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Amorphis
fait partie de ces groupes qui pour une raison mystérieuse n'avait
pas encore eu droit à une chronique sur La Terre Des Immortels.
Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir fait de la mauvaise musique.
Bien entendu depuis leurs débuts death en 1992 avec The Karelian
Isthmus, tout n'a pas été parfait. Beaucoup d'eau a coulé sous
les ponts et aujourd'hui les six Finlandais nous proposent une sorte
de rock extrême/folklorique. Le dernier tournant pris par le groupe
est dû au départ de son très influent chanteur Pasi Koskinen et
son remplacement par Tomi Joutsen (Sinisthra). Ce dernier s'en sort
excessivement bien et permet à Amorphis de signer un nouveau disque
de grande classe.
Chaque disque étant bien différent des
autres, on ne sera pas surpris qu'Eclipse s'inscrive dans cette
tendance. Néanmoins, plutôt que d'aller dans une nouvelle
direction, la cuvée 2006 synthétise le passé (TOUT le passé) en
donnant presque autant d'importance aux éléments folkloriques
qu'aux influences à la fois de modern rock et de rock psyché
seventies ou qu'au chant death. Brassage de genres, Amorphis ratisse large mais ne se
fourvoie jamais. Aucun style abordé ne pêche par un manque de
conviction ou de sérieux. Mieux, on remarque à peine le passage
d'une ambiance brutale à la Perkele (The God Of Fire) à la douce
mélancolie d'Under A Soil And Black Stone ou de Brother Moon, chose que seuls les
très grands (comprendre Opeth) peuvent accomplir.
Avec Tomi Joutsen
comme frontman, on ne peut pas dire que les fans y perdent au
change. Cet homme se montre redoutable dans les trois registres
auxquels il se frotte: le chant clair, le chant grunge/énervé et
le growl. Ce dernier est véritablement dévastateur dans la grande
veine nordique et la parcimonie avec laquelle il est utilisé le
rend encore plus intéressant. Par parcimonie, j'entends surtout que
le groupe n'en abuse pas au sein d'un même morceau mais il faut
savoir que la majorité des chansons d'Eclipse en font usage à un
moment ou à un autre. En tout cas, c'est assez surprenant de voir
Amorphis utiliser à nouveau ce style tant il semblait s'être
assagi au cours des dernières années.
Les années récentes
se ressentent principalement dans la qualité des mélodies
proposées sur Eclipse. Une seule écoute de l'album vous en fera
déjà mémoriser une bonne louchée, preuve de leur qualité. Les
plus mémorables apparaissent sur les titres les plus sages tels que
Brother Moon, House Of Sleep, The Smoke ou sur le monumental Under A
Soil And Black Stone. Celui-ci est construit en deux sections et se
révèlent aussi accrocheuses l'une que l'autre et résument bien ce
qu'Amorphis sait faire de mieux: être tour à tour contemplatif
puis énergique. Et même si Eclipse compte un morceau assez faible
(Same Flesh), il est une nouvelle démonstration d'un groupe qui a
refusé le surplace et qui négocie ses virages artistiques comme le
Schumacher du metal.
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