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Dans la bio qui
accompagne ce nouvel album d'Annihilator, Jeff Waters se félicite
d'être resté fidèle à son style musical préféré, le thrash,
durant les seize années d'existence de son groupe. Il est vrai
qu'à part quelques escapades, Annihilator a toujours joué un
thrash à la fois mélodique et puissant. A ce titre il ne s'est pas
contenté de suivre la tendance, il l'a dicté. Ceux qui suivent et
apprécient le groupe ont toujours pensé qu'il n'a jamais eu le
succès qu'il méritait alors que des Metallica ou Megadeth voyaient
leurs clips diffusés sur MTV. Qu'importe, Jeff Waters n'a jamais
baissé les bras et a continué de s'améliorer en tant que musicien
et compositeur pour sortir encore récemment des albums du calibre
de All For You.
Avec Schizo Deluxe, Annihilator nous a mis l'eau à la bouche d'entrée de jeu.
En effet, les meilleurs morceaux des Canadiens ont toujours eu un
petit côté schizophrène et un album entier sous ce signe avait de
quoi réjouir. Malgré ces bonnes prédispositions, les premières
écoutes de la galette sont décevantes. Si l'on met de côté le
chant, les compositions versent un peu trop dans le thrash en
oubliant les aspects mélodique et déjanté qui faisaient la force
des opus les plus aboutis. Ainsi, que retenir d'un morceau comme
Warbird en dehors de ce ridicule cri interminable de David Padden en
fin de chanson? Pire, Something Witchy, avec tous ces clichés et
passages obligés, sonne comme une chanson d'un groupe de thrash
underground tout juste reformé...
Même des titres plus enlevés et dynamiques
tels que Maximum Satan, Too Far Gone ou Like Father, Like Gun n'ont pas l'impact de ceux
présents sur All For You. Schizo Deluxe verse trop souvent dans un
thrash sans surprise qui mise sur des riffs huilés et répétitifs
plutôt que sur une force collective parvenant tout de même à
mettre en valeur ses individualités. On a donc la désagréable
impression d'entendre un combo lambda alors qu'il s'agit du
géniteur de Alice In Hell! Le groupe signe bien entendu des parties instrumentales de toute beauté tant mélodiques que
techniques mais très rares sont celles qui sont animées, de même
que les chansons, d'un vent de folie.
Sur les dix morceaux, seul
Invite It répond à (et dépasse) toutes nos attentes grâce à un
refrain d'anthologie, schizophrène et malsain à souhait, et à un
break de guitare monstrueusement efficace assuré par un Jeff Waters
très en forme. Pour le reste, Schizo Deluxe ne fait que présenter
quelques morceaux sympathiques mais qui ne feront pas oublier les
grands classiques écrits par Waters. Pride, Drive et Plasma Zombies
sont tous intéressants grâce à des passages vocaux inspirés mais
la musique a un peu de mal à suivre derrière à l'exception de
Drive. Clare est également un bon exemple de cette tendance, en
dehors du chant, et surtout du refrain, que retenir d'une chanson
décousue aux bonnes idées terriblement sous-exploitées? Pour toutes ces
raisons, Schizo Deluxe n'est donc pas vraiment l'album à conseiller au
néophyte pour se plonger dans l'univers torturé d'Annihilator. Et
l'absence de ballades ne fait que rajouter à la frustration quand
on se rappelle ce dont est capable Waters dans ce domaine...
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