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ANCIENT RITES Rubicon (2006) |
LINE UP : Gunther Theys (chant) Walter Vancortenberg (batterie) Domingo Smets (basse) Davy Wouters (claviers) Bart Vandereycken (guitare) Erik Sprooten (guitare) Raf Jansen (guitare) |
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CHANSONS QUI TUENT : Ypres Templar Rubicon |
CHRONIQUEUR : Count D (Juin 2006) |
NOTE : 13 / 20 |
Attaché aux valeurs du black metal depuis 1988, Ancient Rites s’en écarte doucement, album après album. Les Belges ajoutent à chaque opus une dimension musicale et conceptuelle supplémentaire, et ce cinquième album « Rubicon » n’échappe pas à la règle. Si leurs compatriotes Enthroned jouent du black metal, il serait plus juste de parler ici de heavy metal orchestral et extrême. Le successeur de « Dim Carcosa » souligne une fois de plus l’évolution lyrique empruntée par le groupe depuis ses débuts, aux grés des nombreux changements de line-up. « Rubicon » s’avère donc accessible, aux compositions assez puissantes et épiques. Le thème historique de la Rome Antique est omniprésent, relatant en partie de la traversée du fleuve Rubicon par César en -53 av. JC. Ce décor est peint d’orchestrations, de riffs assez brutaux dans une veine heavy et des chorus très lyriques. Il est alors assez facile de se laisser submerger par les ambiances fouillées et changeantes de leur musique, rédigée comme une B.O. de films guerriers. Et si les idées fusent, les refrains rappellent assez facilement l’unicité du titre, notamment Rubicon et Templar.
Assez vivantes, les compositions sont menées par le chant de Gunther Theys, abordant un très large périmètre de vocaux, des plus extrêmes aux narrations et chants teints d’un heavy à l’allemande. Les guitares évoquent tout ce qu’il y a de plus lyrique en terme de métal, à savoir des leads délicats, mélodiques et épiques, quelques soli enchanteurs ou guerriers et enfin des rythmiques très proches de la texture harmonique des claviers, rappelant des groupes comme Bal Sagoth et les anciens Mystic Circle (époque « Drachenblut »). La présence de trois guitares permet d’afficher une constance de riffs et de thèmes pour ne laisser aucun blanc. Seules quelques intros sont complètement jouées aux claviers. On trouvera des composantes sympathiques comme du chant féminin sur Thermopilae et sur le très expressif Ypres.
Voilà donc l’impression générale que laisse cet album « Rubicon ». Mais ce tableau laisse entrevoir quelques points gris, notamment ce coté un poil trop accessible, rendant les écoutes faciles et donc lassantes au bout d’un moment, un peu comme sur certaines compos de Graveworm. Et puis à plonger dans l’épique à outrance, Ancient Rites frôle dangereusement la chasse gardée de Bal Sagoth. Mais moins sophistiqué et cosmico-épique, « Rubicon » s’en tire bien parce qu’il se conserve une identité qui lui est propre. Quelque part aussi j’aurais vu cet album plus black metal. Les plans heavy se suivent et n’en finissent parfois jamais (Galilean, Cheruscan). Et pour finir la critique, la batterie manque singulièrement de puissance, souvent cachée derrière les claviers. De brèves remarques qui nuancent la qualité de cet album sur la longueur. Pas de quoi s’affoler non plus, parce que « Rubicon » est le bébé de spécialistes en la matière qui savent finement composer et amener des idées bien à eux.

