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S'il y a un groupe qui a de la chance en ce moment, c'est bien Arch Enemy. Non seulement avec leur chanteuse ils bénéficient pleinement du buzz entourant les formations à chant féminin mais, en plus, de par la violence mélodique de leur musique ils surfent sur la vague de l'engouement pour cette scène, particulièrement aux Etats-Unis. Et comme cela faisait un an que le groupe n'avait rien sorti, il propose un EP bien rempli, Dead Eyes See No Future (cliquez pour lire la chronique). On parle de tout cela (ou presque) avec l'atout de charme, Angela Gossow, très bavarde.
-the lord : Qu'est-ce que vous a poussé à sortir un EP qui à plus ou moins comme but de soutenir et promouvoir un album sorti il y a plus d'un an?
Angela Gossow (chant) : A l'origine, cet EP devait sortir uniquement au Japon lors de notre tournée là-bas. C'est une tradition pour beaucoup de groupes de faire un album spécial à l'occasion d'une tournée importante et Arch Enemy ne déroge pas à la règle! Nous voulions mettre le clip de We Will Rise dessus car de nombreuses personnes au Japon n'ont pas pu le voir. De plus, durant l'année nous avions enregistré quelques concerts et nous avons pensé qu'il serait cool d'en inclure quelques extraits. Enfin, nous avions des reprises de côté. Tout cela faisait un beau package mais qui n'était, je le répète, destiné qu'au marché japonais. Century Media nous a demandé de sortir quelque chose car nous repartons en tournée en Novembre. Anthems Of Rebellion est assez vieux maintenant donc je crois que le label a eu raison de nous pousser à sortir un EP qui rappelle aux gens notre existence!
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-the lord : L'EP contient votre clip ,de haute qualité pour un groupe de metal, We Will Rise. Avec le recul penses-tu que ça valait le coup d'investir autant dans ce clip?
Angela Gossow : Oh oui! D'ailleurs nous venons d'en faire un autre pour Dead Eyes See No Future avec des images du dernier concert français à l'Elysée Montmartre. On voit même l'inscription Elysée Montmartre (rires). En tout cas, le clip de We Will Rise a porté ses fruits puisque nous sommes passés régulièrement sur MTV, ZTV et VH1 au moment de nos tournées. Enormément de personnes ont été converties à notre musique simplement parce qu'elles ont vu notre clip. C'est surtout vrai pour le marché américain où nous avons été énormément soutenus. Les chaînes de télévision s'intéressent de nouveau au metal et c'est super pour nous.
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-the lord : Dead Eyes See No Future risque de plaire aux fans français puisque l'on retrouve trois extraits de votre dernier show parisien. Quel souvenir gardes-tu de ce show?
Angela Gossow : C'était dur! Il y avait en plus du concert de nombreuses interviews à réaliser. Il y avait beaucoup de personnes de la presse, les gens du label mais aussi le fan club. Je n'ai pas pu rencontrer le fan club car j'étais un peu malade mais j'ai dû m'entretenir avec toutes les autres personnes dans un chaos complet! Nous commencions peu à peu à ressentir la pression car nous savions que nous enregistrions. De toute manière si nous oubliions tous les journalistes se chargaient de nous le rappeler (rires). Il nous fallait donc rester concentrés sur le concert avant tout. J'étais vraiment très nerveuse. Je le suis habituellement mais là c'était encore pire puisque tout le monde me rappellait que le concert était capital!
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-the lord : Perçois-tu une différence entre le public français et les autres publics devant lesquels Arch Enemy s'est produit?
Angela Gossow : Lorsque l'on joue devant mille personnes on ressent de toute façon une montée d'adrénaline, quel que soit la nationalité du public. L'atmosphère générale est tout le temps électrique car il y a une excitation réciproque au sein des gens composant le public. Pour nous, jouer dans ces conditions ne peut qu'être génial! Toutefois, il est vrai que nous ne jouons pas devant mille personnes dans tous les pays. Nous avons une fanbase de qualité et nombreuse en France et en Europe en général. L'Elysée Montmartre est une superbe salle également, très classe. Je dois t'avouer que le fait d'être enfin arrivé à jouer dans cette salle est une petite consécration pour nous tant les groupes qui ont foulé ses planches sont reconnus (rires).
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-the lord : Est-ce qu'à l'origine vous aviez prévu de sortir tout le concert parisien en tant qu'album live?
