26 juin 2007
par Daphne
Soirée événement : Daft Punk en concert. Les pionniers de l'Electro alternatif français sont rares en live et leur dernière tournée ne comptait qu'une poignée de dates en France. Les Eurock de Belfort l'an dernier, et cet été, Bercy et... Nîmes. Méridionale, c'est donc dans l'antique cirque romain que je me suis rendue pour assister à un show exceptionnel, du moins, par sa rareté. En était-il de même pour la prestation ? Vous le saurez bientôt, dans le prochain épisode de Heroes...
Ambiance Electro oblige, un set DJ tourne en attendant le début du concert. Pinaise, c'est grand les Arènes... Une année à Nîmes et je n'y étais jamais entrée, c'est fou ça. C'est Cassius, groupe fort sympatoche d'Electro-Disco-Pop qui ouvre le bal. Ah mais, en fait, y'a que la moitié des Arènes qui sert au concert. Ben oui, les artistes ont besoin de coulisses, et en particulier Daft Punk, pour entretenir leur mystère. Cassius passe, avec instrus s'il vous plaît, et leur bonne humeur est terrible. Mais pas communicative. Le public de Nîmes est à la hauteur de ce qui emplit habituellement la fosse des Arènes : des veaux. Ils sont là pour Daft Punk, attendent leurs idoles, et les pauvres Cassius, aussi cools, aussi déchaînés soient-ils, ont énormément de mal à faire bouger le public. Peut-être qu'avec une cape rouge... C'est à leur départ seulement qu'ils déclencheront la furie, au moment où le chanteur prononcera le nom « Daft Punk ».
Pour la transition, retour du DJ set. La nuit doit être complètement tombée avant que Daft Punk n'entre en jeu, rapport à la mise en scène lumineuse. Derrière un grand rideau, on met en place les rampes et autres écrans. Le public commence à s'impatienter, d'autant que le jour n'est plus, et enfin, c'est l'extinction de la salle, et le rideau tombe. Les veaux meuglent. Enfin, ils se transforment en taureaux... Puis les notes de « Rencontre du 3e Type » se font entendre, laissant présager une expérience extra-terrestre. Une lumière étrange. Un trou noir. Et là, je me suis réveillée deux heures plus tard, gelée (y'a des courants d'air frais), à demi-aveugle et avec un franc mal au cul. Sauf que non, l'expérience extra-terrestre n'a pas eu lieu. Juste deux bonzes déguisés, dans une pyramide, qui balancent un mix. Le son est sublime, puissant. Les effets de lumières niquent leur mère (et mes yeux au passage). Les oreilles vont bien, les boules Quiès, je ne le répèterai jamais assez, sont magnifiques pour profiter pleinement de la musique, et encore plus quand c'est réglé au poil comme ça l'était. Le mix est intéressant, avec la traditionnelle ouverture sur "Robot Rock". Mais c'était quasiment le même mix à Belfort et à Paris. La mise en scène lumières est très synchro, et bien trouvée. Un show parfaitement huilé. Pas de set-list à établir, puisqu'au passage, les titres des Daft Punk sont mixés entre eux, de façon toutefois tout à fait cohérente et efficace. Les deux bonhommes sont dans ce qu'ils font et, même si l'on ne voit pas leurs visages, semblent, de par leur mouvements de têtes, bien s'amuser. En dehors d'une petite perte de vitesse en milieu de set (deux morceaux lents qui ont un eu cassé le rythme), c'est parfait. A noter la présence de deux reprises : "Smalltown Boy" de Bronski Beat, et "Music Sounds Better With You" de Stardust.
Mais il y a un « mais ». Et ceux, dans le public, qui avaient été à Bercy, l'ont remarqué : les veaux spectateurs n'ont jamais atteint le stade « taureaux ». Au mieux, ils sont restés vachettes. Un peu nerveux, mais pas impressionnants pour deux sous. Du coup, l'ambiance n'est pas particulièrement extraordinaire et le concert ne décolle pas vraiment. Plusieurs raisons : le public présent ne semble pas faire partie des hard-fans de la première heure, puisque les morceaux issus du premier album (et le meilleur, une bombe) rencontrent un succès mitigé, au contraire de ceux issus de Discovery (c'est l'hystérie sur "One More Time"... mais... ce morceau est nul !) ou de Human After All (un bousin). Ensuite, il est probable qu'une grande partie des spectateurs ait déjà assisté à leurs concerts précédents, la magie n'opérant donc plus autant qu'à Belfort par exemple (qui fut leur première date depuis 6 ans). Et peut-être aussi que certains ne se sont pas remis de la Feria de Pentecôte. La conséquence, c'est que le rappel est bref, et très protocolaire...
Ce que j'en retire ? Pas grand-chose. Un grand bravo à Cassius qui a été très patient, à Daft Punk qui a réussi à mener le spectacle au bout, et aux trois péquins qui ont, malgré l'amorphisme ambiant, réussi à décoincer un peu le public. Par moments. Rares. Comme Daft Punk.

