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Section X est un album
tourdu et malsain bien que son style puisse inconstestablement être
résumé par l'étiquette généralement propre sur elle de "metal progressif". Ici point de
cris haineux de black metal, pas de dissectionsà vif façon death metal,
seulements des ambiances dérangeantes qui trouvent leur origine
dans la phase-même de conception du disque. En effet, le leader de
Beyond Twilight, Finn Zierler, s'est livré à de drôles
d'expériences pour composer ce qui allait devenir Section X.
Auto-séquestration de quatre jours dans un grenier, trempettes de plusieurs heures
dans des lacs gelés, visites dans les rues de Londres où Jack
l'Eventreur s'est construit sa réputation, telles étaient certaines des joies que le
claviériste s'accordait afin de rendre son album le plus véridique
possible. Pari réussi, assurément, car Section X dégage vraiment
une ambince unique.
Il y a quatre ans, Beyond Twilight
s'était fait remarquer avec l'album The Devil's Hall Of Fame où
Jorn Lande tenait le micro. Nul doute que si ce dernier était
encore le chanteur du groupe danois, Section X serait un des albums
de l'année. Son remplaçant Kelly Sundown Carpenter (Outworld)
n'arrive pas à nous faire oublier le chanteur de Masterplan. Non
pas qu'il soit mauvais techniquement ou qu'il ne fasse pas tout son
possible pour donner une âme aux personnages (The Path Of Darkness, The
Dark Side) mais ses vocaux typiquement américains manquent d'émotions sur
toutes les sections heavy et celles-ci sont très nombreuses. Prenez par
exemple le morceau Sleeping Beauty où les couplets très calmes
sont excellents mais où le refrain gueulé tombe dans les clichés
du heavy le plus basique.
A cause de cela, les arrangements
phénoménaux proposés par Finn Zierler perdent de leur force. Par
conséquent, on se met rapidement à lorgner uniquement sur les parties de
claviers plutôt que sur l'ensemble de la musique. Car avec une
collection impressionnante de sons et de mélodies géniales, les
claviers sont à la fête sur cet album. Et le tour de force opéré
par le Danois est qu'ils ne sonnent jamais comme du metal progressif
ordinaire (comprenez Dream Theater). Non, il sait nous surprendre
avec des passages à la Savatage (Sleeping Beauty), d'autres
empruntant clairement la voix des eighties
(Ecstasy Arise) et d'autres encore très orchestraux (Portrait F In
Dark Waters).
Par contre, à côté de ces coups de maître,
Beyond Twilight prouve qu'il sait aussi jouer une musique bien peu
inspirée: The Dark Side étant l'illustration parfaite avec ses
lignes de chant immondes et caractéristiques des albums-concepts.
Le brillant cohabite donc avec le mauvais sur Section X. On
regrettera que tout l'album ne soit pas de la même teneur que les
trois derniers morceaux, tous meilleurs les uns que les autres. De
plus, dommage que le disque soit si court: trois quarts d'heure pour
du metal progressif, ce n'est pas très généreux et pas très
habituel... Néanmoins, le
groupe n'est pas comme les autres. Avec Section X, Beyond Twilight confirme ses belles prédispositions mais je suis persuadé
qu'il fera encore mieux dans les prochaines années.
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