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DARK FUNERAL
04 octobre 2005
  
JOURNALISTE :
Count D
  
INTERVIEW AVEC :
Matte Modin
Batteur
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Nouvelle offrande. Plus puissante et plus satanique encore, repoussant à chaque fois plus Dark Funeral dans un style qui est maintenant le sien. Attera Totus Sanctus (cliquez pour lire la chronique) débarque et prouve que le groupe a encore gagné en maturité et surtout parvient à s’approcher de plus en plus d'un sentiment de haine et de violence pure. Matte Modin (batterie) s’est prêté au jeu des questions pour nous faire comprendre un peu mieux l’esprit de Dark Funeral véhiculé dans ce nouvel album.

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Count D : Après tant d'années de silence, Dark Funeral revient en forme avec un nouvel album, et quel album! Présente-moi en quelques mots le dernier né, Attera Totus Sanctus.

Matte Modin (batterie) : Attera Totus Sanctus est un coup de poing. C’est ce que je peux dire de cet album. Meilleur son et meilleur travail!

Count D : Le chant se veut plus direct, plus cru. Pourquoi ce choix?

Matte Modin : Oui, beaucoup plus direct. Pas de delays ou ce genre de conneries. C’est une voix plus crue. Cela vient principalement d’une idée de Daniel (ndlr: Daniel Bergstrand). Il souhaitait que Caligula change sa façon de chanter. Et il a beaucoup travaillé pour donner ce résultat. Tout le monde a d’ailleurs énormément travaillé pour cet album.

Count D : Le son est signé Bergstrand. Attera Totus Sanctus possède un coté très violent et cru, presque un retour aux sources. Cela était-il important pour vous?

Matte Modin : Oui, très important. C’était la première fois que Dark Funeral changeait de studio. Ce fut pour nous une occasion de faire un pas en avant et d’oublier les nombreux problèmes que nous avons connus avec nos anciens labels. Bref, avancer et laisser derrière de vieux soucis. Et je pense que nous avons bien fait.

Count D : Le satanisme ne vous a jamais quitté. Est-ce pour conserver le concept du groupe ou bien est-ce parce que vous ne voyez pas les choses autrement?

Matte Modin : Tu sais, pour ma part, j’ai commence à joué avec Dark Funeral parce qu’ils avaient besoin d‘un batteur. Je sais que tout le monde pense que je suis dans le satanisme, mais en réalité non. Je ne suis d’ailleurs pas plus du coté de Satan que de Dieu. Je fais ce que je veux et ça ne me semblerait pas correct d’annoncer le contraire. Par contre les autres membres sont vraiment dans ce trip. Caligula par exemple, aime toutes les choses noires. Moi, je n’ai pas le temps pour ça. J’ai d'autres groupes, comme Defleshed et un autre groupe de hardcore avec lequel je vais enregistrer un album en novembre. Je fais tout mon possible pour faire du bon boulot à la batterie…

Count D : Quelles leçons avez-vous apprises depuis vos débuts, et de quelle manière le faites-vous ressentir dans Attera Totus Sanctus?

Matte Modin : Le nouvel album est le plus extrême de Dark Funeral. Certains dirons que ce le groupe sera plus commercial et qu’il vendra plus. Je n’y crois pas parce que ces nouvelles chansons sont bien plus agressives. Avant d’avoir le titre définitif, nous appelions ce nouveau travail Suicide Songs, parce que quand tu écoutes et que tu ne te sens déjà pas très bien, tu as envie de te suicider. C’est un album très sombre.

Count D : Sur De Profundis Clamavi Ad Te Domine vous aviez déjà un bassiste de session. Sur Attera Totus Sanctus c'est encore le cas. Cela est-il si dur d'en trouver un depuis que Emperor Magus Caligula ne les fait plus lui même?

Matte Modin : (rires) Caligula déteste jouer de la basse. Lorsque j’ai fait mes premiers pas avec Dark Funeral, il en parlait déjà. Il disait « pourquoi ne trouve-t-on pas de bassiste de session, je n’aime pas jouer, je veux garder mes mains libres ». Une fois les bases des nouvelles compositions acquises, nous avons pris conscience que nous devions avoir un vrai bassiste, parce que Caligula et même Chaq Mol ne pouvaient pas se concentrer sur leurs propres instruments. Le premier gars auquel nous ayons pensé était Alex, de Cannibal Corpse, mais il vit aux USA et cela nous est compliqué… C’est un peu loin (rires)! Gustaf Hielm nous est apparu ensuite de manière plus évidente. Ne travaillant plus avec Meshuggah, la coopération était plus facile. Il n’a pas hésité une seconde pour nous rejoindre et je peux dire que c’est un très bon bassiste.

