Cosmic Camel Clash : C'est la
première interview de Carnival In Coal pour le site… J'ai donc
marqué comme première question "retour histoire groupe
blablabla". A toi.
Axel Wursthorn
(instruments) :
(ton narratif) Nous
commençâmes il y a bien longtemps... Bon, Arno et moi nous nous
connaissons depuis 1989, ça fait seize ans que nous faisons de la
musique ensemble. C'est une grande histoire d'amitié donc,
d'amour aussi d'ailleurs mais je n'irai pas plus loin... Nous
avons fait quelques groupes dans la veine Faith No More, Prong, ce
qui se faisait à l'époque dans le genre fusion. En 1995 Arno est
venu avec l'idée de faire un side-project qui s'appellerait
Carnival In Coal et qui serait une musique impossible à faire sur
scène, en ne se fixant aucune limite. "Carnaval dans le
charbon" oppose le côté festif voire sensuel du carnaval au
charbon, la mine, le noir, l'amiante, etc... Au départ l'idée était
de lier deux styles n'ayant rien à faire ensemble, le black-metal
et la disco, ce qui n'avait jamais fait à l'époque.
Nous nous sommes dits
"si ça fait rigoler nos copains ce sera déjà ça de gagné".
De fil en aiguille nous avons fait de plus en de morceaux qui ont
intéressé de plus en plus de monde, dont un label. Ils ont sorti
notre première démo Shranik, qui a fait le tour des fanzines et
généré un petit buzz, et un label parisien (War On Majors) a
sorti Vivalavida. L'album s'est très bien vendu, et nous ne nous
attendions pas à ça du tout! Nous faisions uniquement ce que
nous avions en tête et soudain, les gens ont aimé, ça a été
un peu déstabilisant! Puis ça a été interviews, gnagnagna... Ce
qui est marrant c'est que nous avons obtenu avec ce groupe-là ce
que nous n'avions jamais pu obtenir avec nos groupes précédents
qui étaient beaucoup plus "commerciaux". Hard-Rock
magazine en particulier a mis le paquet, ainsi que Metallian. Nous
avons enchaîné très vite avec French Cancan et Fear Not.
Cosmic Camel Clash : Sur
votre site web le long délai entre Fear Not et Collection
Prestige est justifié par "le besoin de laisser respirer le
processus créatif"... C'est fort joliment dit...
Axel Wursthorn
: C'est joli hein? Superbe
formule d'Arno... Nous avions enchaîné trois albums très
rapidement, c'était un peu gavant à force. Il fallait que nous
arrêtions un peu, que nous fassions d'autres expériences pour
pouvoir ensuite nous réunir plus amoureux que jamais. Entre temps
notre label a fermé ses portes, donc il a fallu rechercher un
nouveau label.
Arno
Strobl (chant) : Ça faisait douze ans
qu'Axel et moi ne nous étions pas lâchés d'une semelle et que
nous faisions de la musique ensemble, donc il fallait qu'on
souffle. Nous ne voulions pas non plus que Carnival devienne une
parodie de Carnival et se mette à tourner en rond. Ce qui peut
arriver de pire à un groupe décalé comme Carnival In Coal,
c'est de devenir prévisible.
Cosmic Camel Clash : Pour ce
qui a été de chercher un nouveau label, vous ne vous en êtes
pas trop mal sortis (ndCCC: le groupe est signé sur le
prestigieux label à dominante extrême Earache)!
Axel Wursthorn
: Ce sont eux qui sont venus
nous chercher! Un matin j'ai reçu un mail d'un type qui disait
"alors, qu'est-ce que vous devenez?". Je réponds que
nous cherchons un nouveau label, et le lendemain il me répond qu'il bosse pour Elitist, sous-division d'Earache et qu'il veut
nous signer. J'ai passé pas mal de temps à chercher quel pote était
en train de me faire tourner en bourrique, je n'y croyais pas! En
fait le type nous suivait depuis nos débuts, et il nous a dit
clairement qu'il nous voulait pour plusieurs albums. J'en ai laissé
tomber ma tasse de lait. D'où Collection Prestige qui arrive le
27 juin dans les bacs. C'est un peu un conte de fées!
Cosmic Camel Clash :
L'album, comme les autres, a été enregistré et produit par toi
dans ton studio Walnut Groove. Est-ce que le fait d'être signés
chez Earache a changé vraiment quelque chose au niveau du
processus d'enregistrement, des moyens ou de l'artwork?
Axel Wursthorn
: Pas vraiment. Il y a eu
plus de moyens, mais dus au fait que mon studio (c'est mon métier)
s'est agrandi pendant ces quatre ans indépendamment de ça. J'ai
récemment produit Wormfood dont l'album sort en Octobre, ainsi
qu'Ashura... Enfin, tout ça pour dire que nous avons fait cet
album exactement comme les précédents, si ce n'est que nous
avons pris plus de temps car nous voulions sortir du son un peu
synthétique de Fear Not...
