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Dark Funeral fait figure depuis ses débuts de monstre indestructible de l’extrême, prônant le Malin avec conviction, détruisant tout sur son passage. Ce groupe, future légende de ce monde Démoniaque, sort pour son dixième anniversaire un album live de toute beauté et de toute violence, réunissant un bien beau panel de titres depuis leur The Secret Of The Black Arts. Ce De Profundis Clamavi Ad Te Domine (cliquez pour lire la chronique) présente quatorze titres de ce que ce groupe fait le mieux : un black Metal intense et inspiré… Entretien avec Matte Modin (batteur).

 

Count D : Bon, Dark Funeral sort son premier live, c’est le moment d’en parler. Première impression ? Des retours ?

Matte Modin (batterie) : Pour l’instant de très bons échos, ce fut une très belle expérience! Nous sommes sur la route depuis maintenant dix ans et depuis quelques temps nous avons des problèmes avec notre ancien label qui nous avait promis une sorte de Box pour Dark Funeral. Puis nous avons eu l’opportunité d’aller en Amerique du Sud pour jouer sur scène. Ce fut grandiose, nous sommes très contents de cet enregistrement, c’est plus qu’un live pour le groupe.

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Count D : Je ne parle pas latin... que veut dire le titre, De Profundis Clamavi Ad Te Domine ?

Matte Modin : Quelque chose du style : ensemble nous sommes plus forts... Enfin je pense... (rires)

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Count D : Ce live est-il motivé par un tournant pour Dark Funeral ? Une mise au point après un moment d’inactivité ?

Matte Modin : Oui, je pense que nous voulions montrer au public comment Dark Funeral sonne aujourd’hui. Il faut dire que Dark Funeral est meilleur en live que sur album studio. Je veux dire par là que le fait de jouer en live montre comment la musique sonne réellement, pour de vrai, plus brute et malsaine. Nous avions assez de titres enregistrés pour faire un double album live, mais par manque de moyens nous avons du nous restreindre à un seul disque.

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Count D : Raconte moi cette épopée en Amérique. Le public, je le sais, est plus violent! (très présent sur An Apprentice Of Satan)

Matte Modin : Oui le public est… Comment dire?... Pas fou, mais quand tu joues au Chili, tout est plus bestial, avec de grands espaces pour jouer, face à plusieurs milliers de personnes, c’était énorme. Nous avons réellement aimé joué la bas, nous avions l’impression d’être un boys band parfois c’est assez effrayant, tout le monde hurle, tout le monde bouge. Je pense que c’est à Bogota que nous avons été le plus impressionné: grand rideau, une foule de gens qui montaient sur scène, c’était géant, très explosif. Le public chantait avec nous les titres (rires) comme sur An Apprentice Of Satan, et beaucoup chantaient même des musiques de football en plein concert!

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Count D : As-tu des anecdotes relatives à ce périple?

Matte Modin : Pas vraiment d’anecdotes, à part que cela nous a vraiment changé de notre pays, des cultures européennes: bonne nourriture, et nous avons fait attention à nous. Mais nous ne pouvions pas vraiment sortir, notamment en Colombie. Tu sais en Colombie, il ne vaut mieux pas sortir le soir, ça paraît plutôt dangereux ! (rires) Mais je pense que tous les membres du groupe ont vraiment apprécié.

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Count D :Vous avez joué près de México en février, comment c’était ? Avec quel groupe avez-vous joué ?

Matte Modin : Je ne me souviens plus exactement… Ah si, il n’y avait qu’un seul groupe avec nous ce soir là, Blefergoth je crois. Mais c’est vrai que c’étai assez étrange comme show, nous avons joué au milieu de l’après-midi, alors qu’il faisait encore jour, vraiment étrange. Mais bon, c’était bien sympa et le public a bien apprécié.

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Count D : Es-tu satisfait du son sur De Profundis Clamavi Ad Te Domine ?

