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ANDROMEDA
Mai 2006
  
JOURNALISTE :
-the lord
  
INTERVIEW AVEC :
Johan Reinholdz
Guitariste
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Les albums se suivent et ne se ressemblent pas pour Andromeda… Glorifiés à leurs débuts avec Extension Of The Wish, rangés au placard dans la foulée à l’occasion de II=I et ressuscités pour leur troisième opus intitulé Chimera (cliquez ici pour lire la chronique), les Suédois ont déjà tout connu dans leur courte carrière. Le guitariste Johan Reinholdz et ses camarades de jeu ont appris de leurs erreurs et ont rectifié le tir sur ce nouvel album qui va séduire plus d’un metalleux progressif. Assez lucide sur son groupe, Johan revient rapidement sur les sujets brûlants de la carrière d’Andromeda que l’on pourra voir, sur scène, à la rentrée en première partie d’Adagio…

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-the lord : Votre premier album, Extension Of The Wish, a été très bien reçu par la critique alors que son successeur, II=I, a plutôt été descendu en flèche. Est-ce que vous aviez de ce fait moins de pression au moment d’enregistrer Chimera ?

Johan Reinholdz (guitare) : Peut-être bien. Toujours est-il qu’à la suite de II=I, avant même de lire les chroniques dans la presse, nous savions que l’album suivant serait plus simple et direct car nous étions conscients d’avoir accordé trop d’importance à la technique. Nous n’avions plus rien à exprimer dans ce cadre musical. C’est important d’être technique mais il ne faut pas surjouer et nous sommes peut-être tombés dans ce piège. C’est pour cela que des fans n’ont pas accroché à ce disque. Par contre, les chroniques n’étaient pas systématiquement si mauvaises que cela ; disons qu’elles étaient variées. D’un côté il y en avait qui nous allumaient et de l’autre on pouvait en trouver d’extrêmement positives. C’était blanc ou noir, je n’ai pas le souvenir d’en avoir lu qui disaient que l’album était moyen. Par contre, il ne faut pas se voiler la face : nous avons perdu des fans avec ce disque mais avec Chimera, qui est plus accessible, nous allons peut-être les séduire à nouveau. Je l’espère (rires).

-the lord : Pour ceux qui ne nous connaissaent pas, quelles sont les influences principales du groupe et les tiennes en tant que guitariste ?

Johan Reinholdz : Le groupe se nourrit principalement de groupes de metal et de rock progressif à tendance symphonique mais il faut savoir que nous écoutons de tout. Nous aimons le jazz et le trip-hop (Massive Attack et Portishead principalement), pourtant il semble évident que ces courants ne peuvent pas nous influencer directement. Mais il faut écouter de tout, rester ouverts d’esprit, car un jour cela peut donner de bons mélanges de la même façon qu’un peintre mélange des couleurs pour en créer de nouvelles. Pour donner quelques noms de groupes, je dirai : Metallica, Megadeth, Meshuggah, Opeth, AC/DC, Iron Maiden, Sepultura, Tool, Pantera, Slayer ou Europe pour le côté metal et Dream Theater, Emerson Lake And Palmer, Yes, Marillion, King Crimson mais aussi Porcupine Tree pour l’aspect progressif. En tant que guitariste je suis assez influencé par James Hetfield, Allan Holdsworth, Dimebag Darrell, John Scofield, Dave Mustaine, Yngwie Malmsteen, Kirk Hammett, Gary Moore, Wes Montgomery, Steve Vai, Marty Friedman ou encore Ritchie Blackmore.

-the lord : Vous semblez même avoir un penchant prononcé pour le hard rock comme le suggèrent les refrains des morceaux No Guidelines et Going Under…

Johan Reinholdz : Nous n’essayons pas de devenir un groupe de pop mais je trouve qu’il est important d’avoir certains passages très accrocheurs au cours d’un album et ces refrains remplissent bien leur rôle. Sans eux, notre musique pourrait peut-être paraître indigeste. Ainsi, nous restons dans des limites acceptables (rires).

-the lord : The Hidden Riddle est le morceau-phare de Chimera mais aussi le plus personnel et certainement le plus progressif. Est-ce qu’il s’agit d’un style que vous allez approfondir à l’avenir ?

Johan Reinholdz : C’est vrai que c’est le morceau qui se détache du lot car aucune chanson des deux premiers albums ne lui ressemble de près ou de loin. La guitare acoustique, les mélodies et l’atmosphère dégagée rendent The Hidden Riddle très spécial à nos yeux. Pour autant, je ne pense pas que nous referons un morceau dans cette veine car c’est un peu trop atypique pour Andromeda.

-the lord : Pour décrire votre musique, on utilise souvent le terme de « metal progressif ». Franchement : est-ce que vous trouvez que vous proposez quelque chose de fondamentalement novateur qui puisse justifier cette étiquette ?

Johan Reinholdz : Beaucoup de groupes sont étiquetés progressifs sans qu’ils le soient véritablement, je suis d’accord. Etre progressif, c’est défricher de nouveaux territoires musicaux, proposer quelque chose de neuf. J’ai l’impression que les gens emploient ce terme à tort et à travers pour qualifier les groupes à la Dream Theater. Je ne sais pas si nous sommes si originaux que cela avec Andromeda ; ce n’est pas à moi d’y répondre. Le fait de jouer très rapidement ou d’enchaîner à toute vitesse les changements de tempo ne justifie pas l’étiquette progressive, à mon avis. Le terme a perdu son sens et est devenu synonyme de technique, tout simplement. Heureusement il reste des groupes comme Tool ou Sigur Rós qui sont encore indiscutablement progressifs. Le prog peut être dans n’importe quel genre, pas forcément le rock. Je pense entre autres à Björk qui est constamment à la recherche de nouvelles sonorités.

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