Cosmic Camel Clash : … Album sur lequel Arno et toi aviez travaillé séparément.
Axel Wursthorn
: Oui, ça a été une période
un peu difficile... Arno avait beaucoup de travail et moi aussi,
nous n'avons pas vraiment eu le temps de nous retrouver. Nous nous
sommes envoyés les morceaux et nous avons travaillé dans notre
coin. Pour Collection Prestige nous avons vraiment travaillé en
symbiose, comme pour Vivalavida: nous voulions retrouver la
complicité propre à cet album, et le résultat est là. C'est
vraiment un album qui nous plaît à tous les deux, il correspond
à ce que nous avions tous les deux en tête.
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Cosmic Camel Clash : Arno
m'a dit être l'élément le plus metal du groupe. Doit-on en
conclure que tu en es l'élément le plus disco/funk?
Axel Wursthorn
: Pas forcément, car Arno
est un gros fan de disco. En fait c'est plus dans nos goûts
musicaux que ça se joue: j'écoute énormément de jazz, de pop,
de groove... Arno est resté plus métal. J'en écoute moins, ce
qui est dommage car des trucs vraiment incroyables sortent en ce
moment comme Queens Of The Stone Age et surtout The Mars Volta que je
suis depuis pas mal de temps. Arno est resté très fan de la scène
extrême. En tout cas il y a des groupes chez Elitist qui nous
plaisent beaucoup, comme Frantic Bleep. Ce label présente des
groupes vraiment intéressants... J'ai aussi aimé Wolverine. Je
suis resté un grand fan des groupes signés par Earache dans les
années 80/90, Carcass, Morbid Angel et compagnie, les groupes qui
faisaient peur à l'époque! Pour moi ces groupes ont tout dit!
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Cosmic Camel Clash : Arno,
en combien de fois enregistres-tu une chanson? Tu combines un
nombre étourdissant de registres...
Arno
Strobl : Exactement, et je fais une
prise par registre au moins. J'enregistre le chant black, puis le
chant death, puis le chant clair... une chanson de CinC ne
requiert jamais moins de deux prises, et ça peut aller jusqu'à
vingt! Sur le refrain de la chanson D.O.A on entend une grosse
nappe que beaucoup de gens prennent pour du synthé alors qu'il
s'agit de douze voix superposées qui font
"aaaaaahhhhh". Il n'y a pas de limites en fait, tout dépend
du morceau et de ce qu'il réclame. Pour les intermèdes parlés
il s'agit souvent de moi, à part quelques samples et Axel qui
fait si bien cette voix de présentateur de réclame des années
50 (ndCCC: "langue de chien, langue de médecin!" ou
"Cadillac 1958, le sommet en matière de voiture
automobile!").
Cosmic Camel Clash : Parlons
du titre "Right Click, Save As..." qui traite du téléchargement.
Pourrais-tu reformuler la position du groupe par rapport à ce phénomène?
Les deux dernières lignes du texte reprennent un argument souvent
avancé par les anti-téléchargements, à savoir que si tu voles
un bout de pain tu te feras arrêter, donc que pour la musique
c'est idem.
Arno
Strobl
: Nous ne sommes pas du tout
contre le téléchargement, ce n'est pas le sujet de la chanson.
La chanson parle de certaines personnes qui décident comme ça de
télécharger absolument tout et n'importe quoi parce que c'est
gratuit et de se faire la plus grosse collection de disques du
monde même avec des trucs qu'ils ne vont jamais écouter. C'est
de ces gens-là dont nous parlons dans le morceau, ceux qui
partent dans une optique de collectionneur à la con vu qu'ils ne
savent même pas ce qu'ils collectionnent. C'est le même principe
qu'à l'époque des premiers portables: t'appelais n'importe qui
de n'importe où pour le plaisir de dire "devine d'où je
t'appelle?", même des gens que t'aurais jamais appelés en
temps normal! A chaque avancée technologique tu as toujours des dérives
au tout début. L'argument du vol est un peu facile... Certains
groupes font un choix, et si Carnival en était à ses débuts je
dirais sûrement aux gens "téléchargez-nous, gravez-nous,
mettez-nous sur les P2P", ça peut permettre de te faire
connaître. Le summum est la logique "je télécharge un truc
et si ça me plaît j'achète"... ce que tout le monde dit
faire et que personne ne fait (rires).