Matte Modin : Oui, tout à fait, nous en sommes très satisfaits. C’est un ami à nous et plus particulièrement à moi, Eric, avec qui nous avons été dans la même école de musique il y a bien longtemps, qui s’est occupé du son. Il a donné le meilleur de lui-même comme à chaque fois qu’il travaille avec nous. Le son de la batterie en ce qui me concerne est vraiment excellent. Nous avons passé beaucoup de temps à trouver un son convenable pour cet enregistrement. En ce qui concerne Eric, il a fait peur à ceux qui étaient présents sur le concert… Il a vraiment un look de surfer. Il donne cependant tout ce qu’il a à donner et le rendu est vraiment excellent, comme beaucoup pourront le constater, nous espérons. De plus, nous n’avons pas eu à retoucher de manière excessive le son en studio. Un mastering a été nécessaire pour lui donner plus d’ampleur et de profondeur, mais rien de plus! Et puis tu sais… quand tu as quatorze heures d’avion pour jouer sur scène, tu as envie d’avoir le meilleur son qu’il soit. Tu as envie de te donner à fond ! (rires)

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Count D : Certains titres sont joués plus vite en live, non? (Vobiscum Sathanas, My Dark Desire), pourquoi?

Matte Modin : Pourquoi nous avons joué aussi vite, et pour la majorité des titres d’ailleurs ? C’est assez simple. Il s’agit pour nous de vieux titres, dont certains qui remontent à dix ans, et il est normal que nous ayons envie de leur donner un coté encore plus brutal et direct. Nous avons pris l’habitude de le jouer rapidement pour leur donner encore plus de vie. Pendant l’enregistrement des albums bien sûr, la vitesse est respectée parce que l’ambiance compte énormément. En fait, nous n’avons pas pu nous empêcher d’accélérer la danse. D’ailleurs c’est un peu ma faute, je n’en pouvais plus, sur scène j’en voulais encore plus ! (rires)

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Count D : Comptez-vous sortir d'autres albums live ?

Matte Modin : Non, ce n’est pas l’objectif de Dark Funeral de sortir beaucoup d’albums live ou même d’albums. Comme je te l’ai déjà dit nous avons enregistré presque deux heures de concert. Peut-être les autres titres viendront-t-ils compléter un nouvel album, en bonus, mais nous n’espérons rien d’autre en ce qui concerne un live pour le moment. Le but pour nous a été de montrer que nous étions encore Dark Funeral, que la quête est loin d’être finie. Bref, que nous avions encore beaucoup de choses à dire.

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Count D : Personnellement j'aurais bien vu une piste vidéo sur l'album...

Matte Modin : Bien sûr un ami a pris une bande video, mais c’est quelque chose d’assez peu professionnel. Nous n’avons pas envie de nous montrer sur des bandes vidéos, comme beaucoup de groupes. Et c’est pourquoi n’avons nous pas sortis de DVD. Nous n’aurions pas eu de toute façon l’argent nécessaire à la production d’un tel support. Nous avons déjà payé assez cher pour cet enregistrement. Et tu sais, quand tu as une maison de production qui ne te soutient pas plus que ça…

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Count D : Qu'en est-il du live sorti en split avec Bathory ? était-ce contrôlé et officiel de votre part ?

Matte Modin : Ah oui je m’en souviens. Il s’agit d’un bootleg, ni plus ni moins, et nous n’avons pas eu le contrôle de ce live…

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Count D : Es- tu conscient que Dark Funeral berce un grand nombre de métalleux depuis une dizaine d'année ?

Matte Modin : Oui je pense, sans aucun doute! (rires) En fait nous sommes conscients que beaucoup de groupes ont splitté, se sont dissous et ont perdu vie. Tu connnais The Crown? Et bien voilà deux mois qu’ils ont splittés… Ils étaient des amis à nous, et nous sommes très tristes que des groupes comme ça disparaissent, parfois sans raison. Comme tu dis, effectivement nous sommes connus, et nous luttons contre l’adversité; nous essayons d’être forts face à toutes les raisons qui pourraient venir à bout de groupes de Metal Extrême, comme le business avec des maisons de disques qui s’en mettent plein les poches et ne les soutiennent finalement que très peu. Avec Regain Records tout va bien aujourd’hui. Nous n’avons pas encore discuté du nouvel album ensemble, nous ne savons d’ailleurs pas encore qui va le produire… Nous avons envie de prendre notre temps et de bien choisir.

