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Cela faisait longtemps qu'on en parlait de Blackfield, le projet royal réunissant Steven Wilson de Porcupine Tree et Avid Geffen! Il aura fallu presque trois ans pour que sorte enfin leur premier album éponymé (cliquez pour lire la chronique), et il est à la hauteur de nos espérances les plus élevées. Dix chansons où se mélangent pop et rock, tristesse et gaieté, espérance et déchéance... Le duo revient sur cette expérience qui en plus d'une musique exceptionnelle aura créé une amitié profonde...

 

-the lord : Le nom de Blackfield vient de toi, Steven. Il est apparemment lié à un souvenir d'enfance. Peux-tu nous en dire plus à ce propos?

Steven Wilson (tout) : Oui, c'est exactement cela. C'était un endroit de vacances où nous nous retrouvions avec des amis quand nous avions environ dix ans. Une année les arbres ont pris feu pour une raison que j'ignore. Peut-être était-ce dû à une cigarette ou au soleil mais toujours est-il que tout l'endroit a cramé. J'ai ce souvenir très précis de ce champ où l'herbe s'était transformée en poussière noire.

Aviv Geffen (tout) : C'était mon idée ensuite de nommer le groupe Blackfield à partir des noms de chansons que nous avions à notre disposition.

-the lord : C'est un nom assez dépressif...

Steven Wilson : (me coupant) Mais la musique est mélancolique.

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-the lord : Sur ce point je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. Certes l'ambiance est sombre sur le disque et beaucoup de mélodies sont tristes mais ce n'est qu'un aspect réducteur de l'entité Blackfield. Hello par exemple possède une mélodie plutôt entraînante...

Steven Wilson : Tu es la première personne à nous dire cela! Tout le monde nous demande si nous sommes dépressifs et sombres dans la vraie vie comme notre musique! Hello est certes assez gaie musicalement, mais pas au niveau des paroles! Elle parle quand même d'une relation qui part en vrille et est jouée en mineur! Néanmoins je crois que tu as tout à fait raison lorsque tu dis que la musique, bien que globalement triste et belle, possède des connotations positives. En effet, la musique de Blackfield est à l'image de son nom: un mélange de "black", évidemment triste, et de "field" qui renvoie à quelque chose de vivant et de naturel. Notre musique possède quelque chose de très naturel ce qui peut expliquer ses penchants positifs. Beaucoup d'albums qui sortent de nos jours sonnent très mécaniques et artificiels alors que pour Blackfield nous avons opté pour un rendu maximal des nuances et des textures. Le résultat est une combinaison de ce "noir" et de ce "champ" sur lequel nous avons ajouté des paroles plutôt mélancoliques.

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-the lord : Ta remarque sur la production est amusante puisqu'il y a trois jours, j'en ai parlé avec Steve Rothery de Marillion qui me disait ne pas aimer chez toi l'absence de chaleur dans tes productions. A l'écoute de Blackfield, je suppose qu'on ne pourra pas lui donner raison?

Steven Wilson : Tout à fait! Je pense qu'il aimerait bien plus cette production-là. Pour moi il est primordial que mes albums sonnent aussi bien que possible. Ta question est très bonne mais il est très difficile d'y répondre car la plupart des choix de production se sont faits inconsciemment. Je crois que la combinaison-même d'Aviv et moi crée un nouveau son de façon naturelle, sans y réfléchir. Pourtant je garantis à Steven Rothery que j'essaie de rendre mes albums profonds et vivants. Je n'y arrive peut-être pas tout le temps mais c'est le bon côté de travailler avec Aviv car il est plus focalisé sur les compositions elles-mêmes. Avec Porcupine Tree j'ai tendance à m'embourber dans la technicité des arrangements ce qui conduit à un résultat plus froid et digital. Ce n'est pas vraiment intentionnel mais avec Aviv je peux arriver à un résultat qui se focalise davantage sur les émotions.

Aviv Geffen : Je suis l'âme et lui le cerveau.

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-the lord : Je suppose que dans un groupe avec seulement deux membres il y a une certaine complicité qui s'est installée entre vous deux. Durant les phases de composition et d'enregistrement de ce disque, quelle est la chose la plus surprenante que vous ayez appris l'un sur l'autre?

Aviv Geffen : Nous avons développé une véritable amitié. C'est un sentiment très profond qui existe entre lui et moi. C'est mon meilleur ami, nous voyageons tout le temps ensemble. Notre amitié est la plus profonde que j'ai connu sans sexe (rires)! Nous sommes très similaires; tous les deux nous pouvons jouer de n'importe quel instrument à part la batterie. C'est pratique en studio car nous changeons constamment d'instruments pour arriver à matérialiser nos idées. Deux génies (rires)! We rock (rires)!

