblé à beaucoup ce soir-là qu’il
n’était pas en forme, passant le plus clair de son temps sur scène
à boire une potion noire, peut-être du sirop...
Et
pourtant, dans tout cela, c’est toujours Dark Funeral que l’on
observe, avec sa batterie infernale, un guitariste (Lord Ahriman)
charismatique et un bassiste à l’allure d’un Abbath dark funéralisé.
De très bons titres se font entendre, comme Ravenna Strigoi Mortii
et l’excellent Vobiscum Satanas, qui soulève les foules. Enorme
moment aussi avec Hail Murder, refrain repris par le public et
Attera Totus Sanctus, bien exécuté (malgré quelques pains de
l’un des gratteux…). Et là, tout s’arrête, avec en tout et
pour tout vingt – vingt cinq minutes de set, la lumière se
rallume malgré l’exclamation du public, le rap commence à sortir
des enceintes de la salle…
Mais
que se passe-t-il? Caligula semble avoir vraiment un souci ce soir.
Heureusement et après cette frayeur, le groupe revient et finit son
set bien trop court (une grosse demi-heure) avec Atrum Regina et le tant
acclamé My Dark Desires sur lequel le chanteur de Naglfar
intervient en deuxième partie. Cela donne au
groupe une nouvelle impulsion face au public qui se demande bien
comment tout cela va finir. Et d’ailleurs ça finit là, aussi
rapidement, laissant une foule sur sa faim mais pas avide de
questions… Dommage pour ceux qui attendaient une grande et
glorieuse prestation des plus sataniques de tous. En espérant que
la prochaine tournée nous amène un Dark Funeral en forme…
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