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BEYOND TWILIGHT
1er mai 2005 
  
JOURNALISTE :
-the lord 
  
INTERVIEW AVEC:
Finn Zierler
Claviériste
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Si vous pensiez que le dernier album des Beyond Twilight, Section X (cliquez pour lire la chronique), était sombre et bizarre, attendez de savoir dans quelles conditions il a été écrit! Finn Zierler, leader du groupe, est un adepte de la méthode de l'immersion totale et nous le fait savoir dans les moindres détails. Après l'Actor's Studio voici donc le Finn's Studio...

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-the lord : Dans quel état d'esprit étais-tu lorsque tu as commencé à composer Section X, sachant que tu n'allais plus pouvoir compter sur le fantastique chanteur Jorn Lande?

Finn Zierler (claviers) : Je n'ai jamais pensé à la fin du groupe. Nous existons depuis 1993 et si le chant est aussi bon sur The Devil's Hall Of Fame c'est en grande partie grâce à notre forte identité. Jorn est certes un de mes cinq chanteurs de metal préféré de tous les temps mais il n'était guère plus qu'un musicien de session pour l'album. Nous n'avons pas perdu un élément très important pour la composition! Je n'avais donc pas trop d'appréhension.

-the lord : Est-ce que Beyond Twilight joue du metal progressif selon toi?

Finn Zierler : Ca me va, en tout cas (rires)! Je ne sais pas comment l'étiquetter moi-même donc oui, metal progressif. Il y a des éléments progressifs dedans tout comme des influences d'opéra rock, de B.O. de films, d'atmosphérique etc. Il y a beaucoup de choses.

-the lord : Une des choses qui rapproche le plus l'album de la mouvance progressive est le fait qu'il s'agisse d'un concept album. Peux-tu nous en dire plus sur l'histoire?

Finn Zierler : Vous pouvez retrouver des éléments dans le livret du CD et sur notre site internet. Si je dois commencer à parler de ce concept, rien ne m'arrêtera mais je vais essayer de faire court (rires). C'est une histoire à trois dimensions. Il est possible de lire le concept comme un mélange de fiction et de réalité. En se plongeant davantage dans les paroles, le lien avec la réalité devient plus évident. Enfin, la troisième dimension est ma préférée car c'est celle qui comporte de minuscules détails que pourront relever les plus gros fans du groupe. L'histoire en elle-même parle de thèmes tels que le clonage, la science, le pouvoir, l'amour, les relations sado-masochistes et puis pas mal de sujets intellectuels dont on trouve des renvois sur l'illustration de la pochette. Je tiens à préciser que je ne prends pas position sur un sujet comme le clonage, je ne fais que poser des questions éthiques à ce propos. C'est à chacun d'entre vous de se demander si c'est bien ou mal.

-the lord : Il paraît que pour l'écriture de la musique et/ou du concept tu t'es mis dans des conditions assez "spéciales", on va dire... Peux-tu nous en dire plus et pourquoi as-tu ressenti ce besoin?

Finn Zierler : Je ne sais pas... Je ne suis pas malade mais j'ai une véritable passion pour la musique et dès que je commence à écrire, je m'implique plus qu'il ne le faudrait. Je pense que c'est comme pour un acteur qui décroche un nouveau rôle: il faut vivre comme le personnage. Pour Section X j'ai commencé par m'isoler en m'enfermant littéralement dans mon grenier sans avoir aucune source de distraction comme mon portable, par exemple. J'ai commencé à écrire quelques chansons qui m'ont inspiré le début du concept. De fil en aiguille je dépeignais un univers très sombre. De plus, comme j'étais systématiquement tout seul j'ai commence à devenir un peu schizophrène. Avant de péter complètement un câble je suis parti à Londres pour vivre dans la rue comme un clochard. 

-the lord : (le coupant) Pendant combien de temps?

Finn Zierler : Trois jours. Je pensais que trois jours seraient une partie de plaisir mais je peux te promettre que les rues de Londres la nuit ne sont pas drôles du tout. Si tu penses pouvoir dormir, tu te trompes! Je n'ai jamais pu dormir plus de trente minutes à la suite car il y avait tout le temps des types louches qui venaient me faire chier. En tout cas au bout de trois jours j'étais bien imprégné du sentiment de paranoia que je recherchais. De plus, j'ai pu me rendre compte de la chance qu'on peut avoir de dormir dans un lit douillet le soir. Enfin, ma dernière expérience consistait à faire de la plongée. Des amis à moi m'ont dit qu'en restant trente minutes sous l'eau, on arrivait à rentrer dans son subconscient, un peu à la manière d'une drogue. Au fond d'un lac, j'étais complètement seul, personne pour me déranger, je n'étais qu'un élément parmi des milliers d'autres. J'ai fait cela au printemps et c'était vraiment un truc de fou (rires).

-the lord : Pourquoi?

Finn Zierler : L'eau était glaciale! Et ça ne m'a absolument rien fait pour la créativité mais je n'ai pas perdu espoir. Quelque temps plus tard j'ai recommencé. J'étais équipé d'une lampe sur ma tête et d'un écran sur lequel il est possible d'écrire sur l'eau. C'était un milieu d'un forêt et je voulais rester le plus longtemps possible. C'est assez effrayant car tout est noir. Je ne voyais qu'à un mètre de moi, grand maximum. Les sentiments que j'ai pu éprouver là-bas ressortent au sein du titre Portrait F In Dark Waters. Je suis très content de ce morceau.

-the lord : Les gens te prennent-il pour un fou?

Finn Zierler : C'est une réaction légitime mais c'est ma façon de travailler.

-the lord : Est-ce que cela te permet de travailler plus vite?

Finn Zierler : Je pense que oui. Il y a des moments où même lorsque je suis seul, je ne suis pas inspiré. Ces moments-là sont comme des journées entières. C'est horrible. C'est alors que je me demande pourquoi je fais tout cela. En revanche, dès que je rentre dans une phase créative, cela vaut tout l'or du monde. Tout vient d'un seul coup. Mes expériences à Londres et sous l'eau ont été transcrites en musique. Il y a tellement de choses qu'il possible de dire à travers de la musique mais qu'il est impossible d'exprimer avec des mots...

-the lord : Le fait de ne pas avoir tes claviers sous la main ne te gène-t-il pas?

Finn Zierler : Pas du tout. Je sais écrire avec des claviers comme j'ai pu le faire sur le dernier Manticora. Je crois que la raison du son présent sur Devil's Hall Of Fame et Section X est liée au fait que je n'ai pas composé la musique avec des claviers. Sans instrument, on pense différemment; on ne se met pas à jouer quelque chose dans le vide. Entendre deux cents pistes d'instruments dans sa tête est différent et surtout plus stimulant!

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