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Les projets c'est bien et quand ils se démarquent du groupe d'origine de son fondateur c'est mieux. C'est sûrement en partant de ce constat que Joacim Cans a mis sur pied sa dream team qui allait l'aider à matérialiser ses idées sur Beyond The Gates (cliquez pour lire la chronique). Les non-fans d'Hammerfall feraient bien de poser une oreille sur cete galette car ils risquent d'être très agréablement surpris...
Lordlatem : Le line-up de Cans fait figure de dream team du metal. Comment t'est venue l'idée de rassembler ces six musiciens et comment y es-tu arrivé ?
Joacim Cans (chant) : En fait, je connais la plupart de ces gens personnellement depuis quelque temps. Mark Zonder de Fates Warning est un de mes batteurs préférés de tous les temps. J'ai grandi en l'écoutant d'abord dans Warlord puis dans Fates Warning. Nous sommes devenus très amis et il s'est rapidement imposé dans mon esprit car je voulais un batteur qui puisse se sentir à l'aise dans les parties progressives ainsi que dans les parties rock. J'ai rencontré Mat Sinner en 1997 lorsque Primal Fear a été signé chez Nuclear Blast. J'ai toujours admiré ce type à travers ses albums de Sinner. Son style de basse très rock n' roll complète à merveille l'attitude plus progressive de Mark Zonder. Stefan Elmgren est mon compère d'Hammerfall avec qui je travaille depuis dix ans. Je sais qu'il est capable de jouer des choses plus compliquées que ce qu'il fait dans Hammerfall et c'était l'occasion de le prouver. C'est un des meilleurs guitaristes de notre temps. Pour le seconder, je voulais un guitariste complétement différent qui joue plus sur la corde de l'émotion. J'ai choisi Metal Mike Chlasciak du groupe Halford. C'est génial car les deux guitaristes se sont bien entendus en studio! Aux claviers nous avons un italien, Daniele Sorviano, relativement inconnu. C'est très bien d'avoir plein de gens super connus dans son groupe mais je voulais également de quelqu'un d'à la fois talentueux et qui ne soit pas une star pour que Cans lui permette de sortir de l'ombre.
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Lordlatem : En tout cas, Cans semble fonctionner comme un vrai groupe ce qui n'était sûrement pas gagné d'avance...
Joacim Cans : Oui, vraiment. Même si c'est un album solo, l'"esprit de groupe" est omniprésent. Je ne suis pas seul dans ce groupe, par conséquent je ne serai donc pas le seul à recevoir d'éventuels éloges.
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Lordlatem : Quand est-ce l'idée de faire un album de Cans t'est venue ?
Joacim Cans : Ca s'est passé pendant la tournée d'Hammefall pour la promotion de l'album Crimson Thunder. J'ai réalisé pendant cette tournée que je gaspillais beaucoup de temps à ne rien faire. J'ai donc pensé à un album solo petit à petit. Un soir à Lyon j'ai vraiment réfléchi au problème en me demandant dans quelle direction je voulais aller et comment j'allais m'y prendre. Tout de suite j'ai saisi l'opportunité pour faire figurer dans ce futur album des idées qui n'auraient pas pu aller dans la musique d'Hammerfall. De plus, une fois que cet album sera sorti, je serai frais et dispo pour amener de nouvelles idées pour Hammerfall. En tout c'est amusant de constater qu'en une soirée à Lyon j'ai réussi à me décider sur le line-up entier du groupe ainsi que sur les compositeurs. Par la suite, j'ai contacté tout le monde et les réactions ont été enthousiastes.
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Lordlatem : Tu as co-écrit chaque chanson (à part Forever Ends où tu n'as pas pris part à l'écriture) avec différentes personnes. Comment cela s'est passé ? Composais-tu une démo de chaque titre à partir de laquelle travaillaient les autres compositeurs ?
Joacim Cans : Le truc c'est que je ne suis pas un bon guitariste. Il faut que l'on m'aide à trouver de bons riffs de guitare. Mon rôle, à quelques exceptions près, se limite aux lignes de chant et aux paroles. Pour la musique et les riffs, je préfère laisser cela à des gens bien plus compétents que moi. C'est pour cette raison que j'ai invité tant de compositeurs différents pour Beyond The Gates. Je voulais également que l'album soit cohérent et qu'il ne sonne pas comme une simple compilation. On sent que durant l'enregistrement de cet album ce sont quelques amis qui se sont amusés à jouer de la musique. Mon ambition n'est pas de vendre autant de disques qu'avec Hammerfall. En tout cas, je souhaite sortir d'autres albums de Cans.
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Lordlatem : Y a-t-il des mélodies sur cet album que tu avais en toi depuis des années mais que tu n'avais jamais pu utiliser dans tes groupes ?
Joacim Cans : Oui pour ce qui est des mélodies sombres et des influences progressives car ce sont des choses qui ont toujours été présentes dans ma personnalité. Je suis fan de metal au sens large, tu sais. Avec Hammerfall nous sommes quelque peu restreints car nous avons un "cahier des charges" à remplir pour satisfaire notre très grande fan base. Cela rejoint ce que je disais toute à l'heure: pour pouvoir être encore meilleur avec Hammerfall, il fallait que j'évacue certaines idées qui sont représentées dans cet album.
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Lordlatem : Les influences progressives sont relativement nombreuses sur Beyond The Gates. Est-ce que c'est Mark Zonder qui t'a poussé dans cette direction ?