Angela Gossow : Ca n'a jamais été très clair. Nous avons également des bandes de shows japonais et je pense que nous pourrions sortir un album live à partir de tout cela. Je t'avouerai que je n'ai pas encore tout écouté (rires). En tout cas le concert de l'Elysée Montmartre a été filmé, au moins en partie, mais je ne sais pas si nous en avons les droits. De toute façon nous sortirons un DVD tôt au tard car nous avons énormément de séquences disponibles que ce soit ce concert français ou d'autres au Japon et aux Etats-Unis. Evidemment nous avons pas mal tourné backstage aussi. Nous sommes littéralement assis sur une tonne de cassettes vidéo (rires). Je crois que nous en avons 150. Il faudrait que nous bloquions des journées entières pour tout regarder. C'est sûrement pour cela que beaucoup de groupes ne sortent pas de DVD: la quantité de travail que cela implique est immense. Nous ne voulons pas nous satisfaire d'un DVD de base comme il en existe beaucoup dans le domaine du metal. C'est comme pour nos albums, nous avons des standards de qualité à respecter.
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-the lord : Vous êtes connus pour être très bons en live. Alors qu'est-ce qui rend Arch Enemy si spécial sur scène?
Angela Gossow : Du premier au dernier morceau nous donnons tout. Il y a beaucoup d'énergie à nos concerts. Pour faire simple, nous ne nous sommes pas des fainéants sur scène. Nous avons une attitude très metal/punk puisque nous jouons la guitare derrière le dos (rires). Je crois que beaucoup de groupes n'arrivent pas à faire le show et à jouer en même temps donc c'est notre force. C'est un peu comme les groupes de classic rock à la Van Halen. Nos concerts ne sont peut-être pas très américains mais nous jouons avec les micros et les instruments non stop! Enfin, nous faisons énormément participer le public.
-the lord : Mis à part les morceaux live, Dead Eyes See No Future contient trois reprises. Peux-tu nous dire comment vous avez choisi de reprendre du Megadeth, du Manowar et du... Carcass?
Angela Gossow : Nous nous sommes dits qu'il fallait absolument mettre autre chose sur cet EP que trois morceaux live. Nous avons rapidement pensé à faire quelques reprises et à ce moment nous nous sommes demandés quelles chansons nous étions capables de jouer (rires). Je tenais absolument à faire un titre de Carcass bien que Mike Amott s'y opposait. Pour Manowar c'est un peu différent. J'ai toujours trouvé ce groupe pourri et plein de clichés -surtout d'un point de vue féminin- mais lorsque nous avons enregistré Kill With Power nous étions très satisfaits de notre version. Peut-être que j'ai un regard différent sur Manowar aujourd'hui (rires). La reprise de Megadeth était plus pour le fun que les deux autres.
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-the lord : Allez-vous faire d'autres reprises à l'avenir et en avez-vous encore sous le coude?
Angela Gossow : Non nous n'avons pas enregistré d'autres reprises pour l'instant. Mais je pense que nous en ferons d'autres à l'avenir pour des éditions limitées d'albums par exemple. Je crois que si nous nous appliquons ça plaira (rires). J'ai déjà entendu de très mauvaises reprises de Slayer donc il faudra que nous restions attentifs!
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-the lord : Laquelle des trois reprises avez-vous le mieux réussi à ton avis?
Angela Gossow : J'aime beaucoup celle de Carcass car c'est mon groupe préféré des trois. Mais en termes de qualité je pense que c'est celle de Manowar car nous lui avons fait subir un bon lifting! C'est ce qu'il faut faire quand on décide d'enregistrer une reprise. Au final, la chanson sonne complètement comme du Arch Enemy et ce n'était pas gagné à la base.
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-the lord : Dirais-tu qu'elle est meilleure que le titre original?
Angela Gossow : Elle est plus technique, peut-être, mais pas meilleure. Ce sont quand même eux qui ont écrit ce titre (rires)! Nous avons su tirer parti du meilleur matériel qui existe de nos jours pour rendre ce titre plus moderne.
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-the lord : En tant que chanteuse, quel regard portes-tu sur les chanteurs de Carcass, Megadeth et Manowar qui sont tous assez différents?
Angela Gossow : Je trouve que Dave Mustaine est un chanteur sous-estimé car il est très technique. Sa façon de chanter, de prononcer les mots va à l'encontre du schéma rythmique des guitares et de la batterie. Ainsi, il est très dur à copier. J'ai souvent entendu les gens dire qu'il ne savait pas chanter, je ne peux pas laisser passer ça (rires). Il est très bon et le fait d'avoir repris Symphony Of Destruction n'a fait qu'augmenter le capital respect que j'ai vis à vis de lui. Pour Manowar... c'est Joey DeMaio le chanteur?
