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Si
vous aimez le métal extrême varié, ceci est pour vous. Après, si
c’est un peu de cohérence dans un monde de brutes qui vous ferait
du bien, ce n’est pas ici que vous la trouverez. Akercocke est une
entité anglaise, réalisant avec “Words That Go Unspoken, Deeds
That Go Undone” son quatrième album. Respecté de la scène et de
ceux qui aiment la violence, Akercocke propose ici quelque chose
d’assez hystérique voire schizophrénique de la première à la
dernière note.
Mélange (dans un même titre, hein!) de death,
rock, ambiant, hardcore, thrash, mosh, heavy et… grind. Il y en a
pour tout le monde et tout va assez vite à travers une exécution
très précise et maîtrisée. Le chirurgical n’est pas loin non
plus de ce coté-là. Ce mélange bizarre se ressent à tous les
niveau même avec le chant, tour à tour et dans le désordre hurlé,
parlé, scandé, susurré, grogné, vomi… Bref, tout un tas de
chose qui rendent la galette assez déconcertante. Et c’est là
que tout se joue parce qu’à ce genre de jeu on accroche ou on n’accroche
pas du tout. Dommage mais cela n’a pas touché le cœur du
chroniqueur qui trouve que cela ressemble plus à une mascarade démonstrative
qu’à autre chose. Il me semble qu’un minimum d’unité est nécessaire
tout autant qu’une sphère d’inspiration cohérente pour que
puisse se développer une personnalité musicale. Alors quand on
entend un passage doom dépressif juste après du grind, on est en
droit d’avoir peur.
Et c’est dommage, parce qu’il y a des parties
hallucinantes comme cette violence insolente et psychiatrique sur
Shelter From The Sand, presque dans l’ambiance du dernier « Chimera »
de Mayhem, suivie d’un passage au piano dans la plus calme des
torpeurs. Bon, après, un passage bien ridicule au chant clair à la
Indochine (attention, je respecte Indochine…) vient tout gâcher.
Et tout est comme ça. Des riffs à la Benighted sont suivis de
plans expérimentaux indo-malsain (note de -the lord: on voit
tout à fait). Words That Go Unspoken Part 1 introduit telle une
chansonnette de prog finit en plans à la Krabathor. Sur le plan du
son, la production est correcte, quoique les guitares soient un peu
et la batterie trop en avant pour le coup. Le tout passe bien quand
même. On sent le travail réalisé en arrière plan.
Au bout du compte, c’est très énervant parce
qu’il y a des choses vraiment excellentes, ici et là, mais soient
trop courtes soient perdues dans un amalgame d’influences
diverses, toutes aussi bien interprétées les unes que les autres
il faut le reconnaître. Les parties de guitares sont souvent bien
vues, techniques à souhait, tout comme la batterie et les
interventions instrumentales plus acoustiques ou électro. On
reproche souvent à la nouvelle scène extrême le patchwork un peu
systématique d’idées sans relation, et là, c’en est un peu le
comble. N’ayant jamais pris connaissance des œuvres précédentes
de ce groupe, je laisse à l’entière appréciation des auditeurs
ce “Words That Go Unspoken, Deeds That Go Undone” qui laisse de
marbre avec au fond une certaine frustration. Avis tout de même aux
malades de la tête qui aimeraient comprendre ce que ça fait d’être
psychopathe.
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