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Ayreon - The Human Equation (2004) |
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Après l'interlude Star One, Arjen Lucassen reprend du service avec son prog rock opera Ayreon. Comme à son habitude l'album est ambitieux avec deux galettes totalisant pas moins de vingt pistes et une heure quarante de musique! Au générique des chanteurs on retrouve ici James Labrie (Dream Theater), Heather Findlay (Mostly Autumn), Magnus Ekwall (The Quill), Eric Clayton (Saviour Machine), Devon Graves (Dead Soul Tribe), Mike Baker (Shadow Gallery), Devin Townsend (Strapping Young Lad), Mikael Akerfeldt (Opeth), Irene Jansen (Karma), Marcela Bovio et bien entendu Arjen Lucassen. Ce dernier n'a pas rompu avec la tradition et propose une casting de premier choix. Mais qu'en est-il de la musique?
Première remarque c'est bien un album d'Ayreon auquel on a affaire, et non pas un de Star One. En effet, il n'y a presque rien de metal ici. Cet aspect n'est pas totalement effacé pour autant. Le début et la fin d'un titre comme Day Fourteen : Pride sonnent comme un compromis entre du Dream Theater et du Devin Townsend, notamment pour le son. La majorité du CD incorpore simplement quelques influences metallistes, bien digérées (Day Two : Isolation, Day Eleven : Love...). Le plus souvent on entend le bruit si caractéristique des rythmiques dynamiques d'Arjen Lucassen.
Mais The Human Equation est davantage rempli de chansons pop/rock avec un très fort penchant pour le folklore. Les flutes et les violons font de multiples apparitions, parfois de manière relativement étrange (Day Fourteen : Pride, Day Eighteen : Realization). On a alors du mal à ne pas penser à l'orchestre colombien local... Day Sixteen : Loser est le seul titre où le folk est très bien intégré à l'ensemble, ses éléments se combinant à merveille avec la loudeur des riffs analogiques. Le final porté par l'illuminé Devin Townsend est transcendental et rappelle les excellents Tuatha De Danann tout comme la structure des couplets/refrains rappelle un autre taré répondant au nom de Nick Cave. Ce morceau est une franche réussite et parvient à tirer l'auditeur de l'état de léthargie dans lequel l'a plongé The Human Equation jusque là...
Car il faut bien reconnaître que ce disque est très monocorde, surtout le deuxième disque d'où ne ressort quasiment rien à part le splendide Day Sixteen : Loser. Il enchaîne les chansons pop sans grande inspiration et, plus embêtant, sans grande différenciation. Heather Findlay rend tout de même intéressant Day Nineteen : Disclosure grâce à son timbre de voix pur qui se fond merveilleusement avec celui d'Arjen Lucassen. D'ailleurs avec Devin Townsend, Heather Findlay est la grande "gagnante" de The Human Equation. Au rang des déceptions on notera surtout Mikael Akerfeldt qui livre des lignes de chant robotiques sans aucune personnalité. Peut-être que ce dernier n'est à l'aise que lorsqu'il écrit lui-même ses chansons. James LaBrie, comme tous les autres chanteurs, fait pour sa part une prestation sans véritable surprise mais classieuse.
The Human Equation relance le débat sur les doubles albums qui ne devraient sortir qu'en simple. Ici, je pense que tout le monde s'accordera a dire que le simple aurait été une meilleure option et aurait eu le mérite de condenser en une galette des morceaux très réussis dans de multiples styles: rock prog (Day Two : Isolation), pop (Day Seven : Hope), metal prog (Day Eleven : Love), folk hybride (Day Sixteen : Loser) et ballade (Day Nineteen : Disclosure). Au lieu de cela on reste sur une impression de frustation. Arjen Lucassen a eu les yeux plus gros que le ventre, mais on ne lui en veut pas car il faut pouvoir composer et réaliser une oeuvre aussi imposante que The Human Equation, sorte de grosse production cinématographique américaine ne tenant malheureusement pas tout à fait ses promesses...
13/20
-the lord (Avril 2004)
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