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Alors qu'une grande
partie de la rédaction et des habitués du forum des Immortels se
rendaient en pèlerinage à la Loco pour pouvoir témoigner de toute
leur dévotion envers Opeth ou Burst, votre dévoué serviteur tira
à la courte paille le droit d'avoir l'immense honneur de faire un
compte-rendu de l'autre grand évènement métallique parisien du
jour. Un concert au potentiel de triple baffe vu la réputation de bêtes
de scène pour deux des groupes présents (Chimaira et Hatesphere)
ainsi que la grande admiration vouée par votre serviteur au troisième
(Dark Tranquillity donc).
Tout
commence à peu près à l'heure prévue avec Hatesphere, groupe
dont le thrash/death pas très raffiné prend tout son sens sur scène
devant un parterre rempli de metalleux avides de pogos. Et ça ne
rate pas, car dès les premiers accords joués par les Suédois la
fosse commence à s'agiter dans tous les sens et un Trabendo bien
rempli semble attentif et enthousiaste devant une prestation si énergique
(en particulier mon voisin se livrant une démonstration d'air-drum
très convaincante). En bon frontman, le chanteur haranguera la
foule durant toute la première partie du set en incitant tout le
monde à s'approcher un peu plus de la scène entre les chansons, ou
même pendant. Le son sera assez correct quoiqu'un peu approximatif
avec une batterie couvrant un peu trop les autres instruments, et
des guitares pas toujours très audibles dans les passages les plus
rapides. L'agitation dans la fosse retombera progressivement, ce qui
n'empêchera pas le chanteur de se jeter deux fois dans les bras du
public tout en continuant à pousser sa gueulante. Le set sera assez
court (pas plus de sept ou huit chansons), ce qui vaudra moult
excuses de la part du frontman vers la fin de la prestation.
Après
un rapide changement de matériel, c'est au tour de Dark
Tranquillity de faire son petit comeback sur les planches françaises
que le groupe n'avait pas foulé depuis longtemps. Mikael Stanne ne
manquera d'ailleurs pas de rappeler entre chaque titre au public à
quel point il trouve celui-ci merveilleux et à quel point son
accueil lui avait manqué, tout en annonçant chaque titre joué (ce
qui, il faut le reconnaître, est bien pratique pour dresser la
set-list). Le son ne rendra pas pleinement hommage à toutes les
subtilités des compositions des vétérans du death mélodique,
notamment à cause d'un clavier un peu trop en retrait, mais cela
n'a pas grandement nui à la qualité du show. L'interprétation fut
sans failles, notamment de la part du chanteur qui assura non
seulement ses parties les plus agressives avec une énergie et une
hargne exemplaires, mais aussi du chant clair présent sur deux
titres (ThereIn et To A Bitter Halt) de manière fort honorable. Le
choix des titres se concentrait sur les deux derniers albums, mais
Dark Tranquillity s'offrit le luxe de piocher un peu partout dans sa
discographie, et interpréta quelques vieilles chansons comme
Zodijackyl Light et Punish My Heaven. Le public fut de son côté très
réceptif, et même si la musique n'appelait pas forcément au pogo
sauvage, cela fut compensé par des acclamations et des
applaudissements nourris. Un peu plus d'une heure de concert, et les
suédois pouvaient se retirer la tête haute, ayant dûment rempli
leur contrat.
Enfin,
le tour était venu pour Chimaira de démontrer la légitimité de
sa place en tête d'affiche et faire preuve de ses capacités à
faire bouger les foules. Disons-le tout de suite: leur place et
leur réputation, ils ne les ont pas volés, et on le comprend dès
le titre d'ouverture, Nothing Remains. Compos très bien adaptées
à l'exercice du live à l'appui, s'ensuit une démonstration de ce
que doit être un set carré et énergique. Les hurlements du
chanteur sont impressionnants de férocité, la double grosse caisse
fait trembler le sol, le guitariste solo fait preuve d'un doigté
assez phénoménal tandis que la section rythmique fait pogoter un
public acquis d'avance à leur cause. Si l'on exclut de légers
problèmes avec le volume (ou plutôt son absence) au début du
troisième titre, tout se passe comme sur des roulettes, et les fans
accompagnent les refrains de certaines chansons à la demande du
chanteur, donnant une ampleur supplémentaire au show. On regrettera
seulement l'absence d'un petit rappel, mais le groupe clôtura quand
même en beauté cette soirée où la qualité des représentations
allait crescendo.
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