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Depuis l'arrivée
d'Angela Gossow dans le groupe, la carrière d'Arch Enemy a vraiment
décollé. Artistiquement, tout d'abord, puis médiatiquement
ensuite, l'ampleur prise par le quintette a de quoi surprendre.
Difficile cependant de dire que cela ne soit pas mérité tant la
qualité musicale est de la partie depuis Wages Of Sin. Pourtant,
avec Doomsday Machine le groupe fait encore plus fort encore. On
tient enfin le disque d'Arch Enemy qui mélange toutes les
influences de ses membres. D'une intro aux teintes stoner (Enter The
Machine) à
un instrumental heavy blues/rock à la Yann Armellino (Hybrids Of
Steel) en passant par
du death/black mélodique ténébreux (Taking Back My Soul, Carry
The Cross, I Am Legend/Out For Blood), du
"formaté" single (Nemesis) ou du solo atmosphérique (My
Apocalypse),
Doomsday Machine compile par chapitres tout ce qu'on aime dans le
metal!
Malgré quelques passages plus prévisibles et moins soignés, ce nouvel album est
un tour de force. Les frangins Amott ont une approche toute nouvelle
de la twin guitar dans ce style. Décidément Michael Amott est un
puits de créativité, lui qui avait déjà façonné le genre death
old school avec les regrettés Carcass. En assumant totalement son côté rock 'n' roll à la
Spiritual Beggars, les guitares d'Arch Enemy sont légèrement
grasses mais vives, directes mais techniques, thrash mais puissantes
(le mixage d'Angy Sneap ne laisse pas de place au doute). Elles conduisent la musique, ne s'imposent
aucune limite et sont redoutablement efficaces. Les soli,
mélodiques, sont incroyablement agréables à entendre (Skeleton
Dance, Hybrids Of Steel, My Apocalypse...) ce qui
tranche complètement avec le thrash/death habituel qui semble plus
préoccupé de déstructurer à tout va...
En revanche, Angela
Gossow n'essaie pas de
se transcender vocalement. Elle livre une prestation monocorde,
presque sans
âme. Si cela passe excessivement bien sur les morceaux énergiques comme
I Am Legend/Out For Blood, on n'en dira pas autant de la plupart des
mid tempos où on aurait aimé plus de variations et d'émotions.
Alors que ses collègues parviennent tous à imposer leur propre
style à leurs différents instruments, elle se contente de chanter de manière très convenue.
Généralement, la musique rattrape tout mais quand celle-ci vient
à montrer des faiblesses (Skeleton Dance, Taking Back My Soul) on
s'ennuie ferme et on se demande où est passée la formation capable
de proposer des riffs aussi géniaux que ceux audibles sur I Am
Legend/Out For Blood, Machtkampf (très thrash) ou le déjà culte My Apocalypse.
On est donc
légèrement déçu que le groupe n'ait pas profité de son superbe
feeling pour rayer de notre mémoire ses anciens albums. Doomsday
Machine fait partie de ces très bons disques qui avaient le
potentiel d'être excellents, d'où un léger sentiment de
déception. En variant son style et en solidifiant ses
particularités, Arch Enemy a certainement fait le bon choix à
l'heure où ses albums commençaient à trop se ressembler. Comme
toujours dans ces cas-là, les fans de la première heure risquent
de tirer la gueule et regretter une ancienne formule qui,
objectivement, n'avait de toute façon plus rien à dire.
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