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Avec Peppers' Ghost (cliquez pour lire la chronique), Arena célèbre ses dix ans de carrière. Nul doute que cette fête aura lieu sur scène mais pour l'heure on pourra se délecter d'un nouvel album qui fait honneur à ce groupe de rock néo progressif. Sept chansons et un concept travaillé des plus intéressants; il n'en fallait pas plus pour nous mettre l'eau à la bouche...
-the lord : Déjà dix ans d'Arena! Il est temps de faire le point sur votre discographie. Que retiendrais-tu de chacun des albums du groupe?
Clive Nolan (claviers) : Quand nous avons fait Songs From The Lions Cage, nous n'avions aucune idée de ce que les gens en penseraient. Mick Pointer avait été dans Marillion mais entre temps il n'avait pas fait grand chose donc nous étions dans l'inconnue la plus totale. Nous avons été surpris des bonnes réactions que réçut Songs From The Lions Cage. Ce fut un bon départ et il fallait ensuite confirmer par ce qui est l'exercice le plus difficile pour n'importe quel groupe: le deuxième album! Les gens nous attendaient au tournant pour Pride. Les problèmes de line-up ont commencé avec ce disque ce qui ne nous a pas spécialement aidé mais heureusement nous avons pu faire une bonne tournée contrairement à l'année précédente où les problèmes internes nous en ont empêché. Pride nous a permis de franchir un cap dans notre carrière mais sans toutefois rencontrer un gros succès.
Avec The Visitor, nous sommes revenus au premier plan. La pochette de cet album est superbe; elle est signée par l'illustrateur des albums de Rush. Il s'agit d'un concept-album qui a plu à énormément de personnes. C'est également un album que l'on peut apprécier à plusieurs niveaux. La longue tournée qui a suivi cet album a provoqué des tensions internes ce qui a conduit à un nouveau changement de line-up pour Immortal?. C'est un bon album mais je suppose qu'il a souffert du changement de musiciens. Ce disque nous a permis de trouver notre identité musicale et à partir de là nous n'avons fait qu'évoluer. Contagion était un autre concept-album qui a été suivi de notre plus grosse tournée à ce jour. Le public a répondu présent massivement. C'est encore un pas en avant; en 2005 nous revenons avec Pepper's Ghost, le sixième album de la série.
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-the lord : Après Contagion vous avez sorti deux EPs (Contagium et Contagious). Quelle en est la raison?
Clive Nolan : Après l'écriture de Contagion nous avions beaucoup de morceaux en trop. Nous avions pensé à faire un double album mais je n'aime pas les double albums, en tout cas pour les albums studio. Les auditeurs ne se concentrent pas assez sur les doubles. Nous avons donc décidé de mettre les meilleures chansons qu'il nous restait sur des EPs. Il y a un tracklisting qui permet de reconstituer l'ordre prévu de toutes les chansons et d'ainsi avoir le "director's cut", si vous voyez ce que je veux dire. Peut-être qu'à l'avenir nous ferons une édition spéciale qui regroupe tout, mais ce n'est pas très importante puisque de toute manière la musique est disponible.
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-the lord : D'un point de vue de claviériste, qu'est-ce Pepper's Ghost t'as permis de faire?
Clive Nolan : Il m'a permis de rester en studio pendant huit mois (rires). Le fait de venir faire cette interview m'a permis de sortir (rires)! Sérieusement, les claviers sont la base de la musique mais s'effacent quelque peu lorsque les autres instruments sont enregistrés par dessus. J'en remets donc parfois une couche à la fin de l'enregistrement, si nécessaire. J'ai joué de façon particulièrement originale sur Opera Fanatica, en duo avec la guitare. J'ai voulu ramener cette impression de duel entre les claviers et les guitares.
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-the lord : Tu parlais de palliers franchis avec la plupart des albums d'Arena. Quelle est l'évolution apportée par Pepper's Ghost?