Count D : Concernant ce live en Amérique du Sud: cette expérience vous a-t-elle appris quelque chose? Et peut-on le ressentir sur le nouvel album?

Matte Modin : Pour ma part encore une fois, cette expérience m’a appris à travailler dur, à taper les peaux de manière plus forte, tout le temps. J’ai appris à mieux jouer, à donner le meilleur de mon jeu à chaque titre. Et Daniel Bergstrand a su mettre ce travail en avant, en faire quelque chose de puissant.

Count D : De Profundis Clamavi Ad Te Domine était un test avec Regain Records. Et ce test a donc été concluant…

Matte Modin : Ce live album n’était pas dans le contrat de notre ancien label. Ils ne pouvaient donc rien en faire. Regain a pris le risque de nous supporter dans cette aventure. Et c’était aussi une façon pour eux de nous aider et de préparer ce nouvel album, en donnant un gros coup de pouce à l’album live. Sans cela nous serions passé pour un groupe parmi les cents autres et les choses ne se passeraient peut être pas aussi bien. Ils ont fait le bon choix pour notre groupe. Et puis ils sont aussi en Suède et cela nous aide beaucoup pour communiquer (rires)!

Count D : Vous vous considérez vous-mêmes comme l'élite du black metal, qu'est-ce qui vous permet d'affirmer une telle chose?

Matte Modin : Dark Funeral est un groupe qui a été à l’origine de beaucoup de choses. Quand ce groupe a enregistré son premier album The Secrets Of The Black Arts, c’était un des premiers groupes extrêmes à produire un son correct en studio. C’est un groupe qui ne s’est pas contenté d’enregistrer un album avec un deux pistes à la maison.

Count D : Quel groupe vous donne la chair de poule?

Matte Modin : J’écoute vraiment de tout, cela peut aller de musiques pop, rock à quelque chose de plus extrême. Je pense avoir l’esprit assez ouvert à ce niveau-là. Je trouve toujours de bonnes choses dans tous les styles, et il faut avouer que ce ne peut pas être mauvais pour l’inspiration.

Count D : Quels sont les titres que tu préfères de ce dernier album?

Matte Modin : Tout d’abord je voudrais dire que le titre de l’album Attera Totus Sanctus signifie « détruire-les tous ». C’est un peu un message à notre ancien label. Les paroles sont très personnelles, très sombres, cela parle de suicide, de démons, de toutes ces choses que Caligula a dans sa tête. Ce sont aussi un « fuck off » au passé. Pour ma part, mes titres préférés sont King Antichrist et le titre éponyme Attera Totus Sanctus. Ne serait-ce qu’au niveau instrumental, c’est assez nouveau, assez différent du reste de Dark Funeral. Ce n’est pas que du blast beat pendant cinq minutes. Le jeu est plus fin. J’aime la structure de ces morceaux.

Count D : Vous avez beaucoup tourné, après Diabolis Interium…

Matte Modin : Oui, nous avons tourné beaucoup pour cet album, trop, d’ailleurs. Tous voulaient que nous jouions, quelque soit le pays, et nous ne sommes pas du genre à refuser, donc nous allions partout. Je sais que beaucoup de gens pensent que l’on gagne facilement de cette manière, mais il faut savoir qu’au final c’est le groupe lui-même qui paie la majorité des frais. Les voyages, par exemple. Certains promoteurs sont gonflés, ils veulent que tu joues gratuitement. Je ne peux pas dire que nous soyons millionnaires, surtout lorsque tu sais que notre ancien label a gardé l’argent des ventes de Diabolis Interium…

Count D : N’aviez-vous pas l’idée de sortir un clip ou quelque chose dans ce goût?

Matte Modin : Oui, dans le futur, évidemment. Nous avons assez d’expérience pour sortir ce genre de chose ainsi que beaucoup de compositions. Ce sera certainement une vidéo de la prochaine tournée, mais je ne peux pas en dire plus. C’est devenu quelque chose d’assez obligatoire, le marché a changé. En plus d’écouter les groupes, les fans veulent voir. Voir comment sonne un son, en images et notamment en live.

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