Steven Wilson : Aviv est tellement une énorme star en Israël qu'il est impossible de ne pas avoir quelques préjugés sur lui avant de le recontrer. Mais en fin de compte il n'a pas d'égo surdimensionné, il serait plutôt un être timide et cérébral comme moi. C'est ce trait de caractère commun qui nous a unifié finalement. Il aurait été très difficile pour nous de nous unifier autrement car en surface nous sommes très différents. Lui, c'est la mégastar alors que moi, je suis la personne qui reste enfermée en studio, loin de tout le monde. Pourtant nous avons plus en commun que nous ne le pensions initialement. J'ai des qualités enfouies en moi que lui possède de façon très prononcée et vice versa. Nous nous rejoignons à mi-chemin en quelque sorte. Ce qui m'attire chez Aviv sont les qualités que j'aimerais avoir moi-même. Là aussi je pense que c'est réciproque. Nous apprenons ainsi tout le temps l'un de l'autre.

Aviv Geffen : Par exemple j'ai commencé à lire des livres et lui a commencé à baiser des femmes (rire général)!

Steven Wilson : Voilà la version, peu subtile, d'Aviv de ce que je viens dire (rires).

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-the lord : Aviv, tu es la dernière personne à avoir vu Yitzhak Rabin avant qu'il ne soit tué. Est-ce que cet événement marquant t'affectes encore aujourd'hui? Et sur un plan artistique?

Aviv Geffen : Bien sûr, cela est un événement qui a laissé des traces et je les ressent encore actuellement. Au moment où il a été tué j'ai compris que l'on pouvait mourir parce qu'on croit en un processus de paix. A partir de là, j'ai commencé à me battre pour mes idéaux. Je m'en fous de vendre des disques ou de plaire aux gens, je veux dire ce que je pense et ouvrir les yeux de mon public. L'heure est grave dans mon pays et je ne critique pas pour rien, dans le vide. Steven ne critique pas Blair dans ses textes car en Angleterre il n'y a pas de morts comme chez nous...

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-the lord : Quel regard portes-tu sur la situation actuelle dans ton paix?

Aviv Geffen : Je pense que nous devrions rapatrier les colons vers Israël. Je crois très sincèrement en la paix. Nous pouvons l'obtenir. Et je n'entends pas par paix, un morceau de papier signé mais une véritable paix. Je suis le neveu de Moshe Dayan et je suis entièrement de son avis. Si nous ne rapatrions pas les colons, nous donnons une excuse valable aux Palestiniens de nous tuer, mes amis et moi. Nous devons mettre un terme à cela.

-the lord : Pour en revenir à Blackfield, qu'est-ce qui vous impressionne le plus à l'écoute du disque?

Steven Wilson : L'ensemble. C'est très difficile pour nous de mettre en avant un élément ou une chanson. Ces dix chansons sont déjà la crème d'un ensemble de morceaux que nous avions enregistré. Nous avons choisi les chansons que nous trouvions les plus fortes. Quelles sont tes chansons préférées à toi?

-the lord : Je dirai Cloudy Now, Lullaby et surtout Hello!

Steven Wilson : J'aime ces trois titres aussi. Mais les sept autres également (rires). Mais sinon je trouve que Summer, Hello et Lullaby ont peut-être un petit "plus".

Aviv Geffen : Pour moi, Pain troue le cul!

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-the lord : A mon avis, cet album est un des tout meilleurs de l'année. Il n'y a qu'une seule chose que je n'aime pas dessus...

Steven Wilson : (me coupant) Laisse-nous deviner! Tu trouves que l'album est trop court? Tu n'aimes pas la pochette? Tu trouves que le chant d'Aviv est nul (rires)?

-the lord : Non, rien de tout cela (rires). Je trouve que les fondus sur trois titres sont vraiment mal venus. Je m'attendais à ce que deux artistes de votre trempe trouvent une meilleure façon de terminer leurs morceaux...

Aviv Geffen : Tu vois! Je te l'avais dit! J'en étais sûr qu'il ne fallait pas faire cela!

Steven Wilson : Mais vous ne trouvez pas qu'un fondu est absolument génial quand il est bien fait? Hey Jude possède un fondu et pour moi c'est le truc le plus phénoménal que j'ai jamais entendu (il chante la fin de ce morceau).

