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DARK FORTRESS
20 décembre 2005
  
JOURNALISTE :
Aliocha Klodovitch
  
INTERVIEW AVEC :
Azathoth
Chanteur
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On peut dire sans trop hésiter que Séance (cliquez ici pour lire la chronique), nouvel album de Dark Fortress, est un sacré pas en avant pour ce groupe, celui qui sera capable d'en faire autre chose qu'un groupe de black parmi tant d'autres. Azathoth, chanteur et tête pensante du groupe, nous livre quelques détails intéressants sur l'univers de son combo dans cette interview-express.

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Aliocha Klodovitch : Dans une interview, votre guitariste V. Santura affirmait que votre précédent label, Black Attack, ne pouvait pas vous permettre d'exploiter votre potentiel au maximum. Est-ce que vous sentez une amélioration notable maintenant que vous êtes chez Century Media?

Azathoth (chant) : Oui, les choses sont différentes avec ce nouveau label, on sent une ambiance bien plus professionnelle, il y a nettement plus de personnel à notre disposition, là où chez Black Attack, le même mec s'occupait de la gestion des groupes, du courrier, de la comptabilité et du ménage le soir (rires). Ca a bien entendu des répercussions sur la qualité de la promotion.

Aliocha Klodovitch : Votre méthode de composition semble assez inhabituelle pour un groupe de metal, sachant que tu écris toutes les paroles avant que le moindre riff ne soit composé. Généralement c'est plutôt l'inverse...

Azathoth : Oui, mais c'est notre manière à nous d'approcher la musique. L'écriture des paroles permet de définir dès le départ le climat de l'album. C'est plus facile pour les autres musiciens d'écrire de la musique s'ils savent quelle direction prendre, et les paroles sont dans ce cas leur point de repère. Par exemple pour cet album, je voulais quelque chose de noir, de sombre, une ambiance d'horreur que le groupe a su très bien restituer à mon avis.

Aliocha Klodovitch : Toutes vos paroles sont en anglais. En tant qu'Allemand, tu n'a jamais eu envie d'écrire des paroles dans ta langue natale?

Azathoth : Non pas vraiment... C'est pour moi avant tout une question d'esthétique, de sonorités. Je n'aime pas beaucoup les groupes de metal avec des paroles en allemand, souvent ceux qui ne se destinent qu'au public local ou tout simplement ceux qui ne savent pas parler anglais (rires). En fait, je trouve que c'est une langue qui ne colle pas très bien au metal, en particulier au black, et comme je me débrouille en anglais, autant en profiter.

Aliocha Klodovitch : Vous sortez des albums à un rythme plutôt élevé, en gros un album tous les dix-huit mois. Ce n'est pas difficile de trouver l'inspiration, les idées pour de nouvelles chansons avec des délais si courts?

Azathoth : Si c'était si difficile, nous n'aurions pas ce rythme (rires). Plus sérieusement, nous composons sans aucune pression, et je crois que nous est poussés en avant par un désir d'amélioration constante. Dès que nous avons un peu de recul sur un album sorti, on commence à voir les petites trucs qui manquaient, et nous nous empressons de rectifier les choses. V. Santura et moi sommes des personnes plutôt productives, donc ça ne pose pas trop de soucis.

Aliocha Klodovitch : À vos débuts, quels sont les artistes qui vous ont donné envie de vous mettre au black metal, qui ont généré le déclic? Est-ce que je me trompe si je mentionne, entre autres, Burzum?

Azathoth : Oui, tu as tout à fait raison, en ce qui me concerne en tout cas. Je ne suis pas vraiment adepte de l'idéologie que peut véhiculer la musique de Varg, mais j'ai toujours été fasciné par sa capacité à créer de véritables paysages musicaux, que peu ont su imiter. D'une certaine manière, ce nouvel album est sans doute celui de notre discographie qui se rapproche le plus, en terme d'ambiance, de la musique de Burzum: quelque chose de très malsain, froid, mais en même temps captivant et fascinant. On essaye d'avoir une approche assez différente, plus agressive, mais je serai de mauvaise foi si je disais qu'il ne m'a pas influencé. Et bien entendu d'autres grands classiques comme Mayhem ou Immortal.

Aliocha Klodovitch : C'est V. Santura qui est responsable de la production de votre précédent album, mais j'ai cru comprendre que Alex Krull d'Atrocity a été impliqué dans le processus.

Azathoth : Pas vraiment en fait. Une fois de plus, nous avons tout produit et mixé nous-mêmes, et Alex devait s'occuper du mastering. Malheureusement, nous n'étions pas vraiment satisfaits du résultat, il y avait trop de basses à notre goût, entre autres, donc V. Santura a dû tout refaire, et je pense que le résultat est bien meilleur. C'est dommage pour Alex qui a voulu nous filer un coup de main, mais nous avons une vision très précise de notre musique, et nous nous y tenons.

Aliocha Klodovitch : Je voudrais que tu me parles d'un titre qui est un peu à part sur l'album, Incide. Qui en a eu l'idée, quel était l'effet que vous recherchiez?

Azathoth : Oui, c'est un titre assez spécial, je ne sais même pas si on peut parler de musique, c'est plus une plage d'ambiance. Il a en fait été composé par un de nos amis, qui est compositeur professionnel et travaille surtout avec des orchestres, ce genre de trucs. Le but était voulait arriver à un résultat étrange, dérangeant, une sorte de voyage dans le monde des esprits, et j'avais pour directive de m'imaginer mes pires cauchemars et essayer de le retranscrire en des hurlements pas tout à fait humains...

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