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Count D : Dark Funeral n'a rien sorti depuis 2001. Préparez vous quelque chose depuis longtemps?

Jontho : Nous avons de nouvelles idées, mais rien n’est finalisé aujourdhui. Nous avons travaillé dans le passé avec Peter Tagtren, et j’espère que nous travaillerons de nouveau ensemble. J’ai envie d’aller en avant, d’avoir plus de visibilité sur Dark Funeral, je ne souhaite qu’une chose: que nous nous surprennions encore nous-même avec Dark Funeral.

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Count D : Avec le temps, quel album semble-t-il le plus représenter Dark Funeral ?

Matte Modin : D’après moi, The Secret Of The Black Arts restera toujours le meilleur album que Dark Funeral aura eu l’occasion de faire. Je ne sais pas ce que les autres membres en pensent, cet avis est personnel. Je sais qu’une partie de ceux qui suivent Dark Funeral depuis dix ans pensent comme moi... C’est un album qui est sorti au bon moment et qui a bénéficié en plus d’une longue période de préparation et d’enregistrement, même si le son reste définitivement underground.

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Count D : Si tu en avais un à refaire ou retravailler, ce serait lequel ?

Matte Modin : Je ne sais pas exactement. En fait je ne veux pas faire comme Testament, qui reprend totalement les chansons d'un de ses albums pour les réenregistrer. Chaque album contient pour moi de très bons morceaux et d’autres moins. Mais en tout cas chaque titre a son propre charme et il est difficile de choisir ce que j’aurais à retravailler si je le pouvais. J’aimerais bien finalement travailler sur un mélange de tout ce qui me tient à cœur dans Dark Funeral.

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Count D : Une tournée est-elle prévue pour bientôt ?

Matte Modin : Je ne sais pas encore, tout peut se jouer d’une semaine à l’autre, tu sais. Mais nous savons dors-et-déjà que nous participerons à quelques festivals cet été.

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Count D : Comment êtes vous perçus en Norvège ?

Matte Modin : Nous y avons joué à plusieurs reprises et nous y avons beaucoup d’amis. C’est vrai que nous ne sommes pas un groupe comme ceux qui réussissent là-bas, notamment Dimmu Borgir, même si nous n’avons pas de problèmes avec eux. Le seul soucis en Norvège est que tout est cher !! Et c’est pourquoi nous aimons beaucoup tourner en Europe, comme en France, qui possède de grands vins et d’autres pays encore bien différents comme la Pologne!

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Count D : Depuis ses débuts, Dark Funeral propose un concept fort et unique: le satanisme. Ne pensez-vous pas avoir tout dit ?

Matte Modin : En fait moi je m’en fous un peu du Satanisme, je ne crois en aucun dieu ni en aucun diable, je ne crois qu’en moi même et j’ai déjà bien assez à faire comme ça. C’est vrai que c’est une question qui revient souvent : "Etes-vous de grands méchants satanistes ?". Caligula et Ahriman le sont réellement, c’est une conviction profonde pour eux, même s’ils le montrent beaucoup moins aujourd’hui en dehors du groupe… Les gens murissent ! (rires) Même si tout le monde sait déjà que ce sont de vrais satanistes… Pour la suite je ne sais pas si le groupe continuera avec ce concept, mais il y a fort à parier que oui, et ce sera à mon avis encore plus intense!

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Count D : Pour conclure…

Matte Modin : Intéressez-vous à cet album live qui représente tout ce qu’est Dark Funeral sur scène, puissant et démoniaque. Et attendez-nous en fin d’année pour une nouvelle offrande encore plus extrême…

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(interview réalisée le 6 Mai 2004 par Count D)


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