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Behemoth débarque avec son septième album Demigod (cliquez pour lire la chronique), une réelle bombe de violence qui montre toute la maturité du groupe à créer une musique riche et directe. Les Polonais s’inscrivent avec cette production de très bonne qualité en tête d’affiche des groupes extrêmes de son style, et ne comptent pas être détrônés de sitôt. Nous avons voulus en savoir plus en posant quelques questions à la tête-pensante et géniteur du groupe… Nergal.
Count D : La production de Demigod est vraiment excellente, intense et précise. Comment avez-vous pu rendre un tel son?
Nergal (chant+guitare) : Ce sont de longs mois de travail qui ont permis cela. Nous avons répété énormément, joué et rejoué les parties de batterie pour trouver le son juste. Nous avons aussi eu l’opportunité de travailler avec Daniel Bergstrand au Cutting Room, une belle expérience, très enrichissante. Notre signature avec Regain Records a facilité la prise de contact et nous en sommes très fiers.
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Count D : A propos de Regain, avez-vous de bonne relations avec les groupes qui sont désormais sous cette nouvelle enseigne?
Nergal : Oh oui (rires)! Ils font même partie de mes groupes préférés! J’aime bien Marduk, je respecte Dark Funeral, et j’adore vraiment Samael… Et puis Regain est un label qui a su évoluer d’une manière surprenante en montant vraiment ce qu’il pouvait offrir aux groupes!
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Count D : Demigod est votre septième album. Il semble être différent des précédents, sortir un peu des sentiers battus… Où réside cette différence?
Nergal : Elle vient en fait d’un ensemble de détails qui fait que tout l’album se ressent d’une manière différente des autres. Nous avons réellement su avec Demigod faire aller notre musique dans une direction musicale intelligente. Il est plus catchy, plus mélodique, et en même temps c’est l’album le plus brutal de Behemoth à ce jour. Il possède une âme très conquérante et nous en sommes fiers.
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Count D : D’après toi, quel est l’album de la discographie du groupe qui est le plus important par rapport à votre histoire et votre musique?
Nergal : Hum… (temps de réflexion). En fait il y en a plusieurs. Le premier album d’abord parce que c’est le premier, et que c’est la chose dont un groupe sera toujours fier. Puis Satanica sans aucun doute, qui représentait une nouvelle direction musicale du groupe, celle dans laquelle nous allons aujourd’hui. Et enfin comme tu pouvais l’imaginer, notre dernier Demigod, parce qu’il apporte quelque chose de nouveau, surtout au niveau de la production.
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Count D : Serez-vous capables d’offrir au public des productions toujours plus fortes et des paroles toujours plus violentes?
Nergal : Oui bien sûr! Mais je ne pense pas que nos paroles soient réellement violentes. Elles sont plutôt sujettes à réflexion, elles disent finalement que tu dois être fier de ce que tu es, et de ce que tu te sens capable de faire…
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Count D : Demigod est alors un concept entier, ou plutôt la succession de thèmes indépendants?
Nergal : Disons que nous avons donné un sens général à l’album. Il ne s’agit pas réellement d’un album avec un concept unique, même si cela semble s’en rapprocher. Demigod signifie être moitié homme, moitié humain. C’est un état particulier dans lequel tu te retrouves à un moment particulier. C’est à l’auteur de s’intéresser aux paroles. Cela représente en tout cas la détermination et la force.
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Count D : N’as-tu jamais eu l’impression de faire toujours plus ou moins la même musique?
Nergal : Dans un sens oui mais tu sais, c’est moi qui ait enfanté ce groupe, et qui l’ait accompagné d’un black féroce à ce qu’il est aujourd’hui. Je me suis beaucoup attaché à ce style et je n’en changerai jamais, parce que c'est dans cela que je rayonne. Après, nos compositions évoluent dans le temps, nous apportons de nouvelles choses ou nous les travaillons de manière différente. Nous avons fait aller de l'avant Behemoth du mieux que nous pouvions, et le résultat est là.
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Count D : Quelle est la principale leçon que tu as apprise depuis tant d’années?
Nergal : D’abord qu’il faut toujours être loyal avec soi-même. Et surtout qu’il faut être fier de soi. Il faut se regarder dans un miroir et se dire que l’on est fiers de ce que l’on est et que l’on donnera le maximum de soi dans ce que l’on fait.
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Count D : Que penses-tu de la grande quantité de groupes extrêmes qui pullulent sur le marché aujourd’hui?
Nergal : Bonne question… Je pense que cela a à la fois un bon et un mauvais coté. Selon moi, plus il y a de groupes, plus le style se donne les moyens d’avancer, de trouver de nouveaux repères et de proposer des choses riches et intéressantes. D’un autre coté, plus il y a de groupes, plus il y a des merdes, d’attrape-couillons, en quelque sorte. En tout cas, cela permet de découvrir des groupes et musiciens de talent comme Scarve qui dégage une pêche incroyable. Leur son aussi est vraiment excellent.
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Count D : " Crush, Fukk, Create " est le second DVD qu’offre Behemoth à ce jour. Que présente-t-il?
Nergal : Tout d’abord, il s’agit en réalité du premier DVD officiel de Behemoth, puisque celui-ci a été autorisé par le groupe, contrairement à l’autre. Il présente de très bonnes choses à la fois en concert et hors de la scène. Il contient deux concerts, l’un de 2001 et l’autre de 2003. Le son est à chaque fois remasterisé, et j’apprécie vraiment ces concerts qui représentent bien ce que nous sommes.
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Count D : Ce DVD sort en même temps que votre dernier Demigod. S’agit-il d’une décision commerciale?
Nergal : Non, bien sûr. Le DVD a pris du retard puisqu’il était censé sortir avant les vacances, à l’origine. Et aujourd’hui il n’affecte en rien la sortie de Demigod puisque ces deux nouveautés se présentent sous des formats différents.
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Count D : Ok. Maintenant, quel titre de Demigod conseillerais-tu à un profane de cet album pour sa découverte?
Nergal : Très dure comme question puisque je pense évidemment à beaucoup de titres. Il ne faudrait de toute façon pas passer à coté de Sculpting The Throne Ov Seth et Demigod, qui sont au début de l’album et qui en sont les titres les plus forts. Il y a aussi Slaves Shall Serve et le superbe Xul!
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Count D : Un mot, pour finir?
Nergal : Oui! Nous jouerons bientôt en France, je ne sais pas encore où ni quelle date, il faut regarder sur notre site Internet. Il me semble que c'est à Paris-Locomotive mais aussi dans d’autres villes. Mais c’est en tout cas un grand plaisir de venir jouer dans ce pays. Alors portez bien haut le signe de la bête, nous nous croiserons bientôt!
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(interview réalisée le
1er octobre 2004 par Count D)