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BAL-SAGOTH
1er mars 2006
  
JOURNALISTE :
Count D
  
INTERVIEW AVEC :
Byron Roberts
Chanteur
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Cinq ans d’absence totale auront tout de même profité à Bal-Sagoth, qui vient de nous sortir un très abouti « The Chtonic Chronicles » (cliquez ici pour lire la chronique). Toujours aussi sombre, grandiloquent, complexe, symphonique et narratif, cet album montre que la saga Bal-Sagoth n’est pas finie. Byron Roberts, parolier et chanteur de cette formation anglaise, a consenti à répondre à quelques interrogations.

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Count D : Les années ont passé depuis votre dernier assaut « Atlantis Descendant » en 2001. Ce silence de plusieurs années a-t-il été en relation avec Bal-Sagoth lui-même?

Byron Roberts (chant) : Ce fut effectivement un temps assez long. Et c’est en effet en partie dû au groupe, notamment parce que nous avons attendu que les nouvelles techniques d’enregistrement sortent. Par le passé, nous avions des cassettes et ce genre de vieilles choses qui ne permettaient pas une grande flexibilité. Nous avons retravaillé de nouveaux titres déjà composés avec des techniques plus abouties.

Count D : Trois mots pour décrire « The Chtonic Chronicles »?

Byron Roberts : Tressaillement, sinistre, et épopée. C’est un voyage terrifiant, une histoire spirituelle dans des mondes et des non-réalités surprenantes.

Count D : Es-tu prêt à dire que « The Chtonic Chronicles » est le meilleur album de Bal-Sagoth?

Byron Roberts : Certains membres seraient d’accord pour dire cela. Je n’ai jamais pu pour ma part dire si un album était meilleur ou pire qu’un autre. Ils ont chacun une histoire et une essence particulière. C’est par contre le meilleur quant à la production. Mais étant en train de faire la promotion de « The Chtonic Chronicles », je suppose tout de même que je devrais dire qu’il est le meilleur (rires)!

Count D : La musique de Bal-Sagoth a toujours été déstructurée. Comment se fait la composition au sein du groupe?

Byron Roberts : La musique suit un processus de composition très complexe, en particulier les claviers. Ce que nous faisons et que ne font pas les autres groupes, c’est que nous n’écrivons pas les riffs de guitare. Toute la musique est composée aux claviesr, autour de riffs de claviers. Les guitares ne s’ajoutent autour de cette composante que bien plus tard. Notre façon de composer rend notre musique assez unique. Jonny Maudling (claviers) écrit toute la musique. Je passe beaucoup de temps avec lui pour lui parler du concept de l’album en cours, lui décrire ce que j’ai en tête, l’histoire que je vais raconter. C’est pour cela qu’il compose 99% de la musique. Chris Maudling (guitare) compose le reste. Pour ma part, j’écris tous les textes.

Count D : Quel est pour toi le profil idéal du fan de Bal-Sagoth?

Byron Roberts : C’est quelqu’un qui doit avoir beaucoup d’imagination, et qui n’aime pas seulement s’échapper, mais aussi qui serait intéressé par un étrange voyage, mené par une musique changeante et surprenante. Si quelqu’un écoute un de nos albums dans le noir, le casque sur les oreilles, ou bien plongé dans les paroles, ne serait-ce qu’une heure, il entrera dans une nouvelle réalité, un autre monde. Si nous pouvons l’aider à transcender les barrières de l’ennui du quotidien, nous en serons heureux. Il faut donc pour cela qu’il tende vers la mythologie, le fantaisy, la musique symphonique et le black metal.

Count D : Et quel serait le sentiment principal qui tu souhaiterais propager avec « The Chtonic Chronicles »?

Byron Roberts : Un mélange de cauchemars et de rêves, sortant de cet ancien grimoire, dévoilant la vraie source de l’origine de l’humanité, avec tout ce que cela a de malsain. Et les personnages de cette saga eux-mêmes, sont touchés par une influence malsaine. Je m’inspire de mythes et de légendes, mais l’archéologie et l’histoire sont aussi de grandes sources d’inspiration. Lovecraft, Clark Ashton Smith, Tolkien etc: tous ceux-là aussi, bien sûr, et le grimoire de « The Chtonic Chronicles » rappelle même le Necronomicon. Ce nouveau chapitre est bien sûr en relation directe avec toute la saga de Bal-Sagoth, commencée en 1995. La Saga de Bal-Sagoth est un grand cercle: le dernier titre de « The Chtonic Chronicles » est Return To Hatheg-Kla et le premier de « A Black Moon Broods Over Lemuria » est Hatheg Kla. La boucle est bouclée, mais il et possible que notre saga ne s’arrête pas là pour autant.

