Count D : Après tant d'années
de silence, Dark Funeral revient en forme avec un nouvel album, et
quel album! Présente-moi en quelques mots le dernier né, Attera
Totus Sanctus.
Matte Modin (batterie) : Attera
Totus Sanctus est un coup de poing. C’est ce que je peux dire de
cet album. Meilleur son et meilleur travail!
Count D : Le chant se veut plus
direct, plus cru. Pourquoi ce choix?
Matte Modin
: Oui, beaucoup plus direct.
Pas de delays ou ce genre de conneries. C’est une voix plus
crue. Cela vient principalement d’une idée de Daniel (ndlr:
Daniel Bergstrand). Il souhaitait que Caligula change sa façon
de chanter. Et il a beaucoup travaillé pour donner ce résultat.
Tout le monde a d’ailleurs énormément travaillé pour cet
album.
Count D : Le son est signé
Bergstrand. Attera Totus Sanctus possède un coté très violent
et cru, presque un retour aux sources. Cela était-il important
pour vous?
Matte Modin
: Oui, très important. C’était
la première fois que Dark Funeral changeait de studio. Ce fut
pour nous une occasion de faire un pas en avant et d’oublier les
nombreux problèmes que nous avons connus avec nos anciens labels.
Bref, avancer et laisser derrière de vieux soucis. Et je pense
que nous avons bien fait.
Count D : Le satanisme ne vous a
jamais quitté. Est-ce pour conserver le concept du groupe ou bien
est-ce parce que vous ne voyez pas les choses autrement?
Matte Modin
: Tu sais, pour ma part,
j’ai commence à joué avec Dark Funeral parce qu’ils avaient
besoin d‘un batteur. Je sais que tout le monde pense que je suis
dans le satanisme, mais en réalité non. Je ne suis d’ailleurs
pas plus du coté de Satan que de Dieu. Je fais ce que je veux et
ça ne me semblerait pas correct d’annoncer le contraire. Par
contre les autres membres sont vraiment dans ce trip. Caligula par
exemple, aime toutes les choses noires. Moi, je n’ai pas le
temps pour ça. J’ai d'autres groupes, comme Defleshed et un
autre groupe de hardcore avec lequel je vais enregistrer un album
en novembre. Je fais tout mon possible pour faire du bon boulot à
la batterie…
Count D : Quelles leçons
avez-vous apprises depuis vos débuts, et de quelle manière le
faites-vous ressentir dans Attera Totus Sanctus?
Matte Modin
: Le nouvel album est le
plus extrême de Dark Funeral. Certains dirons que ce le groupe
sera plus commercial et qu’il vendra plus. Je n’y crois pas
parce que ces nouvelles chansons sont bien plus agressives. Avant
d’avoir le titre définitif, nous appelions ce nouveau travail
Suicide Songs, parce que quand tu écoutes et que tu ne te sens déjà
pas très bien, tu as envie de te suicider. C’est un album très
sombre.
Count D : Sur De Profundis
Clamavi Ad Te Domine vous aviez déjà un bassiste de
session. Sur Attera Totus Sanctus c'est encore le cas. Cela est-il
si dur d'en trouver un depuis que Emperor Magus Caligula ne les
fait plus lui même?
Matte Modin
: (rires) Caligula déteste
jouer de la basse. Lorsque j’ai fait mes premiers pas avec Dark
Funeral, il en parlait déjà. Il disait « pourquoi ne
trouve-t-on pas de bassiste de session, je n’aime pas jouer, je
veux garder mes mains libres ». Une fois les bases des
nouvelles compositions acquises, nous avons pris conscience que
nous devions avoir un vrai bassiste, parce que Caligula et même
Chaq Mol ne pouvaient pas se concentrer sur leurs propres
instruments. Le premier gars auquel nous ayons pensé était Alex,
de Cannibal Corpse, mais il vit aux USA et cela nous est compliqué…
C’est un peu loin (rires)! Gustaf Hielm nous est apparu
ensuite de manière plus évidente. Ne travaillant plus avec
Meshuggah, la coopération était plus facile. Il n’a pas hésité
une seconde pour nous rejoindre et je peux dire que c’est un très
bon bassiste.
