Count D : Les années
ont passé depuis votre dernier assaut « Atlantis Descendant »
en 2001. Ce silence de plusieurs années a-t-il été en relation
avec Bal-Sagoth lui-même?
Byron Roberts (chant) :
Ce fut effectivement un temps assez long. Et c’est en effet en
partie dû au groupe, notamment parce que nous avons attendu que
les nouvelles techniques d’enregistrement sortent. Par le passé,
nous avions des cassettes et ce genre de vieilles choses qui ne
permettaient pas une grande flexibilité. Nous avons retravaillé
de nouveaux titres déjà composés avec des techniques plus
abouties.
Count D : Trois mots
pour décrire « The Chtonic Chronicles »?
Byron Roberts
: Tressaillement,
sinistre, et épopée. C’est un voyage terrifiant, une histoire
spirituelle dans des mondes et des non-réalités surprenantes.
Count D : Es-tu prêt
à dire que « The Chtonic Chronicles » est le meilleur
album de Bal-Sagoth?
Byron Roberts
: Certains membres
seraient d’accord pour dire cela. Je n’ai jamais pu pour ma
part dire si un album était meilleur ou pire qu’un autre. Ils
ont chacun une histoire et une essence particulière. C’est par
contre le meilleur quant à la production. Mais étant en train de
faire la promotion de « The Chtonic Chronicles », je
suppose tout de même que je devrais dire qu’il est le meilleur
(rires)!
Count D : La musique de
Bal-Sagoth a toujours été déstructurée. Comment se fait la
composition au sein du groupe?
Byron Roberts
: La musique suit un
processus de composition très complexe, en particulier les
claviers. Ce que nous faisons et que ne font pas les autres
groupes, c’est que nous n’écrivons pas les riffs de guitare.
Toute la musique est composée aux claviesr, autour de riffs de
claviers. Les guitares ne s’ajoutent autour de cette composante
que bien plus tard. Notre façon de composer rend notre musique
assez unique. Jonny Maudling (claviers) écrit toute la
musique. Je passe beaucoup de temps avec lui pour lui parler du
concept de l’album en cours, lui décrire ce que j’ai en
tête, l’histoire que je vais raconter. C’est pour cela
qu’il compose 99% de la musique. Chris Maudling (guitare)
compose le reste. Pour ma part, j’écris tous les textes.
Count D : Quel est pour
toi le profil idéal du fan de Bal-Sagoth?
Byron Roberts
: C’est
quelqu’un qui doit avoir beaucoup d’imagination, et qui
n’aime pas seulement s’échapper, mais aussi qui serait
intéressé par un étrange voyage, mené par une musique
changeante et surprenante. Si quelqu’un écoute un de nos albums
dans le noir, le casque sur les oreilles, ou bien plongé dans les
paroles, ne serait-ce qu’une heure, il entrera dans une nouvelle
réalité, un autre monde. Si nous pouvons l’aider à
transcender les barrières de l’ennui du quotidien, nous en
serons heureux. Il faut donc pour cela qu’il tende vers la
mythologie, le fantaisy, la musique symphonique et le black metal.
Count D : Et quel
serait le sentiment principal qui tu souhaiterais propager avec
« The Chtonic Chronicles »?
Byron Roberts
: Un mélange de
cauchemars et de rêves, sortant de cet ancien grimoire,
dévoilant la vraie source de l’origine de l’humanité, avec
tout ce que cela a de malsain. Et les personnages de cette saga
eux-mêmes, sont touchés par une influence malsaine. Je
m’inspire de mythes et de légendes, mais l’archéologie et
l’histoire sont aussi de grandes sources d’inspiration.
Lovecraft, Clark Ashton Smith, Tolkien etc: tous ceux-là aussi,
bien sûr, et le grimoire de « The Chtonic
Chronicles » rappelle même le Necronomicon. Ce nouveau
chapitre est bien sûr en relation directe avec toute la saga de
Bal-Sagoth, commencée en 1995. La Saga de Bal-Sagoth est un grand
cercle: le dernier titre de « The Chtonic Chronicles »
est Return To Hatheg-Kla et le premier de « A Black Moon
Broods Over Lemuria » est Hatheg Kla. La boucle est
bouclée, mais il et possible que notre saga ne s’arrête pas
là pour autant.