Clive Nolan : L'évolution se situe dans la production. J'en étais responsable et je voulais essayer de nouvelles choses. La batterie est plus brute et les guitares un peu plus heavy. Il en ressort un son nettement plus "live" que sur les autres albums. Il y a des expérimentations avec le chant aussi; par exemple le morceau Opera Fanatica comporte plus de quarante pistes vocales à un moment. Il était important de réinventer Arena car après dix ans d'existence, nous voulons que les gens nous jugent avec un regard neuf. L'illustration de la pochette et le concept accentuent encore cet aspect des choses.
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-the lord : Justement quelle est l'idée qui se cache derrière les personnages que l'on peut voir sur la pochette?
Clive Nolan : Chaque personnage réprésente un membre d'Arena dans l'époque victorienne. Nous avons crée notre propre environnement comme Batman et Gotham City. Je suis le type au fond avec la lanterne. J'ai les yeux qui brillent car je peux voir des choses cachées. Cela est dû à un exorcisme qui s'est mal passé. Rob est tout devant, c'est un albino spécialisé dans les combats à l'épée. Mick est à côté de lui qui est un tireur professionnel hyper doué. De l'autre côté avec une montre, on peut voir John Mitchell l'inventeur d'une machine à remonter le temps. Seul problème cette machine ne peut remonter le temps que de sept secondes. Ce sont tous des personnages complexes, dont les personnalités comportent un côté sombre. Enfin le gars tout devant est un ninja qui ne pourra mourir que lorsqu'il aura vengé sa famille en tuant ses meurtriers.
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-the lord : Quel est le concept de Pepper's Ghost?
Clive Nolan : Les sept chansons traîtent toutes de la folie. Nous avons fait assez d'albums sur la fin du monde et avons décidé d'être plus joyeux et ainsi nous intéresser aux fous (rires). Nous passons en revue les troubles obsessionnels et les traumatismes profonds. Nous avons ensuite associé ces idées aux dessins. Ces derniers sont réellement superbes dans le digibook de l'édition limitée de Pepper's Ghost.
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-the lord : Allez-vous exploiter les cinq personnages lors de prochaines sorties?
Clive Nolan : Pas pour d'autres albums, non, mais je pense qu'ils ont un avenir. Nous pensons à faire un programme pour la tournée du dixième anniversaire qui pourrait les voir réapparaître dans de nouvelles histoires. Si cela ne tenait qu'à moi je continuerais à les utiliser pour tous nos albums mais cela irait à l'encontre de notre désir d'évoluer et d'aller de l'avant.
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-the lord : Qu'est-ce qui t'as le plus plu dans la conception de ce Pepper's Ghost?
Clive Nolan : Au départ je ne voulais pas être l'unique producteur mais au final cela s'est avéré très drôle car je n'ai pas eu à m'imposer la moindre restriction.
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-the lord : De quelle manière penses-tu que les chansons très théâtrales de Pepper's Ghost vont rendre en concert?
Clive Nolan : Je suis certain qu'elles rendront très bien. Jusqu'à présent, à chacun de nos albums les morceaux ont toujours bien passé l'épreuve du live. Si certains passages sont durs à retranscrire, nous trouvons des solutions. Ce sera sans doute plus rock. Nous sommes énergiques et enthousiastes sur scène. J'ose espérer que nous sommes raisonnablement divertissants. Il y a de l'humour ainsi qu'un aspect théâtral. Il y a beaucoup de raisons valables d'aller voir Arena sur scène. Notre DVD, bien qu'il ne soit pas mauvais, ne retranscrit pas tout à fait ce que nous sommes sur scène. Il y a tellement de choses qui se passent sur scène et tellement de choses à ressentir au sein du public que le DVD ne peut être entièrement fidèle.
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-the lord : Qu'écoutes-tu ces temps-ci?
Clive Nolan : De la musique orchestrale et généralement des bandes originales de films. Je citerais par exemple Danny Elfman, Ennio Morricone ou encore John Williams. J'aime beaucoup la musique de Pirates Des Caraïbes. En plus, j'écoute pas mal de Frank Sinatra. Nous ne restons pas fermés à la scène rock car nous voulons apprendre des autres groupes mais chez moi j'écoute rarement du rock.
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(interview réalisée le
9 décembre 2004 par -the lord )