Count D : Concernant ce live en
Amérique du Sud: cette expérience vous a-t-elle appris quelque
chose? Et peut-on le ressentir sur le nouvel album?
Matte Modin
: Pour ma part encore une
fois, cette expérience m’a appris à travailler dur, à taper
les peaux de manière plus forte, tout le temps. J’ai appris à
mieux jouer, à donner le meilleur de mon jeu à chaque titre. Et
Daniel Bergstrand a su mettre ce travail en avant, en faire
quelque chose de puissant.
Count D : De Profundis Clamavi Ad
Te Domine était un test avec Regain Records. Et ce test a donc été
concluant…
Matte Modin
: Ce live album n’était
pas dans le contrat de notre ancien label. Ils ne pouvaient donc
rien en faire. Regain a pris le risque de nous supporter dans
cette aventure. Et c’était aussi une façon pour eux de nous
aider et de préparer ce nouvel album, en donnant un gros coup de
pouce à l’album live. Sans cela nous serions passé pour un
groupe parmi les cents autres et les choses ne se passeraient peut
être pas aussi bien. Ils ont fait le bon choix pour notre groupe.
Et puis ils sont aussi en Suède et cela nous aide beaucoup pour
communiquer (rires)!
Count D : Vous vous considérez
vous-mêmes comme l'élite du black metal, qu'est-ce qui vous
permet d'affirmer une telle chose?
Matte Modin
: Dark Funeral est un groupe qui a été à
l’origine de beaucoup de choses. Quand ce groupe a enregistré
son premier album The Secrets Of The Black Arts, c’était un des
premiers groupes extrêmes à produire un son correct en studio.
C’est un groupe qui ne s’est pas contenté d’enregistrer un
album avec un deux pistes à la maison.
Count D : Quel groupe vous donne
la chair de poule?
Matte Modin
: J’écoute vraiment de
tout, cela peut aller de musiques pop, rock à quelque chose de
plus extrême. Je pense avoir l’esprit assez ouvert à ce
niveau-là. Je trouve toujours de bonnes choses dans tous les
styles, et il faut avouer que ce ne peut pas être mauvais pour
l’inspiration.
Count D : Quels sont les titres
que tu préfères de ce dernier album?
Matte Modin
: Tout d’abord je voudrais
dire que le titre de l’album Attera Totus Sanctus signifie
« détruire-les tous ». C’est un peu un message à
notre ancien label. Les paroles sont très personnelles, très
sombres, cela parle de suicide, de démons, de toutes ces choses
que Caligula a dans sa tête. Ce sont aussi un « fuck off »
au passé. Pour ma part, mes titres préférés sont King
Antichrist et le titre éponyme Attera Totus Sanctus. Ne serait-ce
qu’au niveau instrumental, c’est assez nouveau, assez différent
du reste de Dark Funeral. Ce n’est pas que du blast beat pendant
cinq minutes. Le jeu est plus fin. J’aime la structure de ces
morceaux.
Count D : Vous avez beaucoup
tourné, après Diabolis Interium…
Matte Modin
: Oui, nous avons tourné
beaucoup pour cet album, trop, d’ailleurs. Tous voulaient que
nous jouions, quelque soit le pays, et nous ne sommes pas du genre
à refuser, donc nous allions partout. Je sais que beaucoup de
gens pensent que l’on gagne facilement de cette manière, mais
il faut savoir qu’au final c’est le groupe lui-même qui paie
la majorité des frais. Les voyages, par exemple. Certains
promoteurs sont gonflés, ils veulent que tu joues gratuitement.
Je ne peux pas dire que nous soyons millionnaires, surtout lorsque
tu sais que notre ancien label a gardé l’argent des ventes de
Diabolis Interium…
Count D : N’aviez-vous pas
l’idée de sortir un clip ou quelque chose dans ce goût?
Matte Modin
: Oui, dans le futur, évidemment.
Nous avons assez d’expérience pour sortir ce genre de chose
ainsi que beaucoup de compositions. Ce sera certainement une vidéo
de la prochaine tournée, mais je ne peux pas en dire plus.
C’est devenu quelque chose d’assez obligatoire, le marché a
changé. En plus d’écouter les groupes, les fans veulent voir.
Voir comment sonne un son, en images et notamment en live.
RETOUR
A L'INDEX