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Comment évoquer un
grand chanteur comme Zak Stevens sans parler des huit années que le
bonhomme a passé au sein de Savatage? C'est impossible car il s'est
forgé une personnalité aux côtés de la légende vivante Jon
Oliva. En écoutant ce qu'il fait avec Circle II Circle, il est
impossible de ne pas penser à Savatage tant ce power metal
théâtral, lyrique et bougrement heavy rappelle la seconde période
de ce groupe qui fut à une époque composé par deux frangins
géniaux. Après un remaniement total des musiciens qui
l'accompagnent, Stevens a pu enregistrer son second album avec
Circle II Circle, The Middle Of Nowhere, qui fait suite au très
apprécié Watching In Silence.
De toute évidence, The Middle Of Nowhere
amène le groupe à un nouveau stade. Le chant est encore plus
sévère (oui, c'est possible) et maîtrisé. On sent que Zak Stevens
a pris ses marques et s'est fait à l'idée que dorénavant il
était le véritable leader de son groupe. D'où un album nettement
plus heavy où les guitares font le forcing. Bien entendu, l'album
présente beaucoup de mélodies très soignées, notamment lors de
refrains majestueux. Certaines chansons possèdent même un sacré
groove dans les riffs, ce qui est assez original pour du Circle II
Circle où tout revient généralement au chanteur. Je pense ici
à Cynical Ride et à ses rythmiques sautillantes ou même à Hollow et
son riff très "old school" à la Van Halen.
On restera
légèrement frustré sur les morceaux tels que Open Season ou
Holding On qui sont un peu trop directs et ne laissent pas assez de
place au feeling débordant de Zak Stevens, en particulier dans les
couplets. Le résultat est bien plus séduisant sur l'ouvreur
fantastique, In This Life, où l'on retrouve les ambiances feutrées
propres à Savatage pour ensuite laisser place à une seconde partie
heavy et entraînante où lyrisme et grosses guitares font l'amour.
Les seuls autres moments de The Middle Of Nowhere où le tempo se
fait plus lent est sur le trio final Faces In The Dark, le
morceau-titre et enfin la splendide ballade qui ferme le disque:
Lost. La guitare acoustique y accompagne tranquillement la chaude
voix de Zak dans un style dépouillé et franchement imparable.
Comme sur quasiment tout nouvel album de Savatage ou de
ses membres on retrouve sur The Middle Of Nowhere un canon. Cela
commence à devenir vraiment énervant d'autant plus que celui
présenté ici est relativement pauvre. Comment de toute manière
égaler le passage mythique du titre Chance, resté dans toutes les
mémoires? Lors du morceau-titre, le canon parvient à
"détruire" une bonne power ballade qui avait jusque-là
montré de belles choses mélodiquement. Certes, on sent un
pincement de nostalgie en pensant à Chance mais la pauvreté des
arrangements du final de The Middle Of Nowhere nous fait rapidement
oublier cette chanson. On ne fera toutefois pas subir le même
traitement à l'album qui confirme tout le bien que l'on pouvait
penser de Circle II Circle.
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