Joacim Cans : Les influences progressives restent des influences. Je ne voulais pas faire une chanson de vingt minutes car je trouve cela très ennuyeux mais je souhaitais plutôt ajouter des breaks et des structures plus complexes dans la musique. C'est en ce sens que je pense qu'il y a des relents progressifs. Quant à Mark Zonder, ce type est tellement bon qu'il peut te faire passer une mesure 4:4 toute simple pour une structure progressive complétement allumée (rires). C'est exactement pour cela que j'ai choisi Mark, pour sa façon unique de jouer.
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Lordlatem : En ce qui concerne l'aspect sombre de la musique de Beyond The Gates, qu'est-ce qui inspire ce côté-là de ta personnalité ?
Joacim Cans : C'est une question délicate! Si on parle des paroles aussi, on peut dire qu'elles sont très noires sur cet album et qu'elles ressemblent toutes à un petit film d'horrreur. Pour la musique c'est plus difficile à dire! J'aime tout de Genesis avec la chanson Dreams de l'album jusqu'au metal moderne tel qu'il peut être représenté sur les titres Soul Collector ou Back To Hell. Il est impossible d'isoler quelques groupes, compositeurs ou musiciens quand la musique que je fais est le résultat d'un énorme melting pot.
Lordlatem : Peux-tu préciser le contenu général des paroles de l'album ?
Joacim Cans : Elles traîtent toutes de thèmes de films d'horreur. Fields Of Yesterday parle d'un vortex menant au monde des morts. Mais quelque chose va mal se passer... Dans Soul Collector je me mets dans la peau d'un tueur en série qui va assassiner sa prochaine victime. Red Light parle d'une chasse aux sorcières où je suis accusé à tort d'être un sorcier. On me brûle mais quatre cent ans plus tard je reviens pour me venger. J'ai pris ici trois exemples mais tout l'album decline ce genre de thème avec les maisons hantées, les cauchemars etc.
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Lordlatem : Quelles sont les chansons dont tu es le plus fier sur ce disque ?
Joacim Cans : Je les aime vraiment toutes car elles représentent toutes quelque chose pour moi. Toutefois à l'heure actuelle ma chanson préférée est The Key parce qu'elle est tellement différente (rires). Je suis sûr que personne ne s'attendait à un titre de ce style là sur mon album solo. Je n'ai jamais entendu un truc pareil. The Key possède un petit côté industriel qui tranche avec les lignes de chant qui sont les plus mélodiques de tout l'album.
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Lordlatem : Y a-t-il des chansons qui étaient destinées à Hammerfall ?
Joacim Cans : Oui, Mat Sinner avait composé un truc il y a longtemps. C'est devenu le titre Merciless. Mais à l'époque je ne trouvais pas que ce morceau était dans le trip Hammerfall. Comme je le disais toute à l'heure, nous avons un "cahier des charges" à respecter pour Hammerfall et Merciless n'y répondait pas. Par la suite, j'ai rajouté des guitares dans le titre pour le démarquer encore plus de Hammerfall. A part Merciless tout a été écrit pour Beyond The Gates.
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Lordlatem : Pourquoi avoir mis Fields Of Yesterday en ouverture de l'album alors que c'est le titre qui ressemble le plus à Hammerfall ?
Joacim Cans : Non je ne trouve pas que ce titre ressemble à du Hammerfall. Le riff de guitare en intro est très agressif, presque orchestral ce qui serait impossible dans Hammerfall. Le refrain en revanche est similaire à du Hammerfall car il est très mélodique. Je trouve Fields Of Yesterday assez original et je suis sûr que si je l'avais mis dans un album d'Hammerfall, les fans auraient été décontenancés.
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Lordlatem : Red Light est le single du nouvel album. Pourquoi ton choix s'est-il porté sur cette chanson ?
Joacim Cans : C'est juste un single radio avec un vidéo, en réalité. Il n'y aura pas d'EP commercialisé pour Red Light. Je voulais une chanson avec un bon refrain et une forte mélodie. Pour moi Red Light est le meilleur choix pour représenter l'album. La vidéo que nous avons tourné est une très grosse production qui nécessite trois semaines de post production en effets spéciaux. Elle met en scène les paroles de ce titre qui est une grande chasse aux sorcière dont je suis la victime. On me voit, entre autres, me noyer. Peut-être sortira qu'elle sera sur le prochain album en bonus car il serait dommage que tous les fans ne puissent pas la voir.
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Lordlatem : Pourquoi avoir mis la ballade Forever Ends, très jolie au demeurant, pour clore l'album ? N'aurait-elle pas fait un bon single ?
Joacim Cans : Pour cette chanson je n'ai rien écrit du tout. Elle est l'oeuvre entière de Jeff Waters. Je m'attendais à ce qu'il me sorte quelque chose de très heavy mais finalement il a fait ce morceau qui est une des plus belles ballades que je n'ai jamais entendues de ma vie. La sortir en single n'aurait pas été judicieux car les gens auraient été complétement perdus et se seraient attendus à un album entier repli de ballades. Je l'ai mis en dernière position du tracklisting car je veux que les gens saisissent le message metal en premier lieu.
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Lordlatem : Qu'écoutes-tu comme musique dernièrement ?
Joacim Cans : Rien (rires). C'est vrai en plus (rires). J'ai passé tellement de temps à me focaliser sur ma musique... Dès que j'ai du temps libre, je lis un livre ou je vais au cinéma etc. Toutefois je viens tout juste de recevoir le dernier Edguy et je suis impatient de l'entendre.
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Lordlatem : As-tu un dernier mot à rajouter pour les lecteurs de La Terre Des Immortels ?
Joacim Cans : J'espère que vous écouterez ce disque même si vous n'aimez pas, comme toi, Hammerfall car c'est fondamentalement différent. Soyez ouverts d'esprtit et vous constaterez la différence par vous-mêmes.
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(interview réalisée le
6 Mars 2004 par -the lord)