Count D : Est-ce facile
d’être un groupe tel que le vôtre en Grande Bretagne?
Byron Roberts
: Assez, oui. Il
n’y a pas de courrant musical principal qui pourrait nous
détourner de notre objectif. Mais il est vrai qu’étant une
minorité musicale, la presse et les médias nous ignorent.
Cependant comme nous ne vivons pas de notre musique, nous
n’avons aucune pression, personne pour nous obliger à faire
plus d’une heure de musique en cinq ans.
Count D : Quels sont
tes projets concernant Bal-Sagoth?
Byron Roberts
: Je suis en train
de reprendre des vidéos de concerts de nos débuts, notamment les
tournées avec Dark Funeral et Emperor en 1997. Cela pourrait intéresser
nos fans dans le futur.
Count D : As-tu un side
project te permettant de faire ce que tu ne t’autorises pas dans
Bal-Sagoth?
Byron Roberts
: Non, rien dans ce
goût-là. Et si je devais faire quelque chose, ce serait
reprendre les parties de clavier de nos albums et d’en faire
quelque chose de proprement symphonique, avec certainement
l’intervention de chant féminin. C’est la seule idée que
j’ai pour le moment avec Jonny.
Count D : Que dit-on de
mal sur Bal-Sagoth, médias comme public?
Byron Roberts
: Certains disent
que l’on fait de la musique pour dessins animés, notamment
parce qu’il y a des trompettes. Et c’est assez marrant
d’entendre cela, tous ces gens qui sont (comme moi), inspirés
par les vieux dessins animés. Mais ils ne vont pas très loin,
c’est de la pure haine. On nous a aussi bien sûr comparé à
Cradle Of Filth, parce que nous utilisons tous deux des claviers
et des ambiances. Mais enfin…. Il y a un monde entre eux et
nous! Certaines personnes ne redoutent pas les comparaisons
superficielles.
Count D : J’ai
entendu dire que vous étiez un bon groupe sur scène mais que
vous aviez des difficultés à retrouver toute la puissance de vos
albums. Qu’en est-il?
Byron Roberts
: Quand nous jouons
live, la dimension magique et mystique s’efface un peu, et
c’est très difficile de jouer notre musique sur scène. Nous
pouvons y retranscrire les parties de l’album, mais il est
impossible de tout reprendre en l’état. Avec les nouvelles
techniques digitales, il est devient possible de reprendre
beaucoup de parties de claviers, mais pour que tout puisse être
comme sur l’album, il nous faudrait une scène énorme, avec
beaucoup de moyens et de technique derrière.
Count D : Et
maintenant, que penses-tu de cette opposition ancestrale
France/Angleterre?
Byron Roberts
: Ah oui! Cette
vieille rancune qui dure depuis des centaines et des centaines
d’années. Toutes ces guerres passées entre la France et
l’Angleterre, non seulement en Europe mais aussi en Amérique du
Nord avec le Canada. J’ai grandi au Canada, et c’est bien le
genre de choses que l’on apprend aux jeunes dans les écoles,
sur l’origine du Quebec, sur la domination du Canada…
Count D : Mais pourquoi
roulez-vous à gauche?
Byron Roberts
: (rires) Cela vient
de plusieurs centaines d’années en arrière alors que les
routes étaient pavées. On les parcourait à cheval ou à pied,
l’épée portée à gauche, avec le risque de rencontrer des
ennemis. C’était donc beaucoup plus facile en étant à gauche
de la route de sortir l’épée du fourreau pour la brandir du
coté droit. Ca paraît ridicule, mais cela est vrai.
Count D : Merci pour
cette explication. Un dernier mot?
Byron Roberts
: Les gens doivent
réaliser que « The Chtonic Chronicles » est un
chapitre dramatique, une vraie combinaison de beaucoup
d’inspiration et d’histoire. Nous apprécions aussi beaucoup
le fait que les gens aient eu la patience d’attendre cinq ans
pour écouter un nouvel album de Bal-Sagoth!
RETOUR
A L'INDEX