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-the lord : Non Joey est le bassiste, le chanteur de Manowar est Eric Adams.
Angela Gossow : Ah oui! Joey est le seul que je connaisse (rires). Eric chante de manière très mélodique et j'ai tenté de suivre son style de la meilleure des manières en accentuant le côté extrême du chant. J'adore les paroles de Kill With Power, elles n'ont pas un sens très profond "Kill with power, die die" (rires). Enfin en ce qui concerne Carcass c'était le plus simple car j'ai un peu le même style. La différence majeure est que j'ai essayé de rendre les paroles plus compréhensibles. C'est venu naturellement car je n'ai pas le même accent anglais que Jeff Walker (rires). De toute manière même en lisant ses textes on ne comprend rien!
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-the lord : As-tu déjà entendu ce qu'Eric Adams arrive à chanter sur le dernier album de Manowar?
Angela Gossow : Non. Jusqu'à présent j'étais totalement allergique à ce groupe, je les prenais pour des gays. C'est vraiment du metal macho anti-féministe. Ca en devient risible. Mais il est vrai que musicalement j'ai entendu de bonnes choses comme l'album Hail To England. C'est du bon vieux metal heavy/thrash (rires) qui ne ressemble pas spécialement aux autres chansons plus récentes que j'ai pu écouter de Manowar. Je n'aime pas le power metal mais je viens de découvrir que le groupe n'était pas véritablement du power metal.
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-the lord : Beaucoup de groupes disent que le fait d'enregistrer des reprises les aide à rester créatifs. Tu confirmes ou non?
Angela Gossow : Honnêtement je ne pense pas que l'inspiration vienne en faisant des reprises. Notre démarche n'a pas été compliquée, nous avons vraiment choisi trois morceaux de qualité que nous savions jouer et c'est tout. Elles étaient en boîte en une journée et voilà! C'est peut-être efficace pour des groupes qui se cherchent encore musicalement ou qui veulent expérimenter de nouvelles techniques d'écriture.
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-the lord : Où en est votre nouvel album? Que peux-tu nous dire à son propos?
Angela Gossow : Six ou sept chansons sont d'ores et déjà écrites ou presque. Nous en ferons des démos après la tournée qui commence dans quelques jours. Nous irons en studio aux alentours de mars 2005. Nous allons prendre du temps car nous voulons un album excellent (rires). Il sera sans doute plus brutal que notre dernier album mais aussi plus technique. Il marquera notre retour aux délires propres à Arch Enemy comme cela personne ne pourra plus nous copier (rires).
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-the lord : Maintenant qu'Anthems Of Rebellion est sorti il y a plus d'un an et que tu peux porter un oeil critique dessus, quel est ton album préféré d'Arch Enemy?
Angela Gossow : (temps de réflexion interminable) Très dur à dire mais j'opterais pour Wages Of Sin car c'est notre album le plus varié. Il y a différentes atmosphères agréables. Je ne suis pas de celles qui écoutent leurs propres albums mais les seules fois où je le fais c'est lorsque nous jouons un concert et que nous voulons proposer une vielle chanson dont j'ai du mal à me rappeller avec précision. Sur certains de nos disques nous restons un peu trop monocordes alors que Wages Of Sin a ses hauts et ses bas en quelque sorte.
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-the lord : A ce jour quelle a été ta meilleure expérience au sein d'Arch Enemy?
Angela Gossow : (rires) C'est difficile de trouver un seul événement au cours de ces quatre dernières années et demi. Mais peut-être le concert à Tokyo où nous avons joué pour deux mille personnes. Je te promets que tout le monde chantait tous les refrains et toutes les mélodies des soli de guitares. Nous avons des vidéos qui le prouvent (rires). Nous avons joué Fields Of Desolation qui est très apprécié au Japon mais que nous n'avions pas interprété depuis des lustres. Et comme nous avons fini avec ce titre les gens se sont mis à pleurer tout en chantant. Nous ne sommes qu'un groupe de metal, comment pouvons-nous transmettre autant d'émotion? Tous les détracteurs du metal devraient bien se rendre à l'évidence que notre musique n'est pas agressive.
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(interview réalisée le
21 octobre 2004 par -the lord )