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Quatre violoncellistes
sur scène lors d'un festival dédié à la cause du heaaaavy
metaaaal, cela a de quoi surprendre. Et pourtant! Je ne connaissais
que peu de choses de la production d'Apocalyptica, mais ce concert
m'aura remis les points sur les i. Soyons clair: Apocalyptica en
live est une petite tuerie, un bonheur total pour le fan de métal
ayant un minimum d'ouverture d'esprit.
Les
quatre musiciens ont déjà leur look pour eux. Un punk, un classe
et deux metalheads chevelus: ça le fait. Ils sont secondés par un
batteur phénoménal et inconnu au bataillon: passant après Dave
McClain (Machine Head) et Jorg Michäel (Stratovarius), le bougre décroche
sans forcer le titre de batteur de la journée, tant il est possédé,
technique, fin et puissant. Il faut dire que c'est Dave Lombardo qui
a assuré la batterie sur le dernier album du groupe, donc l'homme a
fort à faire... Et s'en tire avec les honneurs, pour le moins. Pour
ce qui est des violoncellistes, la remarque est la même: quel
niveau technique! La main droite des quatre larrons est proprement
hallucinante: imaginez-vous que ces gens peuvent jouer des
rythmiques death-metal ultrarapides avec un archet! C'est bluffant,
et surtout écrasant. Car Apocalyptica a dévoilé au monde le
potentiel inexploité du violoncelle en tant qu'instrument heavy de
chez heavy, et le prouve encore une fois ce soir. C'est simple: à
l'écoute d'une rythmique du groupe il est quasiment impossible de
deviner qu'il s'agit de violoncelles, tant le son évoque une
guitare saturée. Et si on ajoute l'attitude des zicos à leur répertoire
violent, on obtient un cocktail explosif.
Il
ne m'a fallu que quelques secondes pour comprendre pourquoi cette
formation de chambre jouit d'une telle popularité chez les métalleux:
jamais je n'avais vu de musiciens classiques aussi métal dans leur
attitude. C'est simple, on oublie parfois qu'ils jouent du
violoncelle tellement leurs poses, leur headbanging constant et leur
langage corporel en général évoquent le guitariste de heavy
moyen. Apocalyptica ce sont des musiciens qui agitent leur tignasse
en jouant, qui se lèvent de leur siège, violoncelle en main, pour
aller jouer au devant de la scène et jammer debout avec le public.
Ce sont des musiciens qui vont se poser face au batteur avant de
bastonner tout ce qu'il ont dans le ventre en se balançant tels le
gratteux de hardcore moyen. C'est impressionnant en diable, extrêmement
heavy, en un mot jouissif.
Le
set aurait pu comporter uniquement des reprises de Metallica,
exercice qui a rendu le groupe célèbre, mais Apocalyptica n'entend
pas jouer la facilité. Ils axent leur set sur leurs propres
compositions, avec succès. Leur titres sont à la fois heavy et mélodiques,
épiques et directs: on croit entendre la bande-son d'un film
passionant n'ayant pas encore vu le jour. C'est vraiment très très
agréable, la sonorité même des instruments à cordes invitant au
voyage. Et pour lesdites reprises, c'est une gâterie faite au
public composé de fans de metal old-school... donc Master Of
Puppets, Nothing Else Matters et autres Enter Sandman transforment
le concert en gigantesque karaoke de masse! Le groupe pose les
instrumentations, et ce sont vingt mille métalleux qui assurent le chant
de James. Très impressionnant. On retiendra qu'Apocalyptica est
capable de se mettre un pit dans la poche, et que leur réputation
n'est nullement usurpée. Au-delà de l'aspect "curiosité",
c'est un excellent concert, et le public ne s'y trompe pas... et
fait un triomphe au groupe. Vivement un live...
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