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Depuis
le temps que la scène dite du death mélodique de Göteborg
squattait le métal finlandais il était temps de passer à autre
chose… Ca y est. Burst incarne un certain renouveau de la scène
métal dans son ensemble, quelque chose qui n’existait assurément
pas avant et qui pour une fois ne pue pas un autre groupe à plein
nez. Origo est une chose rare: un véritable album de créateurs. Mêlant
vocaux hardcore, riffs extrêmes et ambiances incroyablement calmes
et hypnotiques, ce groupe que je ne connaissais pas il y a seulement
trois semaines est venu rejoindre Eden Maine dans le panthéon de
mes grosses révélations de l’année 2005. Attention, chronique
enthousiaste!
Je n’ai pas cité Eden Maine (dont l’album To
You The First Star reste pour moi un des tous meilleurs sortis en
cette année) par hasard. Les deux formations scandinaves donnent
dans le même style, le « post-hardcore » comme on dit.
Burst se place dans une approche beaucoup moins violente qu’Eden
Maine de ce même style, et comme leurs homologues les membres de
Burst sont de plus dotés en plus d’une identité extrêmement
forte et reconnaissable à la première note. Et de quoi est-elle
donc composée, cette identité? Avant tout, d’un chant très
particulier. Le growl aigu écorché de Jägerstog est ce qui motive
l’étiquette hardcore, c’est un cri qui dégage une haine
faramineuse, voire par moments une tristesse palpable. C’est
à la fois une lamentation et un déchirement, quelque chose qui
sort des tripes, un hurlement saturé d’émotion qui remue
l’auditeur.
Pour le reste de la musique, l’étiquette hardcore
n’est plus du tout pertinente. En effet, la musique de Burst est
incroyablement difficile à décrire tant elle brasse
d’influences. Les membres de Burst n’utilisent d’ailleurs pas
le terme de « métal » pour décrire leur son mais bien
celui de « heavy music ». En gros on peut décrire leur
son comme un mélange très complexe de métal, d’extrême, de
prog, de pop et d’atmosphérique. Complexe mais limpide: si les
enchaînements de plans et de registres sont légions la mélodie
garde toujours la main-mise sur le tout et rend le résultat
finalement très accessible.
Car Burst est un groupe très très fort. Leur
tendance à faire de chaque chanson un creuset dans lequel
bouillonne une palette complète d’émotions me scotche encore
aujourd’hui, alors qu’Origo squatte mes platines depuis
plusieurs semaines. C’est fin et brutal, mélodique et
ultraviolent, désespéré et lumineux. Le contraste est le maître-mot
chez Burst, à la fois dans l’enchaînement de passages bourrins
et de passages calmes (ce que tout groupe un tant soit peu doué
peut faire) que dans chaque passage en lui-même. C’est bien
souvent que le groupe nous pose un passage de pop-rock voire de pop
pure, douce et contemplative… sur lequel le brailleur crache ses
tripes comme un damné. Et c’est une claque à chaque fois! Dans
leur exploration de la mélodie le groupe atteint souvent des
sommets du fait de leur capacité à trouver la note qui tue, le
leitmotiv que l’on ne peut pas oublier. De plus Burst dispose sur
cet album d’une variété sonore phénoménale: les guitares
passent d’un son noisy à un son typiquement death-metal, certains
sons font presque surf music et les guitares acoustiques sont
cristallines. On passe de longs plans minimalistes à la Pink Floyd
à des passages In Flamesiens totalement dévastateurs, et ça sonne
toujours au poil… C’est réellement impressionnant.
Donc Burst est l’exemple typique du groupe du
Bien: innovation radicale, sens de la composition indéniable (enfin
des morceaux cérébraux ET entraînants!), niveau technique
imposant totalement mis au service de la musicalité, c’est un
sans-faute. Quelques influences ressortent çà et là: les passages
progressifs acoustiques avec chant clair rappellent ceux d’Opeth
par moment tandis que les passages heavy et death mettent en lumière
l’origine scandinave du groupe. Mais 99% du temps Burst fait du
Burst, et ils le font bien. Recueil de compos qui oscillent entre
l’excellent et le génial, Origo devrait en toute logique
permettre à Burst de se faire connaître, et si ça n’arrive pas
ce ne sera en tout cas pas de ma faute. Car je le dis et je le répète:
ce groupe est une des énormes surprises de cette rentrée 2005 et
tout métalleux voire tout amateur de musique qui se respecte doit
lui donner au moins une chance.
Des combos comme ça il y en a trop
peu… Alors bougez-vous, allez chez votre disquaire préféré
(qu’ils soit dans la rue ou sur le Net) et laissez la magie de
Burst vous mettre la pâtée. Incontournable.
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