Axel Wursthorn
: Le MP3 ne va pas disparaître
du jour au lendemain, il faut faire avec. C'est un bon moyen de
communication et de promotion. Je n'y vois aucun inconvénient. Le
problème c'est quand l'album de Meshuggah sort sur le Net avant même
que le groupe ne sorte du studio, là c'est au label et aux mecs
du studio de ne pas faire ce genre de connerie. De toutes façons,
comme tu l'as compris, ce sont les chroniqueurs qui mettent les
albums en ligne, ce sont eux qui ont les disques en qualité
optimale avant leur sortie. Je savais que dès que les CDs promos
arriveraient aux journalistes l'album se retrouverait en ligne au
maximum une semaine après, et ça n'a pas loupé. Et ça ne m'empêche
pas de dormir! Beaucoup de gens achètent du MP3 pour se
familiariser avec un album avant de vraiment de l'acheter. Nous
n'avons pas spécialement fait un bel artwork pour contrer les téléchargement,
MP3 ou pas nous l'aurions fait comme ça, nous voulions quelque
chose de soigné. Moi j'aime bien acheter un CD car j'aime avoir
l'objet, le livret, les paroles...
Cosmic Camel Clash : Ne pensez-vous
pas d'ailleurs qu'il est indispensable de parler Anglais et
d'avoir les paroles sous les yeux pour vraiment rentrer dans le délire
Carnival In Coal?
Arno
Strobl
: Pour apprécier 100% du délire
Carnival, oui. On peut apprécier aussi le groupe sans se plonger
dans les textes, mais pour profiter totalement des titres et
s'imprégner de l'esprit CinC il faut les paroles. Le fait
qu'elles fassent partie intégrante de notre démarche m'évite de
pleurer le soir quand je m'endors en me disant "j'écris des
textes et tout le monde s'en branle!".
Cosmic Camel Clash :
Avez-vous resserré votre style sur Collection Prestige? Je
m'explique: il est impossible de prévoir comment une chanson va
finir dans Vivalavida, alors qu'on trouve sur le dernier album des
morceaux entiers dans le même style.
Arno
Strobl
: Nous avions envie de faire
toujours autant de mélanges, mais plus à l'intérieur même des
chansons. Nous voulions un album super varié, un patchwork de
plein de choses, mais avec des vraies chansons dans des styles
plus marqués, c'était un parti-pris. Ça ne veut pas dire que
nous garderons cette ligne directrice dans le futur.
Axel Wursthorn
: Nous avons voulu
travailler différemment. Prends Cartilage Holocaust, c'est un
morceau funk/disco hyper commercial avec des paroles gores
immondes! Ça nous faisait marrer aussi de sortir un morceau disco
chez Earache. Idem pour le dernier morceau, Promenade, il n'ont
jamais eu un morceau atonal piano/violon sur leur label!
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Cosmic Camel Clash : Je me
suis amusé à lister les nouvelles orientations musicales sur
Collection Prestige: on a le jazz manouche sur Satanic Disaster,
le zouk-metal d'Ohlala, la pop pure de Delivery Day... Y a-t-il
des genres que Carnical In Coal ne tentera jamais de lier au métal extrême?
Axel Wursthorn
: Il n'y a aucune censure
dans Carnival, nous pouvons insérer n'importe quoi. La seule
restriction, c'est qu'il faut que les pièces du puzzle marchent
entre elles. Nous avons abandonné certains enchaînements qui ne
marchaient absolument pas: la logique du morceau passe avant tout.
Nous pourrions essayer de la polka ethnique, de la musique
chinoise... Aucune contrainte sauf l'efficacité de la compo, si
ça fonctionne pour nous deux nous gardons.
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Cosmic Camel Clash :
D'ailleurs, il semble que votre pivot principal, le metal extrême,
est lui-même en mutation: on trouve du thrash, du heavy, du
speed...
Axel Wursthorn
: Oui, c'est un processus
conscient. Nous ne voulions pas nous répéter par rapport à Fear
Not, et nous avons écouté beaucoup de métal. Il y a un gros
retour à ça en ce moment, avec des groupes comme The Darkness.
Nous nous sommes aperçus que nous n'avions pas exploité toutes
les possibilités du métal. Nous sommes donc allés vers des
trucs plus traditionnels, du black traditionnel au hardcore, le
solo de guitare de la fin de The Lady And The Dormant Sponge ainsi
que le passage en chant heavy-metal suraigu.
Cosmic Camel Clash : L'invité
sur ce titre ne joue que le solo? Car le riff ultraspeed de la
partie centrale est totalement monstrueux!
Axel Wursthorn
: Oui, c'est moi qui joue ce
riff... En fait il y a quatre guitares qui jouent la même chose,
d'où l'impression de mur sonore. Ma main droite est paralysée
aujourd'hui (rires) (ndCCC: suite à un accident de sport, la main
droite d'Axel a effectivement doublé de volume au moment de
l'entretien), ça va avec l'imagerie absolument immonde de
certains titres.
