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BLIND GUARDIAN
10 mars 2006
  
JOURNALISTE :
Lord Henry
  
INTERVIEW AVEC :
Marcus Siepen
Guitariste
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Cela faisait longtemps que nous étions sans nouvelles de nos scaldes germains: silence radio depuis la parution du DVD live en 2004. Mais Blind Guardian sort enfin de sa caverne, s'apprêtant à sortir un nouvel album cette année. Le single Fly (cliquez ici pour lire la chronique) en est l'amuse-bouche, fort appétissant au demeurant. Le jovial guitariste Marcus Siepen, en exclusivité, lève le voile sur l'une des sorties les plus attendues de l'année 2006.

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Lord Henry : Le dernier single, Fly, est assez surprenant: c'est une chanson dynamique, mais elle est plutôt complexe, et elle apporte un lot de nouveaux éléments qui peuvent paraître étranges pour Blind Guardian. Est-ce une nouvelle direction que vous souhaitez suivre?

Marcus Siepen (guitare) : Ce que tu dis est peut-être vrai pour le single, mais tu verras quand sortira l'album que, globalement, nous avons plutôt levé le pied en terme de complexité. Nous avons le sentiment que A Night At The Opera, notre dernier album, a atteint une limite, et nous ne voulons pas nous répéter. Il ne sert à rien de faire toujours "plus". Nous ne voulons pas de "And Then There Was Silence" bis. Sur le prochain album, il y aura moins de choeurs, moins d'harmonies de guitares, plus de mélodies accessibles; bref, il ira plus directement à l'essentiel.

Lord Henry : Pourquoi alors avoir choisi "Fly" comme single?

Marcus Siepen : Parce que c'est une chanson atypique pour nous, et en ce sens il nous a paru intéressant de la mettre en avant, afin de voir la réaction des fans. Nous aurions pu choisir un morceau beaucoup plus conventionnel, et il y en aura sur l’album. C'eût été plus facile. Mais nous avons porté notre choix sur "Fly" car nous souhaitions, avec ce single, montrer les deux extrêmes du groupe. "Skalds And Shadows", qui est une ballade médiévale dans la lignée de "Bard's Song", est là pour représenter le côté traditionnel de Blind Guardian.

Lord Henry : Parmi les nouveaux éléments, "Fly" possède un son de guitare rythmique très hard-rock "old-school", et rappelle ainsi le "Sadly Sings Destiny" du dernier album. Est-ce là quelque chose que vous vouliez changer absolument?

Marcus Siepen : Sur les deux chansons que tu cites, nous avons volontairement opté pour ce son. Mais ce ne sera pas le cas sur tout l’album. Nous ne clarifions pas tout à l'avance, lorsque nous composons. Ce n'était donc pas décidé de longue date. En revanche, nous ajustons lors de la production le son adéquat à chaque morceau, en fonction du feeling qu'il véhicule. Sur certaines autres chansons, les guitares sont terriblement heavy! Il n'y a donc pas de généralité, tout dépend vraiment de la chanson.

Lord Henry : En parlant de production, vous travaillez à nouveau avec Charlie Bauerfeind aux manettes. Penses-tu qu'il soit le bon producteur pour Blind Guardian?

Marcus Siepen : C'est même le producteur parfait pour nous! Nous nous connaissons vraiment bien maintenant, il sait comment nous fonctionnons. Il parvient à s'infiltrer dans nos cerveaux pour savoir où nous voulons en venir avec nos chansons, c'est assez bluffant. Il nous comprend totalement, et il nous soutient. C'est très agréable de travailler avec lui.

Lord Henry : Avec Blind Guardian, il y a clairement eu une évolution d'album en album; jusqu'à A Night At The Opera, que certains considèrent même comme trop complexe. Es-tu d'accord pour dire que Blind Guardian est devenu un groupe de metal progressif?

Marcus Siepen : Oui et non. Je suis d'accord pour dire que nous incluons à notre musique des éléments progressifs. Mais nous ne voulons pas être limités par les étiquettes, ni par quoi que ce soit d'autre. J'entends parfois les gens débattre à propos de nous: "c'est du speed mélodique"- "non, c'est du power symphonique" - "non, c'est du heavy progressif", etc. Pour moi, Blind Guardian est un groupe de metal, point barre. Si nous voulons faire un morceau speed et agressif, nous le faisons. Si nous voulons mettre une ballade acoustique juste derrière, rien ne nous en empêche. Un morceau épique et orchestral à la "And Then There Was Silence", idem. Il y a trop de diversité dans notre musique, je pense, pour que nous soyons catalogués comme ceci ou comme cela.

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Lord Henry : Une petite question à propos de votre nouveau line-up. L'année dernière, vous avez intégré Frederik Ehmke au groupe, en remplacement de Thomen Stauch. Mais bizarrement, Oliver Holzwarth, qui tient la basse depuis un certain nombre d'années maintenant, joue toujours avec vous en tant que guest. Peux-tu nous expliquer?

