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Il y a deux ans, le
premier album de Biomechanical, Eight Moons, avait eu l'effet d'une
belle petite bombe sonore. Leur mix de Nevermore et de Judas Priest,
vu sous un angle de science-fiction, était vraiment original et
avait su séduire les métalleux à la recherche de quelque chose
qui sorte des sentiers battus. Deux ans plus tard, Biomechanical a gagné en maturité
et sa musique possède aujourd'hui la puissance de feu de l'armée
américaine. Véritable souk organisé, The Empires Of The World
fonde sa réussite d'une part sur un mur de sons constitué par des
rythmiques indus qui pleuvent de toutes parts et de l'autre sur un
chanteur diablement polyvalent qui pourrait sans doute aussi bien
chanter du Strapping Young Lad que du Judas Priest.
Fear Factory n'est
jamais très loin non plus, surtout pour les ambiances que le groupe
crée. Que ce soit sur les blast beats de Assaulter ou le refrain
haut perché de The Empires Of The Worlds, la musique des Anglais
trouve toujours des éléments qui se rapprochent du sous genre
initié par l'usine de la peur. Bien sûr, chez Biomechanical tout
est "over the top", à la fois plus rapide, plus fou, plus
chaotique, plus technique mais aussi plus mélodique. On pourrait
même aller jusqu'à dire que certains arrangements vocaux
rappellent ceux de Daniel Gildenlöw au sein de Pain Of Salvation
(les couplets de Relinquished Destiny ou le refrain majestueux de
DNA Metastasis, par exemple). Quand un groupe
pioche ses influences de façon aussi large, on se doute qu'il ne
sonne comme aucun autre. A l'écoute de The Empires Of The World, le
doute n'est pas permis.
Mieux, Biomechanical intringue. Il
attire l'attention, tout d'abord, avec des lignes vocales
schizophréniques sur les perles que sont Enemy Within, Truth Denied
(cette chanson est véritablement bluffante d'énergie brute) ou encore Survival, puis il se drape sous un voile de mystère
grâce aux compositions alambiquées à la The Empires Of The World
ou Absolution. Un album sans compromis qui ne relâche pas la
tension d'un poil sur toute sa durée. Evidemment, certaines
chansons sont assez nettement moins bien écrites que les
autres. A ce titre, on peut dire que The Empires Of The World a le
ventre un peu mou tant il y a un moindre intérêt aux morceaux
Relinquised Destiny, Long Time Dead et Regenerated par rapport aux
véritables stars de ce disque situées en début et fin de
tracklist.
D'un point de vue technique, tout n'est parfait.
Les soli de guitare bien qu'ils se prêtent assez bien au style
thrash moderne pratiqué sont un peu trop cacophoniques,
répétitifs et amateurs à mon goût. Les deux guitaristes s'en
sortent nettement mieux rythmiquement où ils enchaînent un nombre
invraissemblable de riffs sans jamais faiblir. La paire
basse/batterie fait bien plus que soutenir le tout puisqu'elle
dynamite une grosse partie des chansons par un rythme effréné.
Biomechanical confirme donc avec The Empires Of The World tout le
bien qu'on pensait de lui. Bien que cet album soit un peu moins
mélodique que son prédécesseur, ses riffs "en couches"
valent largement le détour et permettent au disque de s'apprécier
après plusieurs écoutes attentives. Prepare for war!
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