Cosmic Camel Clash : En
parlant d'imagerie, l'artwork de l'album est hilarant. Comment
cette imagerie Lion's Club, très sélect, ainsi que les
minuscules détails rigolos de l'intérieur du livret vous
sont-ils venus à l'esprit?
Axel Wursthorn
: Ah là là, comme tu
rebondis, tu es très très fort (rires). Pour le livret, pas mal
de gens n'ont rien vu, donc on ne dira rien! C'est la petite
surprise... (voix grave) Regardez bien le livret! La thématique
est le luxe, le prestige mais un prestige de pacotille à deux balles. C'est un peu l'ambiance Ferrero Rocher,
Richard Clayderman qui a loupé une marche ou qui s'est assis dans
de la merde. Le luxe avec quelque chose qui cloche vraiment.
Cosmic Camel Clash : C'est
un peu votre réalité habituelle, non? Strass, paillettes,
champagne...
Axel Wursthorn
: (du tac au tac) C'est
notre vie quotidienne, t'imagines, comme tout groupe de rock français.
Les femmes, les soirées, les hôtels... Aujourd'hui j'ai pris la
Lamborghini car la Porsche est restée au garage. Tu m'excuseras
de ne pas t'avoir encore offert de rail d'ailleurs... C'est Arno,
il a tout sniffé, il est totalement intenable. En tout cas c'est
cette idée du luxe d'apparence, boucles d'oreilles en plastique,
fringues en faux cuir...
Cosmic Camel Clash : Il y a
presque un invité par titre, pourquoi donc?
Axel Wursthorn
: Ce n'est pas vraiment
nouveau, nous avions déjà des invités sur les autres albums,
mais peut-être pas autant. Quand nous tombons sur quelqu'un avec
qui nous nous entendons super bien et qui a des compétences que
nous n'avons pas comme jouer du violon, nous l'invitons. Ça
permet de mettre moins de synthé sur l'album.
Cosmic Camel Clash : D'où
le fait que Collection Prestige est votre album le plus organique?
Axel Wursthorn
: Ah oui, c'est beaucoup
plus chaud… C'est joué par des humains, pas par des machines.
Il y a beaucoup plus de guitare, la boîte à rythmes sonne moins
boîte à rythme... Ce sera encore plus le cas sur le prochain,
s'il n'y a pas un vrai batteur d'ailleurs. C'est en projet, nous
avons eu des mails de Dave Lombardo, Gene Hoglan (sourire)...
Nous
tendons vers ça en tout cas: la basse est vraiment jouée alors
que sur Vivalavida elle était souvent produite par un séquenceur
pour des raisons de temps et de moyens. Les machines sont là pour
faire ce que nous ne pouvons pas faire, c'est tout.
Cosmic Camel Clash : Arno,
tu m'as dit que votre musique n'est pas parodique. Plaît-il?
Arno
Strobl : Depuis tout à l'heure,
plein de gens me disent "ah ouais, mais vous vous moquez de
tel ou tel style, du black, etc...". Nous ne nous moquons de
rien dans Carnival. A la limite nous mettons en avant certains
clichés qu'on peut trouver dans le métal, exactement de la même
façon qu'on peut avoir un meilleur ami dans la vie, le connaître
par cœur, et se moquer de ses défauts de temps en temps. Je fais
super gaffe au mot "parodie" car c'est tellement associé
à "moquerie" ou "tournage en dérision" que
les gens se vexent. The Lady And The Dormant Sponge (ndCCC: suite
de A Swedish Winter Tale sur Vivalavida) se place dans les textes
à la Sabbat ou Rhapsody avec ce côté heroic-fantasy, le héros
qui part en quête...
Dans Satanic Disaster il n'y pas de parodie
non plus. N'importe qui ayant joué dans un groupe de rock, et pas
seulement de black-metal, va lire le texte et être mort de rire
car tout le monde l'a vécu. Louer une camionnette pour aller
jouer à l'autre bout de la France et arriver dans un bistrot désert
dans lequel on ne veut parfois même pas te laisser jouer, tout ça
pour être payé un sandwich et une bière... En plus des années
plus tard, comme le dit la fin de la chanson, les zicos sont
devenus assureurs ou pizzaiolos et ils ne renversent plus le
crucifix. Ça fait plus de dix ans que nous sommes dans le circuit et je peux te dire que nous
avons été underground de chez underground... Et des mecs qui
crachaient le feu sur scène le visage maquillé de corpsepaints
et qui sont aujourd'hui devenus profs avec deux gosses, nous en
connaissons pas mal! Nous ne nous moquons pas, ou alors avec
beaucoup de tendresse. Je ne veux pas que nous passions
exclusivement pour un "joke band". Il y a des morceaux
pas drôles sur l'album!
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