Count D : Est-ce facile d’être un groupe tel que le vôtre en Grande Bretagne?

Byron Roberts : Assez, oui. Il n’y a pas de courrant musical principal qui pourrait nous détourner de notre objectif. Mais il est vrai qu’étant une minorité musicale, la presse et les médias nous ignorent. Cependant comme nous ne vivons pas de notre musique, nous n’avons aucune pression, personne pour nous obliger à faire plus d’une heure de musique en cinq ans.

Count D : Quels sont tes projets concernant Bal-Sagoth?

Byron Roberts : Je suis en train de reprendre des vidéos de concerts de nos débuts, notamment les tournées avec Dark Funeral et Emperor en 1997. Cela pourrait intéresser nos fans dans le futur.

Count D : As-tu un side project te permettant de faire ce que tu ne t’autorises pas dans Bal-Sagoth?

Byron Roberts : Non, rien dans ce goût-là. Et si je devais faire quelque chose, ce serait reprendre les parties de clavier de nos albums et d’en faire quelque chose de proprement symphonique, avec certainement l’intervention de chant féminin. C’est la seule idée que j’ai pour le moment avec Jonny.

Count D : Que dit-on de mal sur Bal-Sagoth, médias comme public?

Byron Roberts : Certains disent que l’on fait de la musique pour dessins animés, notamment parce qu’il y a des trompettes. Et c’est assez marrant d’entendre cela, tous ces gens qui sont (comme moi), inspirés par les vieux dessins animés. Mais ils ne vont pas très loin, c’est de la pure haine. On nous a aussi bien sûr comparé à Cradle Of Filth, parce que nous utilisons tous deux des claviers et des ambiances. Mais enfin…. Il y a un monde entre eux et nous! Certaines personnes ne redoutent pas les comparaisons superficielles.

Count D : J’ai entendu dire que vous étiez un bon groupe sur scène mais que vous aviez des difficultés à retrouver toute la puissance de vos albums. Qu’en est-il?

Byron Roberts : Quand nous jouons live, la dimension magique et mystique s’efface un peu, et c’est très difficile de jouer notre musique sur scène. Nous pouvons y retranscrire les parties de l’album, mais il est impossible de tout reprendre en l’état. Avec les nouvelles techniques digitales, il est devient possible de reprendre beaucoup de parties de claviers, mais pour que tout puisse être comme sur l’album, il nous faudrait une scène énorme, avec beaucoup de moyens et de technique derrière.

Count D : Et maintenant, que penses-tu de cette opposition ancestrale France/Angleterre?

Byron Roberts : Ah oui! Cette vieille rancune qui dure depuis des centaines et des centaines d’années. Toutes ces guerres passées entre la France et l’Angleterre, non seulement en Europe mais aussi en Amérique du Nord avec le Canada. J’ai grandi au Canada, et c’est bien le genre de choses que l’on apprend aux jeunes dans les écoles, sur l’origine du Quebec, sur la domination du Canada…

Count D : Mais pourquoi roulez-vous à gauche?

Byron Roberts : (rires) Cela vient de plusieurs centaines d’années en arrière alors que les routes étaient pavées. On les parcourait à cheval ou à pied, l’épée portée à gauche, avec le risque de rencontrer des ennemis. C’était donc beaucoup plus facile en étant à gauche de la route de sortir l’épée du fourreau pour la brandir du coté droit. Ca paraît ridicule, mais cela est vrai.

Count D : Merci pour cette explication. Un dernier mot?

Byron Roberts : Les gens doivent réaliser que « The Chtonic Chronicles » est un chapitre dramatique, une vraie combinaison de beaucoup d’inspiration et d’histoire. Nous apprécions aussi beaucoup le fait que les gens aient eu la patience d’attendre cinq ans pour écouter un nouvel album de Bal-Sagoth!

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