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Blind Guardian - Live à l'Elysée Montmartre (Paris)
01 octobre 2006
par Lucificum
Blind Guardian

Vous connaissez certainement le principe des Livres Dont Vous Etes Le Héros ? Ces livres de poche dont le but est de suivre un scénario, sautant de chapitre en chapitre, en faisant des choix tel le rôliste moyen. Outre la similitude thématique d’avec ces volumes souvent basés sur l’Heroic Fantasy, ce concert était un genre de Concert Dont Vous Etes Le Chanteur. Absent de la scène française depuis 2002, Blind Guardian vient d’accoucher d’un nouveau bébé, et était de passage en hexagone pour le défendre aux yeux (et aux oreilles) des fans acharnés, mais aussi des curieux attirés par la notoriété du groupe, dont la réputation ne faillit pas depuis ses débuts. Une armée de tee-shirts noirs (dont 70% aux couleurs de Blind Guardian) faisait depuis un moment le pied de grue devant l’entrée de l’Elysée. Une foule dense, qui allait bientôt remplir la salle, faisant aisément guichet fermé en l’honneur des Allemands.

Blind Guardian, c’est avant tout trois frontmen, Hansi Kürsch (chant) André Olbrich (guitare) et Marcus Siepen (guitare). La disposition de la scène le confirme : le bassiste et le très peu présent claviériste seront relégués au niveau de la batterie, laissant le champ libre aux trois membres fondateurs (Thomen Stauch étant parti sous d’autres latitudes). Prenant tout le monde à contre-pied, là où l’on s’attendait à entendre en ouverture un extrait de leur dernier album, c’est Into The Storm qui ouvre le bal, achevant de porter aux nues un public déjà au bord de l’apoplexie.

Le ton était donné : Blind Guardian n’est pas là pour vanter son dernier album, mais bien pour donner un show taillé sur mesure pour les fans. Et de fait, les classiques s’enchaînent : on entendra Valhalla, au refrain répété encore et encore par une foule en délire, le puissant Time Stand Still et les très classiques Scripts For My Requiem et Born In A Mourning Hall. Quoique concentré sur les quatre derniers albums, les anciens de ne sont pas en reste avec Ashes To Ashes et le très pêchu Welcome To Dying.

Et c’est là que toute la magie de Blind Guardian se révèle : c’est bien simple, le public chante tout du long du concert, prenant un plaisir sans fin à hurler les gigantesques refrains du groupe. Pas besoin de choristes sur scène : le public remplit cet office sans se plaindre et en en redemandant. Kürsch laisse parfois le public assurer tout seul, regardant d’un œil paternel ce rassemblement de fans se cassant la voix sur Bright Eyes ou Nightfal’. La set list sera quasi parfaite. Du dernier album, Blind Guardian, presque timidement, ne nous fera que Fly et Another Stranger Me. Hormis un problème de micro de chant sur cette dernière, le son sera plutôt bon, et les lights et autres effets pyrotechniques, plutôt discrets.

Gâtés, nous le fûmes ce soir là avec deux rappels, qui succèdent le long And Then There Was Silence, pièce épique de quatorze minutes. Le premier rappel nous fera entendre Imaginations From The Other Side, tandis que le second achèvera tout le monde avec The Bard’s Song et pour finir, cerise sur le gâteau, attendue par beaucoup, Mirror Mirror. C’est donc la gorge irritée d’avoir tant chanté mais heureux comme des poux que la horde de métalleux se déverse de la salle de concert, après un show de deux bonnes heures. Tous les tubes y sont passé, à l’exception de Majesty (qui fut beaucoup demandé par la foule…) et peut être de A Past And Future Secret. Peu importe : Blind Guardian prouve une fois de plus, si besoin en était, qu’ils sont un groupe qui gagne à être vu en live, formant le temps d’une soirée avec le public une atmosphère digne d’un feu de camp entre amis, à chanter de grands classiques autour d’une guitare…


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