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Dans
la vie parfois il faut faire des choix: soit on part en Russie réaffirmer
sa main-mise sur le marché noir des têtes nucléaires et la traite
des Blanches, soit on chronique le dernier Bolt Thrower. Notre spécialiste
maison du groupe -Aliocha Klodovitch le fier cosaque des steppes-
ayant fait le premier choix, c’est donc votre serviteur chamelier
qui se retrouve à décortiquer la dernière offrande du groupe de
heavy-death, ce Those Once Loyal à la pochette guerrière.
Heavy-death est bien l’étiquette qui me paraît
la plus appropriée pour ce CD, car en dehors du chant caverneux
presque tout est heavy-metal là-dedans. Des riffs aux mélodies,
des plans de batterie « calmes » aux lignes de basse en
passant par les soli cet album sonne majoritairement NWOBHW avec
quelques incursions dans le power et le thrash deci-delà.
J’imagine que certains plans pourraient être étiquetés « death
mélodique » car des plans heavy sont joués à la triple
croche (très vite, quoi), mais les instrumentaux me paraissent bien
trop gentils pour pouvoir être classés dans le métal extrême.
Non, l’élément extrême chez Bolt Thrower c’est le chant. Le
growl de Karl Willetts est complètement typé death, c’est un
raclement grave dont on ne sait pas s’il vient de la gorge ou des
intestins. Un raclement et pas un cri, car l’homme ne dégage littéralement
aucune haine dans son chant. On sent qu’il use très peu d’air
et qu’il ne gueule pour ainsi dire pas: il module sa voix dans les
graves et le résultat est très malsain mais absolument pas colérique,
il tient d’ailleurs très rarement ses « notes ».
C’est un style à part qui trouvera j’imagine autant de fans que
détracteurs.
Le groupe peut tout aussi bien fonder ses
morceaux sur des riffs que sur des mélodies, ce qui diversifie son
approche. La production est assez efficace, le growl mixé à
l’avant ne couvrant pas les guitares efficaces et la basse dont le
son, quoique très métallique, est bel et bien présent. Cet album
de Bolt Thrower est relativement varié: malgré le fait que le
style soit très rapidement reconnaissable d’une plage sur
l’autre, les changements de tempo sont suffisamment nombreux pour
qu’on évite une impression de répétition insupportable. La
rythmique est également de type non-monolithique: quelques plans
syncopés viennent étayer la palette du groupe et invitent
l’auditeur à headbanguer comme sur le dernier titre When Cannons
Fade. Cette rythmique groovy se marie très bien avec les mélodies
de guitare lead à la Iron Maiden qui suivent, même si ladite mélodie
aurait un peu tendance à rappeler celle d’un autre titre, Granite
Wall.
C’est là la limite de Those Once Loyal: malgré
les louables efforts du groupe pour ne pas refaire neuf fois la même
chanson, on retrouve encore trop souvent des mélodies qui se font
écho. Ceci est moins vrai pour les riffs, mais c’est gênant tout
de même quand on réécoute l’album pour la troisième ou quatrième
fois. Ceci n’enlève pas à Bolt Thrower un talent indéniable
pour appliquer leur formule, mais les empêche à mon sens de prétendre
à un autre statut que celui de groupe sympa et efficace. L’album
souffre d’une évidente baisse de régime en son milieu, et malgré
quelques bonnes compos placées en fin le tout reste trop inégal.
Je conseille Those Once Loyal à tous ceux qui n’ont pas besoin
qu’une musique soit particulièrement innovatrice pour prendre
leur pied dessus: ceux-là se focaliseront sur le côté à la fois
catchy, travaillé et accessible du métal de Bolt Thrower et se
feront vraisemblablement plaisir.
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