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Alors
que je m’en étais arrêté au « Starfire Burning Upon The
Ice-Veiled Throne Of Ultima Thule », cet album de 1996 aux
titres aussi longs qu’épiques, voici le sixième et tant attendu
nouvel opus de Bal-Sagoth, cinq ans après « Atlantis
Ascendant », pas des plus remarqués. Tout ce temps aura servi
à composer une nouvelle fois une épopée magique dont seul le
groupe a le secret: le symphonic baroque black metal. Encore
une fois, la douzaine d’écoutes ne sera pas de trop pour
comprendre un peu de quoi il s’agit et pour pénétrer dans ce
monde musical très élaboré, complexe tel un labyrinth, aux
claviers et orchestrations ultra épiques et variées, et surtout,
oui surtout, ce double chant narré et extrême assez unique.Si on avait eu du mal à se sentir imprégné des
précédentes réalisations, « The Chthonic Chronicles »
est une porte un peu plus ouverte vers ce que le combo anglais tient
à exprimer. Peut-être parce que le coté tragique et surtout la
production tient cette fois la route. Alors bien sûr il y aura
toujours ce petit côté kitch et burlesque qui revient de temps à
autre, mais tout ceci est vite oublié parce les ambiances sont très
bien amenées et l’on est vite aspiré par l’instrumentalisation
déstructurée et un peu folle, variant entre le pur orchestral, le
death/black costaud et les narrations épiques et sombres. Si les riffs sont bien tranchants et les claviers
une symphonie malade épique complexe, Bal-Sagoth n’en oublie pas
ses origines plus extrêmes. Unfettering The Hoary Sentinels Of
Karnak et Invocations Beyond The Outer-World Night reflètent bien
ce propos. Ne s’arrêtant pas aux claviers de base, Bal-Sagoth
emploie ici tout un attirail invraisemblable et magique pour amener
l’auditeur dans un monde aventureux. Les rythmiques, les flûtes,
les orchestres, les chants d’opéra féminins et masculins etc: tout cet ensemble subtil forme un support presque cinématographique
à la Seigneur Des Anneaux, Conan le Barbare ou encore Final
Fantasy. Quelques titres sont d’ailleurs l’occasion pour ces
ambiances de s’épanouir pleinement dans un cercle instrumental
comme To Storm The Cyclopean Gates Of Byzantium et The Fallen
Kingdoms Of The Abyssal Plain, excellent par son approche électro.
Le dernier Return To Hatheg-Kla se veut une fin noire et maléfique,
dans le même ton que l’introduction au premier titre The Sixth
Adulation Of His Chthonic Majesty. Le chant de Byron s’est largement amélioré,
notamment les narrations, un vrai plaisir auditif pour ceux qui
adorent ce genre d’extras un peu tragiques, ajoutant une pincée
de sel au power metal développé par ailleurs. Sans jamais trop en
faire, les narrations équilibrent assez justement les parties
violentes des partis plus calmes. Le chant extrême hurlé contre
balance cet effet. Peut-être eu il été souhaité que ce dernier
soit mis davantage en avant, pour donner une puissance supplémentaire
à la face extrême de Bal-Sagoth. N’ayant pas les paroles de cet
opus, il sera difficile de donner un avis concernant l’épopée
racontée par « The Chthonic Chronicles », certainement
plus épique et surtout plus sombre que jamais. Plus sombre aussi
par une réalisation mieux contrôlée, les guitares étant bien mixées
avec les claviers et la batterie n’est pas en reste. Bref, il n’est pas facile de faire un état des
lieux de tout ce que peut apporter musicalement un tel album
tellement l’ensemble est complexe, et cela sur plus d’une heure
(album le plus long du groupe à ce jour). Il est très probable
qu’il ne plaise en rien aux plus puristes du genre, mais qui a de
l’ouverture d’esprit et surtout une envie de se laisser mener
par le lyrisme grandiloquent de Bal-Sagoth adorera cet album. Et de
toute façon qu’il plaise ou non, il sera (avec certainement
quelques autres du même groupe) une pièce à part entière dans le
milieu du métal extrême. RETOUR
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