-the
lord : Votre premier album, Extension Of The Wish, a été
très bien reçu par la critique alors que son successeur, II=I, a
plutôt été descendu en flèche. Est-ce que vous aviez de ce
fait moins de pression au moment d’enregistrer Chimera ?
Johan Reinholdz
(guitare) :
Peut-être bien. Toujours est-il qu’à la suite de II=I, avant même
de lire les chroniques dans la presse, nous savions que l’album
suivant serait plus simple et direct car nous étions conscients
d’avoir accordé trop d’importance à la technique. Nous
n’avions plus rien à exprimer dans ce cadre musical. C’est
important d’être technique mais il ne faut pas surjouer et nous
sommes peut-être tombés dans ce piège. C’est pour cela que
des fans n’ont pas accroché à ce disque. Par contre, les
chroniques n’étaient pas systématiquement si mauvaises que
cela ; disons qu’elles étaient variées. D’un côté il
y en avait qui nous allumaient et de l’autre on pouvait en
trouver d’extrêmement positives. C’était blanc ou noir, je
n’ai pas le souvenir d’en avoir lu qui disaient que l’album
était moyen. Par contre, il ne faut pas se voiler la face :
nous avons perdu des fans avec ce disque mais avec Chimera, qui
est plus accessible, nous allons peut-être les séduire à
nouveau. Je l’espère (rires).
-the
lord : Pour ceux qui ne nous connaissaent pas, quelles sont
les influences principales du groupe et les tiennes en tant que
guitariste ?
Johan Reinholdz :
Le groupe se nourrit principalement de groupes de metal et de rock
progressif à tendance symphonique mais il faut savoir que nous écoutons
de tout. Nous aimons le jazz et le trip-hop (Massive Attack et
Portishead principalement), pourtant il semble évident que ces
courants ne peuvent pas nous influencer directement. Mais il faut
écouter de tout, rester ouverts d’esprit, car un jour cela peut
donner de bons mélanges de la même façon qu’un peintre mélange
des couleurs pour en créer de nouvelles. Pour donner quelques
noms de groupes, je dirai : Metallica, Megadeth, Meshuggah,
Opeth, AC/DC, Iron Maiden, Sepultura, Tool, Pantera, Slayer ou
Europe pour le côté metal et Dream Theater, Emerson Lake And
Palmer, Yes, Marillion, King Crimson mais aussi Porcupine Tree
pour l’aspect progressif. En tant que guitariste je suis assez
influencé par James Hetfield, Allan Holdsworth, Dimebag Darrell,
John Scofield, Dave Mustaine, Yngwie Malmsteen, Kirk Hammett, Gary
Moore, Wes Montgomery, Steve Vai, Marty Friedman ou encore Ritchie
Blackmore.
-the
lord : Vous semblez même avoir un penchant prononcé pour
le hard rock comme le suggèrent les refrains des morceaux No
Guidelines et Going Under…
Johan Reinholdz :
Nous n’essayons pas de devenir un groupe de pop mais je trouve
qu’il est important d’avoir certains passages très
accrocheurs au cours d’un album et ces refrains remplissent bien
leur rôle. Sans eux, notre musique pourrait peut-être paraître
indigeste. Ainsi, nous restons dans des limites acceptables
(rires).
-the
lord : The Hidden Riddle est le morceau-phare de Chimera
mais aussi le plus personnel et certainement le plus progressif.
Est-ce qu’il s’agit d’un style que vous allez approfondir à
l’avenir ?
Johan Reinholdz :
C’est vrai que c’est le morceau qui se détache du lot car
aucune chanson des deux premiers albums ne lui ressemble de près
ou de loin. La guitare acoustique, les mélodies et l’atmosphère
dégagée rendent The Hidden Riddle très spécial à nos yeux.
Pour autant, je ne pense pas que nous referons un morceau dans
cette veine car c’est un peu trop atypique pour Andromeda.
-the
lord : Pour décrire votre musique, on utilise souvent le
terme de « metal progressif ». Franchement : est-ce
que vous trouvez que vous proposez quelque chose de
fondamentalement novateur qui puisse justifier cette étiquette ?
Johan Reinholdz :
Beaucoup de groupes sont étiquetés progressifs sans qu’ils le
soient véritablement, je suis d’accord. Etre progressif,
c’est défricher de nouveaux territoires musicaux, proposer
quelque chose de neuf. J’ai l’impression que les gens
emploient ce terme à tort et à travers pour qualifier les
groupes à la Dream Theater. Je ne sais pas si nous sommes si
originaux que cela avec Andromeda ; ce n’est pas à moi
d’y répondre. Le fait de jouer très rapidement ou d’enchaîner
à toute vitesse les changements de tempo ne justifie pas l’étiquette
progressive, à mon avis. Le terme a perdu son sens et est devenu
synonyme de technique, tout simplement. Heureusement il reste des
groupes comme Tool ou Sigur Rós qui sont encore indiscutablement
progressifs. Le prog peut être dans n’importe quel genre, pas
forcément le rock. Je pense entre autres à Björk qui est
constamment à la recherche de nouvelles sonorités.
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