-the lord : Oui, d'accord pour Hey Jude car le fondu est remarqaublement amené mais lorsqu'un morceau s'arrête en fondu alors qu'un solo de guitare vient juste de commencer, je trouve que cela très bizarre...

Steven Wilson : C'est Aviv qui déteste les soli de guitare. Dès qu'un morceau atteint trois minutes il veut le couper net sans qu'on ait le temps de faire un solo (rires). Donc sur ce coup-là je ne suis pas d'accord avec toi, un bon fondu est une bonne chose! Et puis parfois, c'est difficile de trouver une façon d'achever une chanson.

Aviv Geffen : La prochaine fois, nous essaierons de ne pas en faire pour voir ce que ça donne!

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-the lord : L'album a été composé et enregistré entre 2001 et 2003. Bien entendu, vous n'avez pas pu travailler dessus de manière continue. Dans ces conditions, est-ce qu'il a été plus difficile de faire ce disque?

Steven Wilson : Il y a beaucoup de chansons qui ne se retrouvent pas sur l'album final. Nous ne nous sommes pas rencontrés si souvent que cela tout simplement parce que nous habitons à trois mille kilomètres l'un de l'autre. De plus, alors que nous faisions ce disque, Porcupine Tree a sorti un nouvel album. De même, Aviv a fait un album solo qui fut un gros succès en Israël. Chaque chanson a plus ou moins pris un jour à faire mais il n'était pas rare que nous revenions sur certains titres pour leur ajouter des lignes de violons ou des détails vocaux. Nous avons choisi les morceaux qui figurent sur l'album parce qu'ils avaient le "son Blackfield". Au début, nous nous cherchions et nous avions expérimenté un peu trop au niveau sonore.

Aviv Geffen : Nous étions un groupe de jazz au début (rires).

Steven Wilson : Non, de bossanova (rires). En fait, le premier titre sur lequel nous avons travaillé est celui qui ouvre le disque: Open Mind. Donc nous tenions le son dès le départ mais nous sommes partis dans d'autres sons par la suite pour revenir au point de départ finalement. Il nous aura tout de même fallu à peu près un an pour établir le son définitif.

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-the lord : Steven, tous tes side projects sont très différents en ce qui concerne le son. Saviez-vous à l'avance que Blackfield devait s'inscrire davantage dans une veine pop?

Steven Wilson : Nous voulions combiner les aptitudes d'Aviv à écrire des chansons courtes avec ma production et mes arrangements. C'est le noyau du projet Blackfield mais ce n'est pas tout car Aviv participe à la production tout comme je participe à la composition. Notre but était de créer un son de rock mélancolique sur un album court et direct. La prochaine fois nous ferons un album de prog avec une seule piste (rires). Non, non, je blague!

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-the lord : La version vinyle de Blackfield possède un titre bonus, une reprise de Feel So Low qui est un morceau de Porcupine Tree. Lorsque ces derniers avaient joué en Israël, Aviv tu avais chanté ce titre avec eux. Pourquoi l'avoir une nouvelle fois interprété et sorti commercialement?

Aviv Geffen : C'est une chanson qui me parle pronfondément. C'est une histoire d'amour un peu trash. Nous l'avons joué à Londres avec Blackfield et j'ai pris mon pied. Ce n'est pas vraiment une chanson typique de Porcupine Tree, elle sonne plus comme du...

Steven Wilson : Black Sabbath!

Aviv Geffen : (rires) Non, c'est un morceau plus bourré d'émotions qu'habituellement.

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-the lord : Steven, es-tu surpris que Feel So Low soit une des chansons préférées d'Aviv?

Steven Wilson : Non, parce que je sais qu'il aime les trucs sentimentaux de bas étage (rires). Il aime toujours ce genre de chansons chez Porcupine Tree. Je n'en écris pas des masses. Pour en revenir à ce que disait Steve Rothery à propos de moi, il est vrai que je n'écris pas beaucoup de morceaux lyriques et directs mais Feel So Low en fait partie. L'originale faite par Porcupine Tree est même une des plus simples au niveau des arrangements de toute notre discographie. Les paroles, elles aussi, coulent d'elles-mêmes. Je n'ai jamais rien retravaillé sur ce morceau à quelque niveau que ce soit ce qui n'est pas dans mes habitudes. C'est sans doute cela qui plaît à Aviv.

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-the lord : Et que pensez-vous de Heart-Attack In A Lay By qui est ma chanson préférée de Porcupine Tree?

