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Astonvilla - Live au Cargo De Nuit (Arles)
10 décembre 2005
par Daphné

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20h45. La température extérieure frôle les 0°c, Arles se morfond en cette triste et froide soirée. Car Arles, quand il y caille, peu importe si l’on est samedi: c’est mort. Morts également, de froid, les quelques spectateurs venus en avance au concert. La salle ouvre à 21h, pas avant. Le temps de sonder le public frigorifié: des jeunes, des pas jeunes, des hommes, des femmes, des chevelus, des chauves… Astonvilla touche tous les publics, des anciens fans de Trust et Noir Désir, aux nouveaux qui découvrent le rock français d’aujourd’hui. Les portes ouvrent, première rentrée ou presque, je grimpe au balcon face à la scène et m’y installe. La salle est petite, et dans cet espace confiné, il suffit presque de tendre le bras pour toucher les artistes. Ca tombe bien, Astonvilla sont accessibles.

Le début a trente minutes de retard, on crie, et ils s’amènent. Arrive d’abord Greg, le batteur, les cheveux longs jusqu’aux fesses (salaud, je veux les mêmes!) et le sourire jusqu’en haut des oreilles. Le public l’aime déjà. Puis Manu le gratteux et le bassiste. Et Fred au chant. Et c’est parti! On démarre avec le meilleur moment de l’album Strange, le titre Invincible. Fred (je l’appelle ainsi parce que c’est le genre de gars tellement amical qu’on a l’impression que c’est un pote de toujours) est une pile électrique, il saute partout, traverse la – petite – scène en long et en large, et ne quitte presque jamais du regard le public, si ce n’est pour le poser sur ses camarades. Si tous les artistes étaient aussi généreux… Et le public leur a bien rendu. On a tous été réceptifs et chaleureux, et la communion avec le groupe était presque parfaite.

Petite salle oblige, le son saturait (mais baissez!) tout en restant audible, les musicos n’ont fait aucune fausse note, étaient en parfaite harmonie les uns avec les autres, s’amusaient vraiment comme des fous et ont su garder leur humour quand l’ampli de la guitare s’est mis à déconner. Eux, ils savent prendre les choses du bon côté, et plutôt que de s’en excuser platement, ils en ont ri et ont improvisé tant qu’ils pouvaient: « putain Hubert (l’ingénieur du son, ndlr), t’as fini tes conneries? En plus ma maman est dans la salle, ça le fait pas! ». Ah, oui: Fred est du coin. Alors quand la star joue à domicile, c’est encore plus chaud.

Tout le dernier album ou presque a été joué, avec de-ci de-là des titres des albums précédents (mais rares – n’oublions pas que le line-up est relativement nouveau) tels que Invincible, Wash My Soul, Voiture Française de Strange, et Les Codes tirés de leur premier disque. Il était inévitable d’entendre Raisonne et Le Chien, qui sont arrivés après le rappel, durant lequel nous avons eu droit à une reprise de Johnny Cash (qui l’avait reprise de Nine Inch Nails), Hurt, en duo guitare/voix très émouvant.

Le concert fut grand. J’aimais déjà beaucoup Astonvilla pour leur humilité (et leur musique évidemment), je les aime encore plus. Simples mais pas cons, accessibles, amicaux, sympathiques, drôles… Les qualificatifs pleuvent pour décrire ces bons gars. Dommage pour moi que – ahem, la honte – je me sois méchamment faite repérer sur mon balcon. J’avais oublié mon stylo pour noter la set-list et j’ai dû tout noter sur mon téléphone portable, et je me suis faite gaulée par le chanteur (j’étais pile en face), qui, je le sais, déteste les gens qui font joujou avec leur téléphone pendant le concert. Tant pis pour mon image, la Terre des Immortels passe avant.

 

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Setlist:

Invincible
Wash My Soul
Tête De Lune
Croiser Le Fer
Voiture Française
Un Homme Bien
Ma Blonde
Soldier
Rock Music
Coming Out
Les Codes
Champagne
Un Million De Lézards
Regarde-moi
De Jour Comme De Nuit
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Hurt
Raisonne
Le Chien
L’Âge d’or
J’en Rêve

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