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Anekdoten - Gravity (2003) |
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Anekdoten avec son nouvel album, Gravity, a enfin trouvé sa voie! Finies les éternelles comparaisons avec King Crimson. Maintenant, le quartet Suédois propose un mélange original entre progressif et pop sophistiquée avec un son de mellotron extrêmement présent. Le chant, qui était la grosse faiblesse du groupe auparavant, s'est nettement amélioré et gagne en variété. Plus mûre et plus recherché que précédemment, Gravity est un excellent album à recommander à ceux qui apprécient autant King Crimson que Porcupine Tree.
Dès l'ouverture du premier morceau, Monolith, on reste scotché par la densité du son proposé qui ferait presque penser dans sa démarché à de la pop-grunge anglaise en plus riche. Outre les claviers très présents et les bruitages on perçoit d'agréables accords de guitare acoustique à l'arrière qui tissent une atmosphère particulière, chaudement envoûtante. Anekdoten a simplifié sa musique, c'est évident, mais la joue bien mieux et surtout avec plus de générosité dans l'interprétation. Cela donne lieu à de petits bijoux comme on peut en entendre lors du refrain de Ricochet ou sur les couplets radioheadiens de What Should But Did Not Die. Nicklas Barker se voit alors possédé d'une voix plaintive du plus bel effet. Et même si le titre ne mène nulle part de précis, il incite au voyage de la plus mystérieuse des façons.
On restera difficilement insensible à la magnifique ouverture de Ricochet et à l'arrivée du chant, plus percutant que jamais. Au risque de me répéter, les claviers font un travail remarquable d'efficacité: sans jamais surjouer, même lors du brillant solo, ils contribuent à créer une patte Anekdoten qui devient très rapidement addictive. Le final de la chanson Gravity est pareillement incontournable et renoue avec le type de composition légèrement entêtantes et psychédéliques que l'on pouvait entendre sur Nucleus, notamment. Encore plus représentatif de cette tendance est le dernier titre de l'album, l'instrumental Seljak (à l'exception de discrètes vocalises féminines) dont les rythmiques déboulonneront le meuble de votre chaîne HIFI.
Anekdoten sait aussi montrer des influences très prog-pop comme sur The War Is Over dont les arrangements me font penser à une version moins épurée des titres de l'album Damnation de leurs mythiques compatriotes Opeth. Les lignes de chant innovent vraiment pour le coup en acctentuant un côté fragile et vain qui n'existaient pas sur les précédentes galettes. Gravity est un morceau qui s'inscrit dans la même veine et qui rappelle lors de son couplet d'introduction les passages les plus calmes de The Flower Kings.
A l'écoute de l'album entier, on se rend vite compte que tout s'enchaîne merveilleusement bien comme dans un mouvement vers l'avant. Seul le titre The Games We Play est un peu plus faible que le reste car il est trop dépouillé pour du Anekdoten. Il est néanmoins le complément sonore idéal à la pochette du disque qui représente une vue de l'espace. Je le disais plus haut, le son du groupe est souvent très dense et dès qu'il s'écarte de cette identité le résultat est moins convaincant. Sans jamais être véritablement génial, Gravity a tout de même le mérite de proposer des titres tous très travaillés et fignolés ce qui, combiné au talent du combo, donne un ensemble des plus recommandables.
15.5/20
-the lord (Décembre 2003)
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