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Annoncé
comme un des successeurs de Symphony X dès son premier album,
Extension Of The Wish, qui avait provoqué l'érection d'un de nos
guest-chroniqueurs, Andromeda avait coupé court à nos prédictions
avec une deuxième galette tout juste passable par endroits et
médiocre la plupart du temps. Le vent avait tourné et déjà le
second groupe de Thomas Lejon, par ailleurs batteur des hideux
A.C.T., n'avait plus la côte... C'est sans doute grâce à cette
absence de pression qu'Andromeda est allé chercher les ressources
nécessaires à l'accouchement d'un troisième album bien plus
mélodique, plus personnel de temps à autre et surtout plus
construit. Mais n'allez surtout pas parler à Johan Reinholdz de
musique progressive qui n'est selon lui pas une étiquette qui
convient à son groupe: "Ce qui est progressif doit
repousser les limites de la musique et innover. Nous jouons
simplement quelque chose de technique mais nous ne sommes pas
novateurs et je ne sais pas si nous le serons un jour!"
La patte de la bande à Michael Romeo, si présente par le passé,
n'a pas entièrement disparu -loin s'en faut- mais elle ne figure
plus au générique de tous les morceaux. In The End aurait tout de
même facilement pu être inclus sur Twilight In Olympus tant les
intonations de David Fremberg singent celles de Russell Allen. Le jeu
des autres musiciens dévient en revanche grandement des Américains
et ce n'est pas plus mal car leur niveau technique extrêmement
élevé appellait une plus grande personnalité pour être
pleinement séduisant. "Si nous avions été plus loin dans
la technique, la musique en aurait pâti. Nous sommes restés dans
des limites acceptables ce coup-ci."
On goûte donc avec plaisir aux deux morceaux de choix
de Chimera qui nous montrent un groupe traçant sa propre voix sans
vouloir à tout prix appliquer la mixture gagnante mise au point par
Dream Theater, Symphony X ou autres Vanden Plas. The Hidden Riddle,
et ses clins d'oeil rock prog prononcés, possède tout pour faire
d'Andromeda un cador. Subtilité, non-linéarité, mouvements
montant en intensité et mélodies exotiques exceptionnelles: la
checklist est complète, le quintette fait le plein de points. Johan
a en tout cas "apprécié l'usage de la guitare acoustique.
Je ne pense pas que ce genre de chansons soit une nouvelle voix pour
nous mais c'est un excellent titre." The
Cage Of Me, dans un style un peu moins original, exploite avec succès
ambiances arpégées et passages heavy pour donner naissance à une
composition mouvementée mais toujours focalisée autour d'une idée
directrice.
Avec le reste, Andromeda se montre convenu et rend une copie sans génie. Très efficace parfois (Periscope) mais aussi très
ennuyeux (Blink Of An Eye) voire niais dans les refrains (Going
Under, No Guidelines), les sept autres morceaux ne valent
généralement que par les qualités instrumentales dont celles,
très savoureuses, de Thomas Lejon (Inner Circle). Dommage de ne pas
les mettre mieux en valeur car la production de Chimera est assez
déplorable en particulier pour les guitares et les claviers. Si
vous êtes prêt à passer l'éponge sur ces erreurs et sur des
compositions qui auraient bénéficié de quelques coupes, cet album devrait
vous ravir mais si votre degré d'exigeance en matière de metal
prog est trop élevé, seule une poignée de chansons pourront
attirer votre attention.
(interview réalisée avec Johan Reinholdz
le 4 mars 2006)
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