Steven Wilson : Elle est incroyablement belle et triste. C'est extrêmement déprimant. Tu t'en rappelles, Aviv? Elle est sur In Absentia. Elle parle d'un type qui rentre chez lui en voiture mais qui s'arrête car il sent une douleur dans son torse. Le matin il s'était disputé avec sa femme et il se demande comment il va s'y prendre pour s'excuser. Mais, il ne réalise pas qu'il est en train de mourir d'une crise cardiaque. Ce n'est vraiment pas du tout un truc gai (rires)! En tout cas c'est une chanson touchante et qui fait également partie de mes préférées.

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-the lord : Penses-tu un jour faire de la musique plus optimiste? Et toi Aviv qu'en penses-tu?

Aviv Geffen : Je me sers des sentiments négatifs pour créer. C'est d'ailleurs un peu de cela que parle The Hole In Me. Je viens d'un pays triste et je suis en plus de nature sombre. La musique est la seule chose que j'aime vraiment. C'est pour cela que je trouve cette amitié avec Steven si importante. Je suis romantique et il est cynique, notre collaboration n'en devient que plus forte. En effet, il me coupe quand je suis trop kitch et je l'arrête quand il devient trop cynique.

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-the lord : Vous êtes connu tous les deux pour tout ou presque faire tout seul dans vos carrières respectives. Comment arrivez-vous donc à collaborer dans Blackfield?

Aviv Geffen : Car nous connaissons tous les deux notre fonction dans le groupe. Le résultat est le fruit d'une étroite collaboration. J'étais en charge de tout ce qui est claviers alors que lui s'est plus penché sur les guitares.

Steven Wilson : Aviv s'est sans doute un peu plus impliqué dans la musique et moi dans les paroles. Blackfield est peut-être 60% Aviv et 40% moi. Il y a tout de même deux chansons qui sont de moi exclusivement et deux autres qui sont lui. Mais tout le reste est co-écrit.

-the lord : Pensez-vous faire d'autres albums dans le futur?

Steven Wilson : Nous espérons que ce sera un projet sur le long terme. Deux, trois, quatre, cinq ou six albums! Aviv a d'ailleurs commencé à bosser sur de nouvelles choses. De mon côté je n'ai rien fait car je suis très occupé avec le nouvel album de Porcupine Tree.

Aviv Geffen : T'es comme Hitler toi! Tu veux que les juifs bossent toute la journée (rires).

Steven Wilson : Exactement! Ton travail pour ta liberté!

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-the lord : Je te coupe parce que tu deviens cynique (rire général)! Quelle est l'importance de tous tes projets (No-Man, IEM, Bass Communion etc) pour Porcupine Tree?

Steven Wilson : C'est primordial que ma vie musicale soit diversifiée. Je ne peux pas m'imaginer en train de faire les mêmes choses à longueur de journées. Cela m'ennuierait profondément. La musique permet beaucoup de choses: de voyager, de visiter des pays, de rencontrer plein de gens mais par dessous tout elle permet de collaborer avec un maximum de personnes et de jouer plein de genres différents. Je n'avais jamais ne serait-ce qu'imaginer aller en Israël un jour. Ce n'était pas le numéro un de ma liste de destinations de vacances! Maintenant que j'y suis allé je suis tombé amoureux de cette ville, je m'y suis fait plein d'amis. Pour prendre un autre exemple: après avoir rencontré et travaillé avec Opeth, le groupe de death suédois, j'ai emmagasiné plein d'influences qui sont ressorties sur In Absentia, l'album de Porcupine Tree le plus heavy à ce jour. Donc le fait de collaborer avec d'autres personnes permet de garder une musique fraîche. Durant ces derniers mois j'ai donc bossé avec Aviv, Tim Bowness pour No-Man, j'ai mixé du Paatos, du Marillion, du Opeth etc. Même si je ne suis pas conscient de tous les effets de ces collaborations, ce qui est sûr est qu'elles me maintiennent inspiré.

Aviv Geffen : Je suis sûr qu'une fois que Blackfield aura fait deux ou trois albums nous serons un gros groupe!

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-the lord : Vous mentionnez le fait qu'il faut rester frais artistiquement. Il faudra aussi rester frais pour Blackfield puisqu'il ne s'agit que du premier album pour l'instant. Comptez-vous un jour faire agrandir le line-up et opérer sous forme de trio ou de quatuor?

Aviv Geffen : Ce n'est pas impossible mais c'est très difficile à imaginer. Quel genre de personne nous faudrait-il et surtout pourquoi aurions-nous besoin d'autres musiciens? Je n'ai même pas besoin de lui en fait (rires)!

