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Certains disques
annoncent la couleur dès le début. C'est le cas de ce Showdown qui
s'ouvre sur Shots Out, un mini-speech durant lequel le brailleur du
groupe énonce haineusement que le groupe est de retour, toujours
fidèle, nos amis on vous aime les mecs, nos ennemis fuck you.
Attitude, attitude! En tout cas cette entrée s'accorde fort bien
avec le répertoire du groupe danois qui donne dans le hardcore/punk
énervé, revendicatif et parfois festif, et sort ici son troisième
album. Le son de cet album est bien dans la tradition, tout en étant
moderne. L'album est tout sauf surproduit, avec un son de guitare très
cru qui n'a pas du sûbir beaucoup de retouches une fois sorti de
l'ampli. Par contre la prod (signée Dr. J.) ne sonne pas « garage »
non plus, et cet équilibre est bien trouvé. Il serait incongru
qu'un groupe de hardcore/punk dispose d'une prod énorme à la
Linkin Park, mais Barcode a su éviter le piège du « ouais,
sonnons comme de la merde exprès » qui les guettait au coin
du bois. Le mix est clair, tout ressort, c'est un son sans
fioritures mais de bonne qualité.
Pour
les musiciens, pas de grosse surprise. La guitare enchaîne les
riffs pas trop prise de tête toujours dans la même tonalité
(thrash power!) et la basse suit tout ça sans souci. Le batteur
alterne les différents tempos proposés par le groupe sans problème,
mais aussi sans brio notable. Barcode n'est pas un groupe qui met
l'exécution instrumentale en avant, il faut dire. Le chant est
particulier: ce type crie. Il ne s'agit pas de growl, de grunt ou
de je ne sais quoi, mais littéralement de cris! Il doit se faire
mal à force et le chant est de fait extrêmement linéaire mais
passe car il est très adapté à la musique. Ce registre correspond
tant au punk qu'au hardcore et au thrash, les trois courants sur
lesquels surfe le groupe. Ce n'est pas l'extase mais c'est cohérent,
en tout cas. Notons qu'il « chante » sur un seul titre
(Stressed) et que le résultat est bon... Dommage de ne pas avoir
continué dans cette voie.
Barcode
ne se laisse pas enfermer dans un style ultra-basique, et c'est là
une qualité inhabituelle pour un groupe oeuvrant dans ce genre
musical. Après un Rise To Dignity speedé et complètement punk, le
groupe enchaîne sans heurt sur le title-track Showdown, mid-tempo
hardcore recelant de plus des riffs thrash très agréables.
Et de titre en titre on retrouve ce dosage subtil (euh... « subtil »
n'est peut-être pas un adjectif très adapté au groupe) entre
parties punk speed qui sonnent comme autant d'hymnes à la bière et
titre syncopés mid-tempo hardcore tranchants et incisifs. Les
transitions sont pas mal gérées, et l'unité musicale de ce CD fait qu'on n'est absolument pas choqué de passer d'un titre à
l'autre.
D'ailleurs,
la limite de Barcode est là: le groupe a réussi à varier ses
approches d'une chanson à l'autre de par les tempos qui changent,
mais cela ne suffit pas à contrebalancer l'impression de déjà-entendu
qui s'installe quand on arrive au deux-tiers du CD. En effet, le manque de
variation du chant finit par lasser, et une fois qu'on a compris la
recette du groupe on se rend compte que tout ça reste au final
assez limité. On compte assez peu de « bombes »
sur Showdown, dans un style qui se veut pourtant efficace avant
tout. Quelques titres se détachent du lot, mais le reste n'est pas
assez original pour garder l'attention de l'auditeur captive sur le
long terme. Les passages punko-speed finissent par se ressembler...
Et lesdits changements de rythmiques finissent par être prévisibles
à force.
Pour
finir, Showdown est un album qui plaira sûrement beaucoup aux fans
de punk et de thrash/hardcore amateurs de simplicité brutale. Le
groupe a su se forger un son propre grâce à ses différentes
influences, et sa musique sera probablement très méchante en live.
Mais pour moi qui suis amateur de ce genre sans en être réellement
fan, ce CD manque encore trop de variété. Peut-être moins de
titres (il y en a seize) aurait atténué cette impression de répétition...
A noter la reprise d'Accept, « I'm A Rebel » qui relève
bien le niveau: le groupe réussit à en faire la chanson la plus
punk de l'album, ça sonne comme du Oi avec les choeurs et tout!
Une cerise bien agréable sur un gâteau pas mauvais mais un brin
indigeste tout de même.
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