Marcus Siepen : Tout est parti de la tournée qui a suivi la sortie de Imaginations From The Other Side. Hansi nous a expliqué qu’il devenait trop ardu pour lui de chanter des morceaux de plus en plus éprouvants vocalement, tout en tenant la basse. C'est pourquoi nous avons fait appel à Oliver. Il est toujours avec nous aujourd'hui, et tout se passe bien. Mais il n'est pas membre officiel pour deux raisons essentielles. Premièrement, Hansi n'a jamais rejeté l'idée de reprendre la basse un jour ou l'autre. Bon, il aura certainement besoin de se remettre à niveau (rires), et ce n'est pas à l'ordre du jour pour le moment, mais ce n'est pas impossible. Deuxièmement, nous avons toujours fonctionné à quatre, depuis le début, et quand bien même nous nous entendons bien, il est déjà assez difficile de trouver des arrangements dans cette configuration. Un cinquième homme serait une charge trop lourde (rires)!

Lord Henry : As-tu écouté l'album de Thomen avec Savage Circus?

Marcus Siepen : Oui. J'apprécie, ça sonne bien. Tout le monde l'a dit, mais c'est vrai que ça se rapproche beaucoup de ce que nous faisions par le passé. Si c'est ce qu'il veut faire, c'est très bien ainsi et je lui souhaite le meilleur. Nous nous sommes plus ou moins éloignés de cette voie...

Lord Henry : Revenons au single. Nous avons parlé de "Fly", qui représente les nouveaux éléments de Blind Guardian. Mais il y a aussi la ballade "Skalds And Shadows", plus typique, ainsi qu'une reprise d'Iron Butterfly, pour le coup totalement heavy-metal. Considérant ces trois optiques différentes, que devons-nous attendre aujourd'hui de Blind Guardian?

Marcus Siepen : Je pense qu'il faut s'attendre à une tendance globale allant dans la direction de "Fly". C'est une chanson qui représente bien ce que nous cherchons à faire en terme de nouveautés. Pour autant, d'autres morceaux sont prêts, et sont très différents. Je pense à une chanson en particulier, que nous venons de finir, et qui aurait très bien pu figurer sur Nightfall In Middle-Earth: rapide, mélodique, énergique, comme "Mirror, Mirror" par exemple. Cet album, par rapport à A Night At The Opera, figure à la fois un retour aux sources et un pas en avant. L'important pour nous est de ne pas stagner.

Lord Henry : Le choix de la reprise qui figure sur le single, d’un groupe de stoner (Iron Butterfly), est plutôt surprenant lui aussi. Est-il vrai que vous avez l'intention de sortir un Forgotten Tales part II, avec d'autres reprises?

Marcus Siepen : Nous n'avons fait qu'évoquer cette possibilité. Ca nous plairait bien, je pense. Je sais que les rumeurs circulent, mais il n'y a strictement rien de concret pour l'instant.

Lord Henry : L'album ne sortira dans les bacs qu'en août, voire en septembre. Peux-tu nous expliquer les raisons de ce délai entre le single et l'album?

Marcus Siepen : Initialement, sa sortie était prévue pour fin mai. Mais Hansi est tombé à nouveau malade entre temps: il a fait une rechute de ses problèmes auditifs. Cela l'a empêché de chanter pendant au moins quatre semaines, et donc de finir l'enregistrement dans les temps. Nous avons finalement pris la décision de reporter la sortie de l'album de quelques mois, histoire d'assurer. Nous ne voulions surtout pas être obligés de finir l’album à la va-vite. Il sortira donc en automne. Par ailleurs, le single était déjà prêt depuis longtemps, et nous n'avions aucune raison de repousser sa parution. Le bon côté des choses, c’est que les gens connaîtront au moins quelques chansons quand nous entameront les concerts de chauffe!

Lord Henry : Es-tu totalement rétabli toi-même, de ton accident?

Marcus Siepen : Dieu merci oui! Cela a pris pas moins de six mois. Avec cinq fractures et tout ce temps à l'hôpital, je peux te dire que je ne suis pas prêt de poser à nouveau le pied sur un skate-board (rires)!

Lord Henry : Les chansons figurant sur le single sont composées par Hansi et André. As-tu composé pour l'album?

Marcus Siepen : Oui. J'ai écrit trois chansons. Mais il n'y en aura probablement que deux qui figureront sur l'album, car j'étais en retard sur les délais, comme d'habitude! Je suis très lent à composer. Nous réutiliserons peut-être celle qui reste pour un prochain disque.

Lord Henry : Une dernière petite question: avez-vous finalement choisi un titre pour l'album à venir?

Marcus Siepen : Eh non, pas encore. Nous avons publié un titre de travail, qui était "A Twist In The Myth"; mais nous savons maintenant que ce ne sera pas le titre définitif. Nous sommes en train d'y réfléchir. Nous l'annoncerons sur notre site dès que nous serons sûrs de nous!

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