Steven Wilson : Moi non plus! Qu'est-ce que tu fais ici de toute façon (rires)? Franchement, c'est déjà un miracle que nous arrivions à bosser ensemble tellement nous avons l'habitude d'être des dictateurs. Ca marche mais je ne sais pas comment! Avoir une troisième, même un producteur semblerait bizarre...

-the lord : De toute façon niveau production je ne vois pas qui pourrait faire mieux que vous-mêmes. Vous êtes plutôt à l'aise dans ce domaine!

Steven Wilson : Surtout moi (rires). As-tu déjà entendu la production des disques d'Aviv? C'est de la merde (rires)! Plus sérieusement, il serait peut-être bon de travailler avec un producteur extérieur pour quelques chansons et pour expérimenter mais pas pour devenir un membre permanent du groupe.

Aviv Geffen : On pourrait quand même demander à Brett Anderson de Suede!

Steven Wilson : Ah non, pas lui!! Argggh! J'aimerais mieux Thom Yorke!

-the lord : Ou Mikael Akerfeldt!

Aviv Geffen : C'est qui, lui?

Steven Wilson : Le chanteur d'Opeth. (il prend une voix death assez minable et chante) " Beuuuurrrrrrkkk beuuuurrrkkk. Please welcome Blackfield!" (rires). Aviv déteste ce genre de musique.

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-the lord : A quoi ressemble tes albums solo, Aviv?

Aviv Geffen : Beaucoup de ballades. Cela ressemble à du Blackfield, vraiment.

Steven Wilson : La sensibilité pop est la même mais ses albums solo ont plus de romantisme. Je mets le frein là dessus quand nous écrivons pour Blackfield de la même façon qu'il me freine sur mes envies progressives.

Aviv Geffen : Ses merdes progressives!

Steven Wilson : Oui, mes merdes progressives (rires). Tout ce qui ne ressemble pas à du Porcupine Tree dans Blackfield ressemble à du Aviv Geffen.

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-the lord : Cela veut-il dire que le nouvel album de Porcupine Tree sera plus progressif?

Steven Wilson : Oui, il l'est. C'est un disque assez épique. Je suis en train de finaliser les mix surround et stéréo. J'espère que le mix surround sera aussi bon que celui d'In Absentia car ce dernier serait apparemment nominé pour un Grammy! Je vais à New York la semaine prochaine pour bosser là dessus.

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-the lord : Y a-t-il des plans pour faire un mix surround de l'album de Blackfield?

Steven Wilson : Tout à fait! Je pense que cet album pourrait rendre très bien en 5.1.

Aviv Geffen : Moi je voulais faire un mix mono (rire général)!

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-the lord : Avec l'équipement à vitesse grand V, ne penses-tu pas qu'il soit encore risqué de faire des mix en 5.1 alors que de nouveaux formats comme le 7.1 arrivent?

Steven Wilson : Pas grave, je remixerai pour m'adapter aux nouveaux formats! Non je pense que le 5.1 est le nouveau standard. Tu n'as qu'à voir qu'aux Etats Unis, Honda et Toyota ont chacun lancé en quantité massive leurs nouvelles voitures avec du 5.1 installé. Dans une voiture, un mix surround rend incroyablement bien.

Aviv Geffen : A gauche, les guitares? A droite, les guitares et au centre le chant? Ou est-ce que ça fait comme du Schwarzenegger?

Steven Wilson : Non, non (rires)! Tu as une idée totalement fausse du 5.1! Il faut que tu entendes! C'est comme pour un mix stéréo, tu ne mets pas le chant sur un haut parleur et le reste sur l'autre!

Aviv Geffen : En Israël, si!

Steven Wilson : (rires) La musique t'enveloppe. Les instruments à cordes ne sont pas dans un seul haut parleur, ils sont partout mais un peu plus présents dans un haut parleur. Quand il y a de la reverb sur une voix, cela fait comme dans un théâtre, tu entends l'écho de toutes parts.

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-the lord : Dernière question: peux-tu nous donner des informations sur le nouveau Porcupine Tree?

Steven Wilson : Ayant travaillé avec un réalisateur sur cet album, je dois t'avouer qu'il possède une ambiance profonde. C'est un genre de concept album. Il y a de longs morceaux, le truc le plus progressif que j'ai fait depuis un bail. Selon ma maison de disques, ce n'est pas une bonne idée (rires). Si vous aimez les longues plages oniriques vous allez aimer ce disque je pense.

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(interview réalisée le 17 Septembre 2004 par -the lord)


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